• Act of violence, Fred Zinneman, 1948

     

    Act of violence, Fred Zinneman, 1948

     

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    Un film noir un peu méconnu, comme du reste la filmographie de Zinneman. Frank Enley, un homme qui présente toutes les caractéristiques de la réussite, une belle famille, une jolie maison et une affaire prospère est poursuivi par son passé, en l’occurrence l’inquiétant Joe Parkson. La raison en est que pendant la guerre il était prisonnier des allemands, et que pour obtenir quelques avantages il a vendu ses copains aux Allemands alors qu’ils tentaient une évsaion risquée. Il a cru à une clémence possible de ses géoliers, mais il reconnaîtra lui-même que cela relevait plutôt de l’illusion que d’une analyse rationnelle de sa situation.

    Parkson qui a réchappé à la tuerie, est resté boiteux, mais cela ne l’empêche pas d’être obsédé par la nécessité de venger ses camarades disparus. Enley a déjà fui plusieurs fois la vengeance de Parkson, déménageant intempestivement, recommençant à chaque fois son existence. Parkson le rejoint finalement à Los Angeles, l’obligeant encore à fuir. Aterrissant dans des quartiers mal famés, il va rencontrer une femme de mauvaise vie qui va tenter de l’aider à se débarrasser définitivement de Parkson. Mais cela ne fera qu’accélérer sa propre fin dès lors qu’il s’en remet plus ou moins consciemment à l’aide d’un voyou de bas étage pour régler son problème.

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    La réalisation, menée à un train d’enfer, est impeccable, et le scénario maintient constante l’ambiguïté des personnages. Enley est-il bon ? S’est-il suffisamment racheté ? Parkson est-il fou ? A-t-il raison de le poursuivre sans relâche de sa haine ? Le rôle des femmes est d’ailleurs ici de rompre la brutalité du propos, l’épouse d’Enley considère que celui-ci doit en finir avec sa culpabilité, la fiancée de Parkson lui conseille de laisser tomber sa vengeance et de se consacrer à des choses plus positives. Mais rien n’y fera, le destin devra s’accomplir. D’ailleurs, Enley ne demande que ça.

    Les acteurs sont tous très bons, que ce soit le monolithique Ryan dans le rôle de Parkson, ou que ce soit Van Heflin dans celui d’Enley. Ryan qui avait l’habitude d’être cantonné dans des rôles de criminel sort ici un petit peu de son rôle. Quant à Van Heflin, plutôt abonné aux rôles du bon américain, montre toute les facettes de son talent en présentant les deux aspects de sa personnalité, l’un simple et bon, l’autre, amoral et trouillard. L’utilisation des décors est à la hauteur de ce qu’on attend d’un film noir qui se passe principalement la nuit. Les incursions dans la petite ville de Santa Lisa ou au bord d’un lac pour une partie de pêche ne sont là que pour l’opposition de l’ombre à la lumière. Du côté féminin, Janet Leigh dans le rôle de la femme d’Enley est un peu pâlotte et soumise, mais on remarquera la performance de Mary Astor dans le rôle de la femme de mauvaise vie au grand cœur.

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    Les décors nocturnes de Los Angeles ont été rarement utilisés, que ce soit les quartiers perdus des collines de la ville ou encore le tunnel où Enley se perd. Ce n’est pas une Amérique de carte postale, c’est une Amérique du travail et de la pauvreté, encore hantée par les séquelles de la Seconde guerre mondiale. La confrontation finale qui met fin au cauchemar est un modèle du genre puisque le vengeur sera privé de sa vengeance et pourra enfin se débarrasser des souvenirs qui le rongent. Le film qui ne dure qu’une heure et vingt minutes est très dense, les rebondissements ne sont pas téléphonés, mais ils restent finalement logiques avec le propos développé.

     

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    Voilà encore un film noir qui est rarement commenté et estimé à sa juste valeur et qui mérite une redécouverte de toute urgence. Au-delà de la fatalité de la situation, c’est bien sûr l’histoire d’un cas de conscience douloureux dont il est question.

     

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