• Ayn Rand et la conception du cinéma Hollywoodien au moment de la Chasse aux sorcières

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    Cette vieille horreur eut son heure de gloire, non pas parce qu’elle aurait laissé une trace dans la littérature américaine, bien qu’elle ait rencontré le succès avec La source vive dont fut tiré le film de King Vidor Le rebelle avec Cooper, mais parce qu’elle se voulut la théoricienne de l’anticommuniste au cinéma. S’inscrivant dans la mouvance réactionnaire de la lutte contre le New-Deal, c’est elle qui produisit le Screen guide for Americans. C’est une série de recommandations qui doivent être appliquées pour contrecarrer la montée en puissance des « Rouges », c’est-à-dire de tout ce qui représente des idées un peu sociale ou de gauche.

     

    Voici ce qu’elle pondit, comme une suite de commandements :

     

    1. Ne prenez pas la politique à la légère

    2. Ne dénigrez pas la libre entreprise

    3. Ne dénigrez pas les industriels

    4. Ne dénigrez pas la richesse

    5. Ne dénigrez pas le profit

    6. Ne dénigrez pas le succès

    7. Ne glorifiez pas l’échec

    8. Ne glorifiez pas la dépravation

    9. N’idéalisez pas l’homme du peuple

    10. Ne glorifiez pas le collectivisme

    11. Ne dénigrez pas l’individu indépendant

    12. N’utilisez pas l’actualité à mauvais escient

    13. Ne dénigrez pas les institutions américaines

     (extrait de Thomas Wieder, Les sorcières à Hollywood, Philippe Rey, 2006)

     

    A part cela la création cinématographique peut être libre ! On remarquera qu’elle fut entendue, d’autant qu’elle en appelait à la responsabilité de ceux qui détennaient le capital, c’est-à-dire les studios. Un tel programme siognifie bien que la droite la plus réactionnaire avait conscience que la lutte des classes passait par les moyens de diffusion de la culture de masse. C’était un appel à achever le « film noir ». C’est donc bien, en creux, la reconnaissance du caractère subversif de ce segment particulier de la production cinématographique. 

    « Jenny, femme marquée, Shockproof, Douglas Sirk, 1949Rafles sur la ville, Pierre Chenal, 1957 »
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