• Bastille day, James Watkins, 2016

     Bastille day, James Watkins, 2016

    Ce film doit une partie de sa gloire éphémère au fait qu’il était programmé le 13 juillet 2016, mais que les attentats du lendemain ont contraint à la déprogrammation. En effet, le thème est en rapport avec les attentats islamistes parisiens. C’est un produit à la nationalité indécise, le réalisateur semble être britannique, l’actrice principale canadienne, le producteur est français et on y trouve même José Garcia acteur d’origine espagnole. Disons le tout de suite, le film est franchement mauvais, et même pire si c’est possible. Le scénariste Andrew Baldwin semble avoir abusé de substances illicites pour réaliser une telle stupidité.

     Bastille day, James Watkins, 2016 

    Michael vient de se débarrasser d’un sac qui explose dans son dos 

    Michael, un pickpocket vole un soir un sac qui contient une bombe. Après avoir volé le téléphone qu’il contient, il s’en débarrasse, mais le sace explose faisant plusieurs morts. Cette bombe était en fait destinée au parti nationaliste français, une sorte de FN. Tout le monde pense que ce sont les islamistes qui se trouvent derrière tout cela. Sean Briar un agent de la CIA expérimenté va mener une enquête et tenté de retrouver à la fois Michael et la fille, Zoé, qui transportait la bombe. Rapidement il va se heurter à un autre groupe – celui qui voulait poser la bombe – qui cherche à éliminer Zoé et Michael. Ce groupe est composé de policiers et chapeauté directement par le ministre de l’intérieur ! Mais ce n’est pas si simple car si on comprend que le but des poseurs de bombe est de semer la panique entre les extrémistes des deux camps, en réalité ils visent tout simplement à dévaliser la Banque de France ! C’est pour cette raison qu’ils veulent que les émeutes « inter-communautaires » aient lieu le 14 juillet ! Mais Sean, avec la complicité du pickpocket repenti et de Zoé qui culpabilise d’avoir causé la mort de plusieurs personnes, va résoudre tous les obstacles, défendre le pognon de la Banque de France et même tuer le ministre de l’intérieur véreux !

     Bastille day, James Watkins, 2016 

    Repéré par la CIA, Michael s’enfuit par les toits 

    Tout est invraisemblable dans ce film. Un tel scénario qui frise la débilité mentale, ne devrait même pas être commenté, si ce n’est qu’il reflète la mentalité anglo-saxonne en ce qui concerne la France et les attentats. Ce sont les clichés d’une bien-pensance anglo-saxonne qui vont défiler les uns après les autres. D’abord cette idée que la communauté islamiste en France est bien gentille et victime des agissements de méchants policiers pourris jusqu’à la moelle. C’est très politiquement correct. Le message fait penser à la rhétorique du néo-polar de la fin des années soixante-dix. Les flics français ne sont pas ici franchement fachos comme chez Jean-Claude Izzo par exemple, mais véreux tout de même puisqu’ils  veulent piller la Banque de France. Et bien entendu, cerise sur le gâteau, c’est la CIA – représentée ici par un noir – qui va sauver le gouvernement qui est menacé d’effondrement. Le film a été tourné pour partie à Paris même, mais les décors choisis laisse entendre que la France est représentée par le quartier de Barbès et des squats de banlieue, avec des hordes de gauchistes imbéciles prêts à aller casser du flic et à attaquer la Banque de France au moindre message posté sur Internet.

     Bastille day, James Watkins, 2016 

    Sean Briar poursuit ses agresseurs 

    Plus que le manque de sérieux et les invraisemblances, ce qui est pénible à supporter, c’est cette manière de dénigrer mine de rien la France comme un pays assez peu tolérant toujours prêt à stigmatiser les populations immigrées, et toujours prêt à suivre dans des réflexes moutonniers l’extrême-gauche ou l’extrême-droite. Cela est présenté comme la conséquence du délabrement matériel du pays. Evidemment ce n’est pas dans  ce film qu’on trouvera quelque ébauche de réponse au problème du terrorisme en France. Le scénariste ne se pose guère de question non plus sur les liens supposés de subordination entre la CIA et la police française. C’est une vieille lune des Américains que de croire qu’ils peuvent faire la pluie et le beau temps dans tous les pays où ils sont implantés plus ou moins officiellement. Au passage on relèvera cette curiosité qui laisse entendre que dans Paris d’aujourd’hui la quasi-totalité des automobiles ont quinze à vingt ans d’âge. Sean Briar va rouler ainsi dans une vieille 605 ! Et quand il vole une voiture, c’est une Mercedes jaune moutarde mais dont le modèle n’a plus cours depuis belle lurette. Bien sûr on a droit à la voiture brulée, vu que c’est bien connu en France on brule les bagnoles à tous les coins de rue.

     Bastille day, James Watkins, 2016 

    Il vole une voiture 

    Le scénario comme son principe, n’est ni fait, ni à faire. Le tout est aggravé par une distribution misérable. Idris Elba dans le rôle de Sean Briar est d’un monolithisme qui défie tout commentaire particulier. Il avait affiché il y a quelques mois la prétention de tenir le rôle de James Bond. Hein oui, pourquoi pas un James Bond noir ? Après tout en dehors de Sean Connery les acteurs qui ont incarné cet agent sont le plus souvent sans expression aucune. On voit l’évolution du cinéma. James Bond à l’origine ce sont les romans d’Ian Fleming, raciste, antisémite, considérant les noirs comme des sous-hommes. On pourrait considérer que c’est un pied de nez à la mémoire de cet auteur alcoolique et semi-débile que de faire de James Bond un agent noir ! En tous les cas, Idris Elba, noir ou pas est mauvais comme c’est pas permis. Mais le reste de la distribution ne vaut pas mieux. Richard Madden qui est sensé incarner le jeune et frêle pickpocket américain, est toujours à contretemps. Dans la niaiserie, il est pourtant enfoncé par Charlotte Le Bon qui est Zoé. Mais que fait ici José Garcia qui d’habitude est plutôt un bon acteur ? Et bien il touche son cachet ! Et accessoirement il fait comme s’il était un ministre pourri de notre république.

     Bastille day, James Watkins, 2016 

    Sean a retrouvé Zoé 

    Sur le plan cinématographique James Watkins compte sur ses effets spéciaux et sur la trépidation des courses poursuites pour tenter de démontrer qu’il a son diplôme de réalisateur. Si on peut prendre du plaisir à regarder la poursuite sur les toits de Paris, ça ne va pas au-delà de cinq minutes, et on se rend compte au bout d’un moment que ça dure que plus de cinq minutes se sont écoulées !

     Bastille day, James Watkins, 2016 

    Sean va pénétrer dans la Banque de France

    « L’étau, Topaz, Alfred Hitchcock, 1969Complot de famille, Family plot, Alfred Hitchcock, 1976 »
    Partager via Gmail

    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :