• Bosch, la série, 2015

    Bosch, la série, 2015

    Après une assez longue gestation, la série Bosch a enfin livré sa première saison en 10 épisodes. Je suis assez peu friand de séries télévisées, et à de rares exceptions près, The Shield ou The wire, ça m’ennuie assez vite. Mais je me suis dit que la mise en scène de Bosch pouvait être intéressante. Récemment encore j’ai souligné l’importance de Michael Connelly dans l’univers du noir.

    Bosch, la série, 2015  

    Le Chef Irvin Irving semble soutenir Bosch lors de son procès 

    Le premier problème rencontré par la série est la question de l’adaptation elle-même. En effet cette première saison est construite autour de trois ouvrages The concrete blonde (La blonde en béton), City of bones (Wonderland avenue) et Echo Park. C’est un condensé de la vie de l’inspecteur Bosch. En outre on l’a un rien modernisé : dans la suite écrite par Connelly, son héros a fait la guerre du Vietnam. Ici il sera fait allusion à la guerre en Afghanistan dont les enjeux étaient tout de même différents. Cette approche a nécessité évidemment une réécriture complète des aventures de Bosch. Cela pourra apparaître un peu curieux pour les lecteurs des romans. On note tout de même que l’ensemble de la série a été supervisé par Connelly lui-même.

     Bosch, la série, 2015 

    Bosch et le lieutenant Billets ont retrouvé le squelette d’un enfant 

    Il y a cependant une continuité dans cette saison 1. En effet elle se déroule sous deux aspects différents : la recherche de l’assassin d’un enfant d’une douzaine d’années dont on a retrouvé les restes enterrés vingts ans après son décès, et la traque d’un serial killer, un prédateur, qui se trouve de lui-même des parentés avec Bossch, un peu comme s’il était sa face noire. Evidemment cette double enquête sera émaillée de nombreux conflits, tant entre Bosch et sa hiérarchie, qu’entre Bosch et ses différentes femmes, le lieutenant Billets ou la mère de sa fille Madeline. C’est un peu la règle du genre que de vouloir faire aussi de Bosch un flic un peu ordinaire avec des préoccupations très humaines, sauf que Bosch est un peu plus qu’un flic ordinaire, il est obsédé par sa mission et ne s’en cache pas.dans les conflits directs ou indirects, il y a aussi une dimension politique puisque parfois Bosch ne fait que subir les contrecoups d’une lutte au sommet pour le pouvoir. Il est parfois réduit à n’être qu’un pion.

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    Bosch et Edgar vont extraire Waits de sa prison 

    La question est de savoir si cela est réussi ou non. Mais en vérité cela dépend de très nombreux facteurs. Avoir fusionné trois épisodes de la saga de Bosch ne pose pas vraiment de problème, les éléments s’emboîtent bien, et on y retrouve parfaitement l’esprit de Connelly. De même les décors sont tout à fait soignés et très représentatifs de l’idée que Connelly se fait de Los Angeles. Sur son site il passe beaucoup de temps à décrire à l’aide de photos les lieux où il situe l’action de ses romans. La petite maison de Bosch est également tout à fait conforme à ce que Connelly décrit. Bien que la série soit filmée par plusieurs réalisateurs très différents, elle conserve cependant son unité de ton : la même vivacité, la même forme d’utilisation des paysages urbains. C’est très bien filmé, même étonnement bien filmé. Certes parfois l’image est un peu trop léchée et donne l’image d’un dépliant touristique, mais le nombre de lieux glauques et déjantés est suffisamment important pour que cette question passe au second plan. 

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    Raynard Waits est un serial killer dangereux 

    L’interprétation est aussi très bonne, même si certains comme Lance Reddick dans le rôle d’Irvin Irving en fasse parfois un peu trop. Titus Wielliver est Bosch, on dit qu’il a été adoubé par Connelly lui-même. Il est crédible, quoiqu’il manque un peu de cette allure tourmentée qu’on trouve dans les romans.  Mais dans l’ensemble les acteurs sont tous très bons, avec une mention spéciale tout de même pour Jason Gedrick qui incarne Raynard Waits. Je passe sur le fait qu’entre le tournage du « pilote » et la série proprement dite l’avocate Chandler ne soit plus incarnée par la même personne – c’est d’abord Amy Price-Francis, puis Mimi Roger, ce qui occasionne une petite gêne tout de même.

    Malgré d’évidents atouts, et un budget important, on reste tout de même sur sa fin. Certes il y a d’excellentes scènes, notamment les scènes de traque, l’évasion de Raynard Waits, ou encore la façon dont Bosch affronte son supérieur Pounds. Mais l’ensemble reste un peu trop lisse. Les scènes avec Eleanor qui joue la profileuse amateur ne sont pas très crédibles. Et quoique la volonté scénaristique soit de présenter la résolution des deux affaires comme une victoire à la Pyrrhus, la fin reste trop conventionnelle.

    Au final cette série financée par Amazon qui poursuit son rêve ainsi d’intégrer les différents niveaux de l’économie des loisirs dans un seul ensemble, laisse un goût d’inachevé et n’a pas le caractère flamboyant des séries que j’ai cité plus haut, The wire ou The shield.

    « Portrait of a mobster, Joseph Pevney, 1961 Pierre Chalmin, Dico Dard, Fleuve, 2015 »
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