• Dernier domicile connu, José Giovanni, 1969

     

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    Un des meilleurs films de José Giovanni. C’est l’adaptation française d’un roman américain de Joseph Harrington qui porte le même titre. Curieusement, la transposition dans la banlieue parisienne permet de respecter assez bien le roman, dans sa trame comme dans son esprit. C’est l’histoire d’un flic, Marceau, décoré et efficace qui se voit eloigné de l’action parce qu’un jour il a arrêté un peu brutalement le fils d’un avocat célèbre. Relégué dans un petit commissariat de banlieue, il s’étiole, ne sze sent plus guère utile. Mais le hasard faisant bien les choses, en même temps qu’il reçoit la charge de former une nouvelle recrue, Jeanne, une jeune fille frèle et un brin idéaliste, il va être chargé de rechercher un témoin. Mais ce qui paraît être une action de pure routine va se révéler non seulement décisif pour faire condamner un grand chef du crime organisé, mais encore dangereux, car les amis du chef de bande sont aussi à sa recherche pour l’éliminer. Avec obstination et couarge, ils vont réussir, et le gangster sera condamné. Cependant ce n’est pas un happy end car le témoin sera assassiné sous les yeux de sa fille.

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    C’est un film un peu en marge de l’univers de Giovanni, il n’a pas la dsimension habituelle de la tragédie, ili développe une sorte d’errance dans un Paris en pleine transformation, avec ses tours HLM qui poussent comme des champignons dans la banlieue. Marceau n’est pas un héros, et encore moins Jeanne, mais ils font leur boulot du mieux qu’ils peuvent avec un peu d’humanité aussi. C’est une dérive entre les grands ensembles et les rues sombres de la capitale, et par suite un défilé de portraits plus ou moins drôles et insolites.

    La mise en scène se concentre sur l’enquête, avec un côté un peu documentaire qui ne nous épargne rien de la lassitude de nos deux policiers et des difficultés qu’il y a à trouver un homme qui se cache parmi des millions de parisiens et de banlieusards.

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    Si le film fut un des plus grands succès de José Giovanni, c’est aussi parce que la réalisation est très solide et que les scènes de violence sont bien balancées avec les scènes pàlus routinières de l’enquête. Et puis la distribution est très bonne. Lino Ventura, déjà habitué de l’univers de José Giovanni, est ici accompagné de Marlène Jobert qui venait de connaître un véritable triomphe dans Le passager de la pluie de René Clément. Certains ont critiqué ce choix, arguant qu’elle était bien trop frèle. Mais elle n’était pas plus forte physiquement dans Le passager de la pluie où elle abattait de sang-froid son violeur. En vérité elle compense toujours son physique pa        r une obstination têtue convaincante.

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    A côté de ces deux vedettes, on retrouve des acteurs habitués de l’univers de José Giovanni, Michel Constantin, qui joue un assassin aux oreilles décollées, Philippe March, Stan Krol qui jouait Naudy dans Classes tous risques, ou encore Paul Crauchet et Alain Mottet.

    A l'heure où on se gargarise volontiers des bouffonneries de Michel Audiard, il est peut-être temps de redécouvrir un cinéma  populaire de grande qualité.

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