• Deux mains, la nuit, The spiral staircase, 1946, Robert Siodmak

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    Encore une fois, ce n’est pas un très grand film. Mais pourtant il a fait beaucoup pour la renommée de Siodmak en tant que maître du film noir. Le scénario est assez laborieux. Une jeune fille muette qui est aussi domestique dans une riche famille craint d’être assassinée par un serial killer qui s’en prend nécessairement à toutes les filles du comté qui présentent un handicap. La suite est assez simple à deviner, après un certain nombre d’événements l’assassin sera démasqué. Entre temps la jeune Helen aura enduré des frayeurs mais sera tombé amoureuse d’un jeune docteur désintéressé qui lui déclare sa flamme et qui veut tout faire pour qu’elle retrouve l’usage de la parole.

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    Glissons sur le message un peu lourd du film : un individu à moustaches qui se croit faire partie d’une sorte de race supérieure et qui désire éradiquer tous les mal-tournés de la région. Là n’est pas l’essentiel.  L’important c’est la peinture des âmes et des comportements à travers les ténèbres glacés et humides. Tout cela vu à travers la décomposition d’une famille aussi riche que tordue. Les personnages de ce drame ont d’ailleurs une sexualité morbide à fleur de peau. Donc le crime ne peut être loin. Contrairement aux apparences ce n’est ni un film « gothique », ni un film à énigme, c’est bien un film noir, même s’il n’y a pas de femme fatale, ni de fin malheureuse.

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    Bien sûr la patte de Siodmak est bien visible, et c’est elle qui fait le prix de ce film. Rien que le titre indique un vertige sournois qui nous attire et nous perd. L’escalier sera donc le personnage central du film. Filme de toutes les manières possibles et imaginables, il résume une foule de symboles. Et comme c’est censé se passer du temps qu’on s’éclairait encore à la bougie, on voit bien tous les jeux de lumière possibles que Siodmak peut en tirer pour tenter d’extraire ses personnages des ténèbres.

    Tout au long du développement, les appels au passé, à la psychanalyse soutiennent le propos. Si Helen est muette c’est parce qu’elle a assisté impuissante à la mort de ses parents. L’assassin est un assassin parce qu’il a subi de forts traumatismes dans sa jeunesse. Seul le jeune docteur est apparemment innocent, vide, plat et sans passé. Mais il est bon, contrairement aux autres personnages.

    Dorothy McGuire est très bien, surtout que tout le long elle n’a pas grand-chose à dire et qu’on comprend bien que si elle fait des mimiques un peu outrées c’est parce qu’elle n’a pas l’usage de la parole. Elle est d’ailleurs ravie, au début du film de pouvoir assister à la projection d’un film muet.

    Ethel Barrymore est comme toujours remarquable dans le rôle de la vieille chef de famille, malade, en bout de course, et qui n’en finit plus de payer ses fautes dans l’éducation de ses enfants et qui s’attache à protéger du mieux qu’elle peut la jeune Helen.

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    On retiendra quelques scènes magistrales, l’assassinat de la boiteuse dont on ne voit que les mains qui se croisent dans leur impuissance. Les descentes des escaliers à la cave, c’est celui-là qui représente une spirale, car il y a bien d’autres escaliers dans ce film. La photo de Nicholas Musuraca, qui fut aussi le photographe de Out of the past et de  bien d’autres films noirs, est aussi très belle.

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    « D’entre les morts, Pierre Boileau et Thomas Narcejac, Denoël, 1954Parker, Taylor Hackford, 2013 »
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