• Di Caprio et Scorsese

    Incontestablement l’association Di Caprio-Scorsese est un grand succès commercial. Les quatre films qu’ils ont tourné ensemble ont été des succès mondiaux. Pour autant, on peut aussi considérer l’entreprise comme un échec artistique ruineux. 
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    Leonardo Di Caprio est un grand acteur et Martin Scorsese un grand réalisateur. Malheureusement la sauce n’a pas pris. Quelles sont raisons ?

    D’abord les sujets abordés. Ils présentent peu d’intérêt. Sur les quatre films tournés ensemble, trois sont des reconstitutions historiques, et le quatrième est un remake d’un film honkkongais. Deux d’entre eux sont des projets particuliers à Leonardo Di Caprio, The aviator et Shutter island, mais Gangs of New-York est bien un projet personnel de Scorsese.

    Il apparaît qu’une des premières raisons de l’échec artistique des derniers films de Scorsese se trouve dans cette volonté de mettre le passé américain en scène. Or c’est la chose la plus difficile qui soit : les reconstitutions historiques au cinéma manquent le plus souvent de vérité. C’est le cas de Gangs of New-York. Di Caprio et Cameron Diaz en enfants mal nourris des bas-fonds ne sont pas crédibles une minute. Dans The aviator, les actrices qui jouent Ava Gardner et Katharine Hepburn, respectivement Karin Beckinsale et Cate Blanchett, n’ont strictement aucun rapport avec l’original. Ce n’est pas tant que celles-ci soient de mauvaises actrices, mais c’est plutôt que les personnages réels avaient des physiques tellement particuliers, qu’ici leur représentation frise la caricature. Sans même parler de Jude Law en Errol Flynn qui est tout simplement ridicule ! Shutter Island butte également sur des problèmes de reconstitution. Les costumes trop propres et trop bien repassés des flics comme du personnel médical donne à l’histoire un côté plus théâtral que cinématographique. Nous ne sommes plus dans des films comme Casino, où l’élégance vulgaire de De Niro pouvait s’expliquer par ses éxcédents de liquidités. Déjà la première tentative de Scorses dans la reconstitution historique, Le temps de l’innocence, n’avait pas convaincu.

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    Une autre raison de l’échec artistique de la collaboration entre Di Caprio eet Scorses vient de la faiblesse des sujets abordés. Passons sur Les infiltrés, mauvais remake d’un film honkkongais qui avait eu du succès en son temps, mais dont les invraisemblances scénaristiques déniaient tout sérieux à l’entreprise. Pourquoi en faire un remake ? Qu’est-ce que cela pouvait bien apporter sur le plan artistique ? Rien, évidemment.

    Gangs of New-York par son propos auraient du avoir plus de consistance. Mais en se servant d’une vengeance personnelle comme fil conducteur de l’histoire, l’aspect social et historique devient qu’une image d’arrière plan. Scorses montre son incapacité à traiter de sujets historiques. Il n’est bon que dans le contemporain, la description de l’immédiateté des sentiments.

    Shutter Island est un des moins bons romans de Dennis Lehanne. Le sujet, entre Shock Corridor et Vol au dessus d’un nid de coucou, est non seulement très convenu, mais il apparaît comme ayant été trop souvent traîté. Si on y ajoute le ridicule des scènes de rêve, le film devient parfaitement invisible. C’est le plus mauvais des quatre films tournés par l’association Di Caprio-Scorsese.

     

    Les dernières productions de Scorsese sont toutes fabriquées sur le même moule : des acteurs qui cabotinent, Day Lewis dans Gangs of New York, Jack Nicholson dans Les infiltrés, allant jusqu’à déteindre sur le jeu même de Di Caprio qui en devient grotesque dans ses jérémiades de Shutter Island ; une histoire spectaculaire sensée tenir le spectateur en haleine, et une manière de filmer en plans larges, avec des mouvements de grue rapides.

    En conclusion, si l’équipe Di Caprio – Scorsese semble avoir trouvé les clés du succès commercial, c’est au détriment de toute ambition artistique. Scorses se fait vieux et n’a plus l’imagination flamboyante de ses débuts. Il ronronne dans le système : plus il a d’argent pour filmer, et moins ses films sont bons ! C’est une bonne nouvelle pour ceux qui voudraient faire des films : l’argent n’est pas nécessaire au cinéma. Souhaitons que Robert De Niro ait la capacité de relancer Scorsese comme il a su si bien le faire par le passé.

    « Bien connu des services de police, 2010LE CHARLATAN (NIGHTMARE ALLEY) »
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