• Dominique Forma, Voyoucratie, Rivages, 2012

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    Voyoucratie est une sorte de Touchez pas au grisbi revisité et mise au goût du jour. L’idée est simple, Francis le Parisien, un gros voyou a envie de passer la main. Il se sent un peu vieux et désire se dépouiller de ses oripeaux de truand. Mais avant de prendre sa retraite, il veut tester son associé. Pour cela il va mettre en scène une rumeur selon laquelle il a dépouillé un autre voyou qui règne lui plutôt sur la banlieue. Il va ainsi enclencher un cycle de violences débridées que plus personne ne va maîtriser.

    Ce n’est pas l’histoire qui fait l’intérêt du roman. C’est plutôt la façon de mettre en scène des personnages à la fois déjantés et marginalisés par la vie. Ce qui débouche sur une sorte de roman unanimiste, éclaté entre diverses personnalités. Et bien sûr cela entraîne la multiplication de scènes plus ou moins drôles qui donnent du relief aux personnages. Les affaires de Kamous ne sont pas très intéressantes et son bordel pour bourgeois dépravés est un peu convenu. Plus personnel est le petit couple de jeunes qui travaillent dans une supérette de banlieue pour un salaire de famine et qui se trouvent dominés par leurs instincts finalement assez primaires. Au passage ce couple renvoie à celui qu’on a déjà croisé dans le film La loi des armes, il répond à la même logique.

    Forma reprend également cette idée du kidnapping du truand par un tueur fantomatique et à côté de ses pompes. On l’a déjà vu dans le film The scenes of the crime. Francis le Parisien a aussi des airs de Famille avec Jimmy Berg. Au-delà de cette rémanence, il y a un goût assez scabreux pour les situations bloquées et immobiles qui conduisent à de longues négociations incertaines et qui en général se terminent mal.

    Le livre se lit facilement, et même si manifestement il a été écrit assez vite, il y a une forme de légèreté décalée par rapport à une histoire plutôt dramatique. Les dialogues sont bons et nerveux, ils donnent une couleur un peu particulière à chaque personnage qu’on croise dans le livre.

     

    Bref c’est un bon petit polar à l’ancienne, sans prétention, qui utilise cependant un décor et des comportements modernes, un peu rock’ n roll. 

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