• Du rififi chez les femmes, Alex Joffé, 1959

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    Alex Joffé n’est pas un habitué des films noirs, l’essentiel de sa carrière est bâtie sur la mise en valeur du personnage de Bourvil. Du rififi chez les femmes a été réalisé à la fin des années cinquante, à un moment où les ouvrages d’Auguste Le Breton étaient très souvent portés à l’écran et avaient généré des films à succès, Razzia sur la chnouf, Le rouge est mis ou encore Rafles sur la ville. « Rififi » était une marque déposée par Le Breton qui affirmait avoir inventé cette locution et qui en défendait l'usage.

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     Vicky aime compter son argent

     L’œuvre de Le Breton est très inégale. Mais il y a dans cette activité littéraire prolifique quelque très bons titres, notamment ses récits autobiographiques, ou ses ouvrages sur l'histoire de la truanderie, Les Pégriots, Deux sous l'amour ou Les Hauts-murs et La loi des rues. Du rififi chez les femmes fait partie de ses bons ouvrages de fiction. Le titre est bien sûr le pendant du Rififi chez les hommes qui avait été un gros succès de librairie, mais aussi un bon succès au cinéma dans une réalisation de Jules Dassin. Le film avait pratiquement disparu jusqu’à cette réédition récente en DVD.

    L’histoire s’articule autour de deux personnages, Vicky de Berlin, femme énergique au passé sulfureux qui dirige un cabaret et Marcel points bleus, voyou français égaré à Bruxelles. Lorsque Vicky est victime d’un racket, Marcel vient à son secours, ce qui va entraîner tout le monde dans une guerre des gangs assez traditionnelle. L’affaire se complique quand cette furieuse bataille se mêle à un hold-up extraordinaire que Marcel met au point avec le Marquis et sa bande. Si cela s’appelle Du rififi chez les femmes, c’est que celles-ci prennent une partie plus qu’active dans cette guerre et montrent des qualités inattendues en la matière. Cela se terminera tragiquement pour l’ensemble des protagonistes. Si le personnage de Marcel est assez traditionnel, celui de Vicky est plus original, puisque cette femme forte qui a traversé des épreuves terribles est à la tête d'une véritable organisation. Son pendant est Yoko, la maîtresse de Bug, femme cruelle et passionnée.

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    Marcel est apprécié de Berthe qui règne sur une sorte de cour des Miracles

    Le scénario a été écrit par Le Breton, mais aussi par José Giovanni, l'auteur qui montait à cette époque, et qui collaborera encore un peu plus tard sur Le clan des Siciliens avec Le Breton personnage entier et ombrageux, très difficile à pratiquer.

    Le film bénéficie d’une distribution très importante. Avec en tête Robert Hossein et Nadja Tiller, mais dans des rôles plus secondaires des figures comme Françoise Rosay, l’étrange Silvia Montfort, Pierre Blanchar ou encore Daniel Emilfork. La photo est bonne, bien que le transfert sur DVD soit assez médiocre, et les décors sont assez intéressants. Il y a d’ailleurs dans le cambriolage de la banque des idées assez nouvelles puisque plutôt que de voler directement la banque on se contente de remplacer les vrais billets par des faux ! Ce qui demande un travail très spécialisé et plutôt difficile.

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    Bug va piéger Marcel

    Malgré tout cela ce n’est pas un bon film essentiellement parce que la mise en scène est molle et plate, le cadre fait sans génie. Pire encore, le rythme est languissant pour une histoire qui pourtant connait des rebondissements constants et nombreux. Il ne ressort pas non plus le côté très sensuel du livre.

    « Niagara, Henry Hathaway, 1953Je suis un criminel, They made me a criminal, Busby Berkeley, 1939 »
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