• Hommage à Peter Lorre et Sydney Greenstreet

     

     

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    Voilà un des couples les plus prolifiques du film noir. Il se forme en 1941, avec le film de John Huston, The maltese falcon. Et se reforme au gré des circonstances pendant cinq ans. C’est huit films qu’ils tourneront ensemble. Par comparaison, Humphrey Bogart et Lauren Bacall qui représentaient un autre couple mythique de la même époque ne tourneront que quatre films en commun.

    Dès le départ c’est  leur physique un peu décallé qui est utilisé. L’un est gros, massif, il a du mal à se mouvoir, l’autre est mince, fragile, petit, les yeux globuleux, sautillant. Ce sont deux acteurs étrangers d’ailleurs, l’un est d’origine allemande, l’autre est né en Angleterre. S’ils apportent une sorte d’ironie aux films qu’ils traversent, ils restent cantonnés à des rôles de personnages louches et un peu inquiétants. Leur relation, dès le départ, figure l’homosexualité, cette tendance sexuelle est associée à la déviance criminelle. D’ailleurs ils apparaissent le plus souvent comme ayant peu de courage. On remarque que très souvent ils sont séparés par une femme, Mary Astor dans The maltese falcon, Heddy Lamar dans The conspirators, ou encore Geraldine Fitzgerald dans Three strangers. Dans The mask of dimitrios, ils sont tellement proches qu’ils en arrivent presque à se retrouver dans le même lit, lors d’un déplacement en train de nuit.

    Leur collaboration cesse en 1946, mais peut-être aurait-elle pu se poursuivre si Greenstreet n’avait pas disparu en 1948, consécutivement à ses problèmes de diabète.

    En tous les cas c’est un couple qui fonctionne et qui sera la vraie vedette d’au moins deux films, Le masque de Dimitrios et Trois étrangers. Mais ce ne sont pas Laurel et Hardy, derrière leur physique curieux se cache le plus souvent une vision sarcastique de la vie qui est au fond bien adaptée au film noir.

    Si Peter Lorre doit sa célébrité au cinéma, avec le film de Lang M, Sydney Greenstreet ne deviendra un acteur connu qu’à partir du film de Huston. Il débute sa carrière cinématographique, la soixantaine passée. C’est Huston qui va lui donner sa dimension (si on peut dire). Parfaite représentation du fatman de Dashiell Hammett, il le filme en contre-plongée pour renforcer son poids. Cette manière de filmer sera reprise notamment par Négulesco dans tous les films où Greenstreet apparait : trois en tout.

    Même si leur meilleur film rest The maltese falcon, ils ont tourné ensemble encore deux fois avec Michael Curtiz, trois fois avec Jean Negulesco et une fois avec Raoul Walsh.

     

    1941 : La faucon maltais (The maltese falcon) de John Huston

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    1942 : Casablanca de Michael Curtiz 

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    1943 : Intrigues en Orient (Background to danger) de Raoul Walsh

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    1944 : Passage pour Marseille (Passage to Marseille) de Michael Curtiz

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    1944 : Le masque de Dimitrios (The mask of Dimitrios) de Jean Negulesco

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    1944 : Les conspirateurs (The conspirators) de Jean Negulesco

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    1946 : Three strangers de Jean Negulesco

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    1946 : The vedict de Don Siegel 

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    « Gilbert Béna, Nous étions le milieu, La manufacture des livres, 2012L’introuvable, The thin man, Dashiell Hammett, Gallimard. »
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