• Intrigues en Orient, Background to Danger, Raoul Walsh, 1943

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    Très souvent on juge un film avant de le voir en fonction de son affiche. Donc on se dit qu’avec une telle affiche, Intrigues en Orient devrait être intéressant. En effet, on a un réalisateur réputé, l’histoire est basée sur un ouvrage d’Eric Ambler, Burnett et Faulkner ont participé au scénario. Egalement la distribution parait intéressante : le couple Peter Lorre, Syndney Greenstreet, George Raft et des Femmes de grande beauté, Brenda Marshal, Osa Massen. Et pourtant à l’arrivée c’est un film médiocre et sans intérêt.

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    Entre la Syrie et la Turquie, un agent des services d’espionnage américains, va tenter de mettre la main sur des documents falsifiés que les Allemands veulent publier en soudoyant un homme d’affaires turc, de façon à mettre en cause l’Union soviétique et faire en sorte que la Turquie devienne son alliée. S’ensuit une course au document entre les services américains, allemands et soviétiques. L’Américain va gagner bien entendu.

    Si l’histoire est assez niaise, le film s’inscrfit dans un effort de propagande. Il s’agit de démontrer que dans la guerre avec les nazis, les Russes sont nos alliés naturels et qu’il convient de les apprécier en tant que tel. Il célèbre donc l’amitié soviéto-américaine. Du reste à la fin du film le héros américain va partir faire sa vie avec la belle et gentille espionne soviétique. Comme on le sait les choses vont changer puisque quelques années plus tard, les Russes seront désignés comme l’ennemi qui vise à détruire la belle démocratie américaine, et les Allemands seront les alliés naturels de l’Amérique. De ce point de vue, on pourrait dire que la diplomatie américaine est très changeante, versatile, et que cela cause des dommages récurrents pour les peuples qui sont conviés à modifier leurs alliances en vue de s’aligner sur le caractère changeant des Etats-Unis.

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    Mais il va de soi que cela n’est pas le principal. C’est une réflexion qui nous vient à l’esprit en voyant le film, parce que comme l’action est un peu lente et prévisible, notre esprit peut vagabonder.

    George Raft est très mauvais dans le rôle de l’agent américain, il a l’air de ne pas comprendre le scénario. Sydney Greenstreet s’ennuie à jouer les espions allemands cruels dont le seul plaisir est de torturer. Le seul à tirer un peu son épingle du jeu est Peter Lorre. Certes il cabotine bien un peu, mais il reste épatant dans le rôle de l’agent russe mélancolique et amateur de vodka.

    Quelques scènes peuvent être sauvées malgré tout, notamment celles qui se passent à l’intérieur des gares et dans les trains. Ou encore la poursuite dans les ruelles mal famées d’Ankara. Mais c’est bien peu, même la poursuite en voiture à la fin du film n’est pas convaincante. Certains ont avancé que ce film s’inscrivait dans la lignée de Casablanca et que c’est pour cette raison qu’on avait engagé le couple Greenstreet-Lorre. Ni de près, ni de loin ce film peut être comparé à celui de Michael Curtiz. Non seulement Bogart n’est pas Raft, mais les rôles féminins dans le film de Walsh sont particulièrement réduits à leur plus simple expression. L’attitude machiste de Raft par rapport aux femmes qu’il croise est ridicule.

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    Pour pardonner un peu cette erreur filmique, il faut se souvenir que non seulement c’est une œuvre de propagande, comme la Warner était coutumière du fait dans ces années-là, mais qu’il s’agit certainement d’un des plus mauvais romans du grand Eric Ambler.



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