• L’affaire Al Capone, The St. Valentine’s day massacre, 1967

    L’affaire Al Capone, The St. Valentine’s day massacre, 1967  

    Al Capone est un personnage qui a fasciné des générations d’acteurs et de réalisateurs. Il a été incarné par Rod Steiger, Ben Gazzara, Neville Brand, et même Robert de Niro. On peut rajouter dans les années trente, Wallace Berry et Paul Muni qui incarnaient ce curieux personnage sous des noms d’emprunt. Ici c’est Jason Robards qui s’y colle. Le cinéma n’a pas épargné ce personnage réel puisqu’il est toujours représenté comme un homme violent, hystérique et un peu fou. L’intérêt de The St. Valentine’s day massacre réside d’abord dans le fait qu’il a été réalisé par Roger Corman et qu’il se centre principalement comme le titre américain l’indique sur le massacre de la Saint Valentin qui en son temps a bouleversé l’Amérique.

     L’affaire Al Capone, The St. Valentine’s day massacre, 1967 

    Pete Gusenberg est le tueur de Moran 

    Le film raconte les origines et le déroulement du massacre de la Saint-Valentin. Il est l’apogée de la lutte qui a opposé Bugs Moran et Al Capone pour le contrôle des gangs de Chicago. C’est donc un film choral, une sorte de puzzle qui présente les contradictions d’une pègre qui s’autodétruit. On va donc suivre les différents protagonistes, notamment les frères Gutenberg qui tuent pour le compte de Moran, mais aussi les petites gens qui ont été impliqués directement ou indirectement dans le massacre. Nick Sorello qui servira d’appât pour Moran et sa bande, mais aussi le chauffeur boiteux Johnny May qui y laissera la peau. Les faits sont assez bien connus, du moins dans leurs grandes lignes et ont été rapporté maintes fois à l’écran. Le plus souvent dans des films de petits budgets, sauf si on excepte Les incorruptibles de Brian qui n’est pas très bon non plus. Corman va donc mêler des scènes assez bien connues et des éléments de la vie ordinaire des gangsters plus ou moins imaginaires. Le ton se veut quasi documentaire et utilise la voix off pour commenter et faire avancer le récit. La morale restera sauve, puisque tous ces gangsters finiront mal : Capone mourra complètement fou des suites de la syphilis, Moran décédera d’un cancer en prison. Le seul élément de surprise dans le film vient du portrait détaillé de Pete Gusenberg.

     L’affaire Al Capone, The St. Valentine’s day massacre, 1967 

    Une longue procession de tueurs arrose le restaurant où déjeune Capone 

    La réalisation est soignée, et la reconstitution plutôt bonne. Mais cela sent tout de même le studio et la minceur des scènes d’extérieur qui se résument à des enfilades assez étroites de rues ne permet pas au film de respirer. Les vêtements, les tissus, font trop neufs, pas assez usés pour donner du crédit à la reconstitution. La photo de Milton Krasner qui a travaillé aussi bien pour Brooks que pour Billy Wilder ou Mankiewicz, sauve le film de la débâcle.

     L’affaire Al Capone, The St. Valentine’s day massacre, 1967 

    Les règlements de compte se suivent et se ressemblent 

    On préférera l’incursion de Roger Corman dans les années trente avec Machine gun Kelly, au point de se demander si Roger Corman était fait pour les gros budgets. Il y a de beaux mouvements de caméra, un sens de l’espace évident, qui montre toute l’étendue du talent de Corman. Le générique se déroule sous la neige et donne une scène remarquablement soignée.

     L’affaire Al Capone, The St. Valentine’s day massacre, 1967 

    Capone veut en finir avec Moran 

    Sans doute le principal défaut du film vient d’avoir embauché Jason Robards, mince et assez grand, pour jouer Al Capone, un petit gros plutôt trapu et épais. Mais il n’y a pas que le physique qui n’est pas à sa place. Jason Robards qui est pourtant un acteur talentueux, surjoue un Capone hystérique à la limité de la débilité mentale. On se demande bien comment un tel pitre a pu devenir le maître de Chicago. Au moins on ne pourra pas dire que Corman est complaisant avec le personnage de Capone qui n’a rien d’héroïque. C’est un peu mieux avec George Segal qui est un grand acteur oublié aujourd’hui et qui ici incarne Pete Gusenberg. Les amateurs reconnaitront au fil de l’histoire Bruce Dern, jack Nicholson dans un tout petit rôle, mais aussi Leo Gordon et quelques autres habitués des films noirs aux profils de boxeurs.

     L’affaire Al Capone, The St. Valentine’s day massacre, 1967 

    Des tueurs guettent l’arrivée de Moran 

    On peut déplorer la paresse du scénario quand Gusenberg écrase un sandwich sur la figure de sa maîtresse, parodiant L’ennemi public de William Wellman. Mais il y a de très bonnes scènes dès qu’il s’agit de filmer la violence.

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    7 personnes sont assassinées le jour de la Saint-Valentin 

    Il ressort de tout cela que ce n’est pas très simple de construire un bon film à partir d’une histoire cousue main. Néanmoins on note que le film reçu un accueil public satisfaisant, mais nous qui attendons un peu plus de Corman, nous restons sur notre faim.

    L’affaire Al Capone, The St. Valentine’s day massacre, 1967 

    Le vrai Capone

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    Le vrai massacre de la Saint-Valentin

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