• L’esclave du gang, The damned don’t cry, Vincent Sherman, 1954

     


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    Un homme de la mafia a été tué. On retrouve son cadavre dans le désert, mais tout de suite les enquêteurs vont s’intéresser à une mystérieuse femme qui se fait passer pour une très riche héritière d’un magnat du pétrole. Le mystère va être peu à peu levé lorsqu’elle vient se réfugier chez ses vieux parents où le père l’accueille plutôt avec froideur. A partir de là on va avoir droit à un long flash-back qui explique son parcours. A l’origine il y a un drame intime évidemment. Ethel est mariée à un ouvrier qui gagne tant bien que mal la vie de sa famille. Ils ont un petit garçon qui rêve d’avoir une bicyclette. Ethel l’achète à crédit ce qui va provoquer une dispute avec son mari, mais ce qui va être aussi à l’origine d’un drame puisque l’enfant se fait écrasé par un camion qu’il n’avait pas vu. Dès lors Ethel prend la décision de quitter son mari et de changer de vie. A partir de ce moment elle va se débrouiller pour obtenir ce qu’elle désire. Elle a une brève idylle avec un comptable, mais elle ne le trouve pas assez ambitieux. Progressant dans la société, elle va devenir l’amante d’un chef mafieux. Celui-ci semble très épris, mais il n’hésite pas pour autant à l’envoyer séduire un rival. On ne sait pas trop si elle tombe amoureuse de lui, en tous les cas elle hésitera à le faire tuer.

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    Ce n’est pas un très grand film noir, mais il recèle des aspects intéressants. D’abord évidemment l’icône du film noir, Joan Crawford, toujours égale à elle-même, avec un abattage énorme, elle incarne parfaitement cette femme du peuple qui cherche par tous les moyens à échapper à sa condition. Ensuite il y a cette description minutieuse de l’ascension sans gloire d’Ethel dans l’ombre de la mafia des jeux. Mais il y a aussi une réflexion paradoxale sur le paraître : il est amusant de voir ce chef de gang sorti des bas-fonds faire une leçon de maintien à Ethel. Tout comme le trouble qu’elle ressent en faveur du vulgaire voyou incarné par Steve Cochran qui semble la renvoyer à ses origines plébéiennes. L’évolution du personnage du comptable, incarné par Kent Smith, est remarquable. Gentil petit comptable honnête, il n’hésite pas à exercer un chantage déprimant sur Ethel avec beaucoup de cynisme, contaminé qu’il est par le milieu qu’il a rejoint.

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    Reste évidemment des défauts importants. Le raide David Brian qui retrouve Joan Crawford pour la troisième fois, n’a pas le charisme qu’on pourrait attendre d’un chef de gang intelligent. C’est plutôt une question de physique. Et puis il y a cette fin moralisatrice où on voit le triste comptable sauver Ethel en puisant un courage qu’il n’avait guère manifesté jusqu’alors.

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    « Une femme dangereuse, They drive by night, Raoul Walsh, 1940Le bon camp, Eric Guillon, La manufacture de livres, 2010. »
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