• L’heure du crime, Johnny O’Clock, Robert Rossen, 1947

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    C’est le premier film de Robert Rossen qui n’en fera pas tant que ça. Avant cette date il avait été un scénariste réputé. Dans le registre du film noir, il signera ensuite le très bon Body and soul avec John Garfield et bien plus tard, The hustler qui à mon sens reste son chef d’œuvre .

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    L’élégant Johnny est associé dans un cercle de jeux

     Le scénario de ce film est assez curieux, s’il a des manières de film noir – une grande partie du film se passe dans un tripot où on rencontre des personnes plutôt louches et marginales – il est construit sur une intrigue relativement classique, qui a tué la petite du vestiaire et Blayden ? C’est probablement ce caractère hybride qui fait que le spectateur reste sur sa fin et que les personnages ne sont guère intéressants.

    Le moteur de ce faux suspense est une montre que la femme de Marchetti a offert en double exemplaire à la fois à son mari et à Johnny qu’elle aimerait bien mettre dans son lit. Mais Johnny se méfie de Nelle et la repousse, d’autant qu’entre temps il est tombé amoureux de la sœur de la petite du vestiaire qui a été empoisonnée.

    C’est une salade assez embrouillée où se mêle des histoires d’argent – Johnny veut récupérer sa mise avant de partir à l’étranger – des histoires de jalousie – le meilleur ami de Johnny le vendra aux sbires de Marchetti, et aussi l’obstination du flic Koch qui enquête sur un double meurtre et qui manipule un peu tout le monde pour faire éclater la vérité.

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    Koch est un flic obstiné qui cherche le meurtrier de Blayden 

    Si le film possède quelques qualités, il le doit non pas au scénario, mais à la maitrise technique de Rossen. En effet, il trouve toujours des angles originaux, des mouvements de caméra qui rendent le film regardable et qui compense l’absence quasi-totale d’extérieurs. Sans cela on s’ennuierait ferme. L’autre atout du film est Lee J. Cobb qui incarne le flic Koch de manière convaincante. Evelyn Keyes, alors la mariée à John Huston, donne un certain cachet à un rôle assez maigre. Elle sera tout de même bien meilleure et plus intéressante dans The prowler de Joseph Losey. Thomas Gomez est très bon. On le retrouvera plus tard dans le chef d’œuvre de Polonsky, Force of evil.

    On peut dire encore un mot sur Dick Powell qui est censé être la vedette du film, c’est lui qui incarne Johnny. Il balade son élégant ennui en long, en large et en travers. Son physique mollasson n’aide pas à nous faire comprendre la logique de sa détermination quand de temps à autre il se réveille et se décide à agir.

    Abrégeons, j’ai déjà été bien long sur ce petit film. Son seul intérêt est qu’il s’agit de la première réalisation de Robert Rossen. Ce qui est un brin insuffisant tout de même.

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    Johnny a tué son associé et doit se rendre

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    John Huston et Evelyn Keyes

    « Lettre d’adieu de Florence Bloch-Sérazin aux époux Touchet, Prison de Hambourg-Wallanlagen, 12 février 1943Annabelle Léna, Enfin (tous) réunis, Editions du Caïman, 2013 »
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