• L’inconnu du Nord express, Strangers on a train, Hitchcock, 1951

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    C’est un des films les plus célèbres d’Hitchcock, en tous les cas celui qui relancera ses affaires à Hollywood où il se trouvait en perte de vitesse. L’histoire est assez connue. Un tennisman amateur forcément très riche rencontre un psychopathe très riche aussi dans un train de luxe. Ils sympathisent  plus ou moins et Bruno qui a compris que Guy voulait divorcer lui propose d’échanger le meurtre de son père contre celui de sa femme. Evidemment les choses ne vont pas se dérouler selon le plan imaginé par Bruno car Guy se traîne un vieux fond de culpabilité qui l'empêche de passer à l'acte.

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     Bruno psychopathe trop riche rencontre Guy Tennisman amateur

     L’histoire a été adaptée de Patricia Highsmith et le grand Raymond Chandler a participé à l’élaboration d’un scénario, ce qui le dégoutera pour longtemps de travailler pour Hollywood. Et comme on le comprend ! Puisqu’en effet si le film s’inspire du livre de Patricia Highsmith, grande pourvoyeuse d’idées pour le cinéma, il en trahit aussi bien la lettre que l’esprit, faisant d’un drame noir une petite comédie insignifiante. Une des différences importantes et significatives est que dans l’ouvrage Guy fait sa part du marché passé avec Bruno, et donc ce passage à l'acte empêche l'histoire de sombrer dans un moralisme de pacotille. C'est en voyant ce type de film qu'on comprend pourtant mieux pourquoi Hitchcock a joui d'un si grand succès : il n'est pas dérangeant, très consensuel plutôt, c'est le pur film de divertissement.

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    Miriam ne veut pas divorcer et prétend même que l’enfant qu’elle porte d’un autre

    Rien n'est bon dans ce film : les acteurs surjouent en permanence, seuls Robert Walker dans le rôle du dégénéré Bruno retient l'attention et un peu aussi Laura Elliott dans le rôle de Miriam. il faut dire à la décharge des acteurs que la multiplication des transparences de mauvaise qualité n'aide pas beaucoup. Les personnages qui sont sensés être sympathiques, pour lesquels on devrait avoir un frisson, sont complètement ternes. Farley Granger est raide et transparent, Ruth Roman a l'air de se demander ce qu'elle fait dans le film. Leo G. Carroll, un habitué du cinéma d'Hitchcock joue sans conviction le rôle d'un sénateur plus ou moins imbu de sa personne, une sorte de républicain borné et assez idiot. Dans un second rôle d'une niaiserie sans limite, on trouve aussi la fille d'Alfred Hitchcock, aussi peu attrayante que son père du point de vue physique, elle se borne à écarquiller les yeux et à avoir la bouche comme pour attraper des mouches au passage.

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     Le sinistre Bruno suit Miriam à travers la fête foraine

     Quoique le film ne dure qu'une heure et demi environ, on trouve le temps long, deux scènes donnent ce sentiment d'ennui : d'une part la dérive au cœur de la fête foraine, et par ailleurs le match de tennis que livre Guy pour se forger plus ou moins un alibi. Le dénouement final est comme presque toujours chez Hitchcock tiré par les cheveux, il n'est ni crédible sur le plan factuel, et encore moins sur le plan de la psychologie. L'affrontement final sur le manège en folie est non seulement stupide mais aussi très mal filmé.

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    Bruno étrangle la perverse Miriam

    Malgré toutes ces remarques qui font de ce film un navet, il reste la patte d'Hitchcock, s'il n'est pas toujours capable de donner du rythme à une histoire sans grand intérêt, il a une grande capacité à filmer les ombres et les lumières, à trouver des angles intéressants. Mais cela n'empêche guère que le film ait énormément vieilli.

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    Barbara commence à percer à jour la personnalité de Bruno

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    C’est en pure perte qu’Anne va tenter de parler avec Bruno

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    Le forain se souvient finalement de Bruno et le dénonce à la police

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    Guy aura finalement le dessus dans son affrontement avec Bruno

    « Le masque arraché, Sudden fear, David Miller, 1952Thomas Kelly, Rackets, The rackets, Rivages, 2003 »
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