• La main noire, The black hand, Richard Thorpe, 1950

     

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    Richard Thorpe n’est pas un très grand réalisateur, il a plutôt donné dans la commande, abordant presque tous les genres. Il a cependant laissé quelques très bons films dont La vallée de la vengeance, Le prisonnier de Zenda ou encore un excellent western, Le pistolero de la rivière rouge. La main noire est une de ses rares incursions dans le domaine du film noir. La ressortie récente de ce film a donné lieu à des commentaires promotionnels dithyrambiques. Si c’est un bon film qui mérite le détour, c’est loin d’être un chef-d’œuvre.

    Le film présenté comme le premier rôle dramatique de Gene Kelly est un film traditionnel sur la mafia, ou plutôt sur les débuts de la mafia en tant qu’organisation criminelle structurée. Le père de Giovanni Columbo, avocat, est assassiné par la main noire alors qu’il se proposait de dénoncer les agissements de celle-ci. Son jeune fils va décider de le venger. Pour cela il s’alliera avec un policier, Louis Lorelli, qui est en fait une réplique fictionnelle d’un policier qui a réellement existé, Joseph Petrosino.

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    C’est probablement là que le film hésite un peu trop, entre d’un côté le jeune homme flamboyant, incarné par Gene Kelly, qui ne rêve que de vengeance, et le flic solitaire qui tisse peu à peu sa toile pour combattre le crime organisé. On a donc droit parfois à un film qui se veut très réaliste, décrivant minutieusement le travail de fourmi du policier, parcourant les rues misérables de la « Petite Italie », et parfois c’est un film d’aventure un rien sautillant, avec le sémillant Gene Kelly qui se lance dans la bagarre. La main noire est d’abord présentée comme une organisation criminelle un peu sauvage vivant du racket exorbitant des habitants de Little Italy. Elle pratique la terreur et n’hésite pas à mettre en œuvre une surenchère criminelle en posant des bombes et en incendiant des immeubles. Ce qui est assez intéressant c’est que le film va dévoiler qu’elle est le fait de citoyens qui au premier abord apparaissent comme des gens honnêtes et respectables, de bons petits bourgeois tranquilles. Mais ils s’appuient sur des criminels qui n’hésitent pas à menacer les témoins en plein tribunal.

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    On retiendra sur la plan purement cinématographique quelques scènes bienvenues : la montée du père de Giovanni vers la mort qui l’attend et bien sûr la scène de l’incendie final où on voit Gene Kelly poursuivre et tuer au milieu des flammes un gangster particulièrement malfaisant. Il y a également de beaux plans des rues vides lorsque Giovanni piste le criminel qui a enlevé le frère de sa fiancé.

    Le film se perd souvent dans des méandres sentimentaux : l’histoire d’amour entre Gene Kelly et Teresa Celli est un peu lourdingue et n’apporta pas grand-chose. De même les enlèvements d’enfants sont surchargés de larmes et de crises d’hystérie des femmes.  La corruption de la police n’est pas abordée – morale hollywoodienne oblige – on croit que ce va être le cas quand le père de Giacomo rencontre un policier qui le piège, mais on est déçu car ce n’est qu’un salopard de gangster qui a pris la place du bon policier attendu.

    On a présenté ce film comme très réaliste, ce n’est pas vraiment le cas. On lui préférera sur le même thème Pay or die de Richard Wilson

    Si Gene Kelly n’est pas très convaincant dans ce rôle dramatique, par contre J. Carrol Naish est excellent dans celui du policier obstiné et solitaire. Mais l’ensemble passe assez bien.

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