• La maison sous les arbres, René Clément, 1971


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    La maison sous les arbres est réalisé juste après Le passager de la pluie qui avait été un énorme succès international, et juste avant La course du lièvre à travers les champs qui fut également un très gros succès. C'est pourtant un échec à la fois public et critique. Et cet échec semble d'abord incomber au scénario qui est à la fois assez confus et assez mou. Je ne sais pas si c'est le manque de succès qui explique que ce film est aujourd'hui très difficile à trouver. Pour ma part j'ai pu le revoir dans une excellente version grâce à la gentillesse d'un lecteur de ce blog qui m'en a envoyé une copie.

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    Jill aime à se promener sur la Seine en compagnie des enfants et des mariniers

    C'est l'histoire d'un couple d'américains implantés depuis peu à Paris avec leurs deux enfants. Ce couple ne semble pas très solide et Jill, la femme paraît même perdre un peu la tête et le mari, semble la proie d'un chantage. Les tensions entre le couple sont ravivées par un entourage qui paraît très hostile. Pendant que se préparent les fêtes de Noël, les deux enfants disparaissent. Evidemment c'est pour augmenter la pression sur Philippe. La police va s'en mêler, et quelques temps après les enfants seront retrouvés sains et saufs.

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    Philippe reçoit une proposition difficile à refuser de la part d'un étranger 

    Cette trame en vaut bien une autre, mais le déroulement concret de l'histoire tire un peu trop vers le côté psychologique et moins vers le suspense, un peu comme si Daniel Boulanger et René Clément s'étaient désintéressés de l'histoire proprement dite. Le film est d'ailleurs tout entier centré sur le personnage de Jill, on essaie de comprendre sa solitude, sa fragilité psychologique, son enfermement dans le monde des objets. Ce personnage rappelle assez celui de Mélancolie dans Le passager de la pluie. Sauf qu'ici aucun autre personnage ne compense celui de Jill. Et donc les ficelles du scénario, ses lacunes se voient tout de suite, empêchent finalement de s'intéresser aux personnages.

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     Philippe semble s'être éloigné de Jill et de sa famille

    Bien sûr il y a Faye Dunaway, mais elle n'est pas très crédible, quand à Frank Langella qui tient le rôle de son mari, une sorte de faux Anthony Perkins, il est assez mauvais, guère intéressant. René Clément s'est souvent distingué par sa direction des enfants, mais ici il n'y a rien de particulier à en dire. Ça reste des enfants, et même quand le petit garçon tue sa gardienne d'un coup de revolver, on ne ressent guère d'émotion. Le film est bourré de scènes inutiles, notamment le personnage du psychanalyste qui n'apporte rien à l'histoire.

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    Les tentatives de Philippe pour se rapprocher de Jill sont maladroite

    Il me semble que c'est le plus mauvais film de René Clément qui n'en a pas fait tant que ça. On retiendra qu'un certain nombre de thèmes ressortent d'une thématique personnelle, le rapport des adultes aux enfants, la solitude d'une femme qui s'ennuie et qui peint pour tromper le temps. Mais également le thème de la baby sitter perverse, thème qui sera repris justement dans le dernier film de Clément, La baby sitter.

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    L'accident de Jill renforce l'idée qu'elle perd la tête

    Du point de vue cinématographique, on a de la peine à reconnaître la patte de René Clément. Bien sûr il y a une utilisation intéressante des décors, des écluses, des escaliers qui plongent vers la Seine, mais cela est plutôt maigre comme satisfaction.

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    Son analyste ne lui est de guère d'utilité

    Le film n'a pas eu de succès, ni même l'indulgence de la critique. Il semblerait qu'il ait été victime de la production elle-même. On aurait pu croire que René Clément était sur le déclin. Mais ce n'était qu'une impression fausse car l'année suivante, il allait tourner La course du lièvre à travers les champs qui, bien que ce ne soit pas son meilleur film, lui permit de retrouver aussi bien un vaste public que les honneurs de la critique, il est vrai qu'ici le scénario avait été construit avec Sébastien Japrisot.

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     Jill a acheté deux fois la même robe jaune, du moins c'est ce qu'elle croit

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     Les enfants s'amusent au guignol

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     Les enfants ont disparus, Jill les cherchent frénétiquement

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     La trouble Cynthia sera tuée après qu'elle ait récupéré les clés de la maison où sont retenus les enfants

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     C'est dans cette maison sous les arbres que les enfants seront retrouvés

    « Les amants du crime, Tomorrow is another day, Felix Feist, 1951Difficile adaptation de Jim Thompson Le guet-apens, The getaway, Sam Peckinpah, 1972 »
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