• La rançon de la peur, Milano Odia : la polizia non puo’ sparare, Umberto Lenzi, 1974

     La rançon de la peur, Milano Odia : la polizia non puo’ sparare, Umberto Lenzi, 1974 

    Au moins ce film montre clairement la spécificité du poliziesco all'italiana, il n’y a guère de complaisance, ni de romantisme avec les criminels comme on peut le voir dans les films américains ou les films français à la même époque. Ceux-ci sont montré comme de dangereux psychopathes n’ayant aucun autre but que le mal. Lenzi aurait même tendance à en rajouter dans la nécessité de purger radicalement la société de cette engeance. 

    La rançon de la peur, Milano Odia : la polizia non puo’ sparare, Umberto Lenzi, 1974 

    Giulio Sacchi participe à un hold-up 

    Giulio Sacchi est un petit délinquant qui conduit la voiture du gang de Maione. Mais sa nervosité est trop grande et parce qu’il est mal garé il attire l’attention de la police sur lui. Paniqué, il tue le policier. Il s’ensuit une course poursuite avec la police. Les gangsters s’en tirent pourtant, mais Maione ne pardonne pas Sacchi été lui donne une raclée en lui disant de l’oublier. Sacchi fréquente une jeune femme qui travaille comme secrétaire pour le richissime Porrino. Toujours à cours d’argent il va avoir l’idée de kidnapper la fille de celui-ci, espérant pouvoir récupérer 500 millions de lires dans l’affaire. Pour cela il va s’entourer de deux minables petits délinquants, Vittorio et Carmine qu’il arrive à impressionner avec son bagout. L’affaire part assez mal puisque Sacchi va commencer par tuer deux vieux receleurs qui leur vendent des armes pour commettre leur forfait. Ils vont enlever Marilu dans des conditions dramatiques, non seulement ils tuent Gianni son petit ami, mais celle-ci s’étant enfuie, ils vont massacrer les habitants d’une villa assez proche. Devant cette débauche de meurtres, le commissaire Grandi prend l’affaire en mains. Et tandis que Sacchi négocie la rançon, alors qu’il commence à être soupçonné par la police, il se construit un alibi en faisant chanter outrageusement Maione. Sacchi ne veut pas laisser de traces, il projette d’ailleurs de tuer aussi Marilu, mais d’un même mouvement il assassine aussi sa fiancée Jone. Malgré les réticences, Grandi qui est de plus en plus persuadé que Sacchi est le coupable, va remplacer Porrino pour la livraison de la rançon. Sacchi assassine Marilu puis ses deux complices et va se réfugier chez Maione. Les preuves étant insuffisantes pour condamner Sacchi, celui-ci est relâché. Mais Grandi ne se tient pas pour battu, il va aller provoquer Sacchi et il finira par le tuer.

     La rançon de la peur, Milano Odia : la polizia non puo’ sparare, Umberto Lenzi, 1974 

    La police poursuit les gangsters 

    La réalisation est soignée et l’utilisation des décors réels de Milan est très astucieuse car elle donne à comprendre mieux encore que de grands discours comment la délinquance prend racine dans les formes délétères de l’urbanisme débridé. Les délinquants sont minables et drogués, Sacchi qui se prend pour le cerveau ne vise finalement qu’à épater son entourage à peu de frais. Son discours sur les inégalités sociales ne convainc personne et sans doute pas lui-même. Il n’apparait que comme le cache misère de la dégénérescence d’un individu livré à ses pulsions. La manière dont il est énoncé liquide d’un seul coup une explication de type sociologique comme excuse et fait ressortir au contraire le peu d’humanité de cette racaille. Le film est cru, dans le langage comme dans l’action, les deux complices de Sacchi admirent malgré tout l’amoralisme de cet imbécile qu’ils se sont choisis comme chef. La façon crapuleuse dont ils se livrent dans la villa à des exactions barbares en dit long sur leur caractère veule. Mais ils sont tous les trois à des degrés divers complètement abrutis, à la bêtise ils ajoutent volontiers le mensonge et le goût de la trahison. Sacchi réunissant tous les défauts qu’on peut imaginer chez un délinquant. Notez qu'à cette époque les kidnappings d'enfants de milliardaires sont nombreux en Italie.

    La rançon de la peur, Milano Odia : la polizia non puo’ sparare, Umberto Lenzi, 1974 

    Sacchi tente de se faire admirer auprès des petits délinquants de son quartier 

    Filmé en cinémascope, la profondeur de champ est excellente, la lumière crépusculaire, et cela donne un aspect néo-réaliste à l’ensemble. Pour ceux qui connaissent le Milan d’aujourd’hui, ils seront surpris de voir le côté délabré de la ville. Le rythme est aussi très bon, même si vers la fin cela se ralentit un petit peu quand il faut démontrer l’astucieuse la manière imaginée par Sacchi pour récupérer le montant de la rançon. La course poursuite consécutive au hold-up qui ouvre le film est rondement menée, et l’analyse des relations entre Jone et Sacchi parfaitement exploitée : en effet on y remarque la louche complaisance de la jeune femme pour ce petit criminel sans envergure complètement tordu qu’elle entretient aussi. Les délinquants vivent dans les redents de la civilisation, un peu en marge, et c’est parmi les ordures de la ville que Grandi ira à la recherche de Sacchi pour le tuer. Les scènes où l’on voit Sacchi fanfaronner auprès d’un public acquis à sa dévotion sont également remarquables de justesse psychologique. 

    La rançon de la peur, Milano Odia : la polizia non puo’ sparare, Umberto Lenzi, 1974 

    Ils récupèrent Marilu dans une villa où elle s’est réfugiée 

    La distribution est intéressante. D’abord il y a Thomas Milian dans le rôle de Sacchi. Il cabotine beaucoup et endosse un personnage qu’il trimbalera au fil du temps dans d’autres films policiers ou dans des westerns spaghetti. Ça n’est pas très grave cependant parce qu’en réalité il interprète un grand cabotin. Donc on peut dire qu’il est parfait dans le rôle. Henry Silva qui a aussi produit le film interprète le commissaire Grandi, à sa manière, impavide sous l’outrage, il est froid et déterminé. Les deux acolytes de Sacchi, sont interprétés par Ray Lovelock et Gino Santercole, ils représentent les deux faces d’une même veulerie. Anita Strinberg dans le rôle de la petite amie de Sacchi est excellente également

    La rançon de la peur, Milano Odia : la polizia non puo’ sparare, Umberto Lenzi, 1974 

    Sacchi ruse pour déjouer les plans de la police  

    C’est donc un très bon Lenzi, peut-être un de ses meilleurs dans le genre polliziottesco. Il n’est pas exempt de défauts pourtant, et on peut regretter une fin abrupte et bâclée.  On soulignera la bonne bande son, la musique étant signée de l’inévitable Ennio Morricone.

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