• La seconde vérité, Christian-Jaque, 1966

    La seconde vérité, Christian-Jaque, 1966 

    Voilà un film très rare qui, à ma connaissance, n’a jamais été réédité en K7 ou en DVD. Aussi j’ai eu bien du mal à en trouver une copie propre. Le film n’avait d’ailleurs pas très bien marché à sa sortie. Pourtant il avait misé sur un vieux routier de la pellicule, le très sous-estimé Christian Jaque dont il faudra un jour réévalué la carrière. La distribution était aussi de qualité. A cette époque, et dans la lignée des grands succès des Angélique, Robert Hossein et Michèle Mercier avaient pris l’habitude de tourner ensemble. Ils seront encore réunis sur le très bon western Une corde, un colt réalisé par Robert Hossein lui-même.

    La seconde vérité, Christian-Jaque, 1966 

    La seconde vérité est basé sur le roman de Jean Laborde, Un homme à part entière. Il avait déjà fourni la matière pour un autre film de Christian-Jaque, Les bonnes causes, qui prenait comme sujet encore le monde judiciaire. Ce film avait été un grand succès critique et public. Jean Laborde était un chroniqueur judiciaire, et la plupart de ses romans sont situés dans ce milieu à la fois bourgeois et un peu canaille. Mais il est connu également sous d’autres noms, Jean Delion, il publia des ouvrages d’espionnage chez Plon et Gallimard, et Raph Vallet, pseudonyme qui lui permity en quelque sorte de prendre le tournant du néo-polar comme forme de critique de la société. Sous ce dernier nom il donna à la Série noire Mort d’un pourri et Adieu poulet, qui tous deux furent adaptés à l’écran avec succès. C’est donc un vieux routier de la production polardière. Il eut aussi une activité de scénariste non négligeable puisqu’il travailla par exemple pour Verneuil sur Peur sur la ville. Toutefois il n’est pas ici l’adaptateur de son roman, cette tache a été confiée à Paul Andreota, lui aussi un specialiste du film policier et de Jean Laborde dont il avait adapté Les bonnes causes et dont il adoptera encore Les assassins de l’ordre pour Marcel Carné. 

    La seconde vérité, Christian-Jaque, 1966  

    L’avocat Pierre Montaud est accusé du meurtre de l’ancien amant de Nathalie 

    Pierre Montaud est un avocat célèbre dans la bonne ville de Dijon. Rencontrant par hasard la jeune étudiante Nathalie Neuville, il va nourrir pour elle une véritable passion. Mais elle-même avait auparavant une liaison avec le jeune Olivier et Pierre Montaud est marié. La situation se complique rapidement. Les atermoiements de Pierre sont destructeurs et lassent Nathalie qui décide de rompre. Mais Olivier est assassiné avec le révolver de Pierre. Tout accuse donc celui-ci et le juge l’envoie en prison. Il va y rester de longs mois, mais un élément décisif va le faire acquitter, sa secrétaire a découvert qu’on avait sans doute cambriolé son bureau et donc cela laisse la possibilité que qulqu’un ait dérobé l’arme et s’en soit servi. Libéré de prison, Pierre va essayer de retrouver le vrai coupable. Sa femme l’a quitté, et sa réputation est ternie. Les choses ne sont pas simples cependant, parce que Pierre semble pendant un moment avoir perdu la tête et oublié ce qu’il avait bien pu faire. Il va cependant reprendre sa liaison avec Nathalie. Evidemment si la première vérité laissait entendre que Pierre était coupable, la seconde vérité le dédouanera.

     La seconde vérité, Christian-Jaque, 1966 

    La relation entre Pierre et Nathalie est pleine de promesses 

    Ce type de scénario, assez daté tout de même, possède plusieurs aspects, d’une part il y a une intrigue policière, à vrai dire assez légère. Ensuite il y a la description d’une bourgeoisie un peu arrogante et assez coincée. C’est pourquoi on choisit la ville de Dijon qui à l’époque était le symbole de la ville dprovince très bourgeoise. Et puis il y a ensuite la description d’une passion amoureuse desctructrice et sans avenir. C’est l’aspect le plus intéressant du film. C’est ce qui lui donne cet aspect « film noir ». l’avocat possède un double aspect, à la fois passionné et amourreux jusqu’à en perdre la raison, et de l’autre arrogant et impitoyable avec ses subordonnés. Sa relation avec nathalie ne le guérira pas de cette maladie.

     La seconde vérité, Christian-Jaque, 1966 

    Bientôt Nathalie ne supporte plus d’être reléguée au simple rang d’amante 

    L’interprétation est dominée par Robert Hossein, ici affublé de lunettes. Il est très bon, maniant séduction, douleur et arrogance. Le personnage de Nathalie est interprété par Michèle Mercier, très grande vedette à l’époque, qui a bien du mal à se faire passer pour une jeune étudiante en médecine. Pas qu’elle joue mal, mais elle avait déjà passé l’âge. Elle aussi a été transformée, elle a les cheveux blonds et courts – peut-être une perruque ? C’est une actrice dont la carrière n’a pas été à la hauteur de son talent. Elle n’a pas su faire les bons choix au bon moment. Mais on se souviendra d’elle dans L’aîné des Ferchaux de Melville. Ici elle conserve pourtant une puissance dramatique intéressante. Les seconds rôles sont très bons, le regretté jean-François Rolland dont ce sera le dernier film est cet amant jaloux qui sera assassiné. Et puis il y a Bernard Tiphaine qui joue les ubordonnés faux-cul de Montaud. Il a l’air tellement sourn ois qu’onpense tout de suite que c’est lui qui a tué.

     La seconde vérité, Christian-Jaque, 1966 

    Tout désigne Pierre comme le meurtrier 

    La réalisation est assez curieuse, elle n’a pas le brillant des Bonnes causes. Si la mise en scène rend bien compte du caractère étriqué de la ville de province, avec une belle capacité à saisir les décors, beaucoup de plans sont gâchés par des bizareries de cadrages. En effet, un grand nombre de scènes sont penchées. Mais l’ensemble reste plutôt bien rythmé et si la fin est assez téléphonée, la tension est soutenue jusqu’au dénouement final.

     

    La seconde vérité, Christian-Jaque, 1966

    En prison Pierre prépare son procès avec un ami avocat 

    On peut très bien revoir ce film aujourd’hui sans ennui à la fois parce qu’il exemplaire d’un certain cinéma des années soixante que parce qu’il démontre toute l’étendue du talent de Robert Hossein. Et puis à travers ce film rare cela nous donne l’occasion de saluer Christian-Jaque.

    La seconde vérité, Christian-Jaque, 1966  

    Pierre est acquité

     La seconde vérité, Christian-Jaque, 1966 

    Pierre interroge Vaden pour essayer de comprendre qui est le coupable

     La seconde vérité, Christian-Jaque, 1966 

    Pour laver son honneur Pierre veut trouver le coupable

    « Association criminelle, The big combo, Joseph H. Lewis, 1955 Une incroyable histoire, The windows, Ted Tetzlaff, 1949 »
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