• La valse des truands, Marlowe, 1969

    La valse des truands, Marlowe, 1969 

    Le personnage de Philip Marlowe a été maintes fois adapté à l’écran et à la télévision. Chandler est bien sûr un des grands maîtres du roman noir. Ici il s’agit de porter à l’écran The little sister, bêtement traduit à la Série noire par Fais pas ta rosière ! A l’époque où cette réalisation voit le jour, nous nous trouvons dans une période de retour en grâce du privé dans les projets hollywoodiens. Harper avec Paul Newman a été un très grand succès. Le livre est d’ailleurs très bon, il croise plusieurs enquêtes de Marlowe qui toutes vont le mener vers les mêmes coupables. C’est un drame assez terrible avec des histoires de famille à tiroir, avec en toile de fonds Hollywood et ses truands. Le point de départ est l’engagement de Marlowe par une jeune fille assez peu délurée qui, débarquant de son Kansas natal, ne semble pas avoir très bien compris dans quel monde elle se trouvait. Elle souhaite retrouver son frère. Mais cette enquête banale va déboucher sur une tentative de chantage, des menaces de la part de truands de haut vol, le tout ponctué de meurtres au pic à glace.

      

    La valse des truands, Marlowe, 1969

    L’ensemble est assez raté, et du reste il est assez rare que les adaptations cinématographiques de Marlowe aient été bonnes, The long good bye d’Altman n’est d’ailleurs pas très bon. Le premier point est que le scénario est assez discutable, les scénaristes se sont permis de corriger les intentions de Chandler, probablement en pensant que cela donnerait un coup de jeune à cette histoire. Le roman ayant été écrit à la fin des années quarante, il a fallu évidemment justifier le tournage dans le Los Angeles de 1969. Ici Marlowe devient un séducteur, affublé d’une « fiancée », il se fait draguer tout azimut et ne semble guère fidèle. Ou encore il doit affronter un petit Chinois mauvais comme une teigne. Malgré cela on retrouve quelques obsessions de Chandler, le coiffeur homosexuel ou le docteur véreux qui administre des drogues.

    La valse des truands, Marlowe, 1969  

    Marlowe découvre un cadavre et appelle la police 

    La réalisation non plus n’est pas à la hauteur. Paul Bogart a surtout été un réalisateur de télévision. Il n’a fait que quelques incursions dans le cinéma. Et ça se sent ! Il y a beaucoup de choses à lui reprocher, et d’abord une incapacité à utiliser le décor très particulier de Los Angeles. Cela pourrait se passer ailleurs. Alors que les romans de Chandler sont toujours très bien situés géographiquement : ils ne peuvent se passer qu’ici. Ce manque de spatialité est d’ailleurs peut-être la pire trahison. Curieusement le film est assez peu « noir », il reste dans le registre un peu ronronant du simple polar. L’ouvrage insiste du reste sur le côté neurasthénique des deux sœurs, alors que dans le film la « peite sœur » apparaît simplement comme un peu dérangée. Le film n’est pas très bien photographié, c’est pourtant un film avec un budget important.  Même la musique est laide et envahissante.

     

    La valse des truands, Marlowe, 1969

    Un Chinois à l’air mauvais menace Marlowe s’il ne cesse pas son enquête 

    La distribution n’est pas en cause, certes james Garner n’est sûrement pas le Marlowe idéal, il lui manque un peu ce côté désabusé. Mais il n’est pas mal, surtout il ressemble assez à la description que Chandler donnait de son héros. La belle Gayle Hunnicutt interprète Mavis, et Sharon Farrell sa petite sœur. Cette dernière est assez convaincante dans le rôle de la petite peste, avare et vindicative. On reconnaitra au passage Bruce Lee dans un rôle un peu ridicule d’homme de main nerveux qui se défénestrera pour cause de grosse colère. Le reste de la distribution se sont de vieux routiers de la pellicule.

    La valse des truands, Marlowe, 1969  

    En Dolores Marlowe pense avoir trouvé une alliée

    La valse des truands, Marlowe, 1969  

    Marlowe va sauver la mise à Mavis 

    Ce n’est pas encore pour aujourd’hui qu’on aura une bonne adaptation de l’univers de Chandler. Et l’époque étant passée, il est probable que celle-ci ne verra jamais le jour. Une reconstitution historique du Los Angeles de Chandler est tout siimplement impensable, non seulement elel serait trop onéreuse, mais elle risquerait d’avoir l’air un peu « toc ». Pour cambattre cette frustration il vaut mieux encore retourner à la lecture de l’œuvre de Raymond Chandler.

    La valse des truands, Marlowe, 1969  

    Le final aura lieu dans un cabaret où Dolores gagne sa vie en se déshabillant

    « L’indic n° 20, mars-mai 2015Nouvelles de Frédéric Dard, auteur de romans noirs »
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