• Le doulos, Jean-Pierre Melville, 1962

     Le doulos, Jean-Pierre Melville, 1962

    Ce n’est pas tout à fait le premier film noir de Melville, avant il y a eu Bob le flambeur[1], et Deux hommes dans Manhattan[2], et même encore avant Quand tu liras cette lettre que Melville présentait comme une commande, un film de circonstance, et qu’il n’aimait pas[3]. Curieusement j’aime bien ce dernier film. Mais enfin, c’est seulement avec Le doulos que Melville va trouver véritablement sa voie, son style si particulier qui va le faire identifier dans le monde entier comme un maître du film noir. Léon Morin prêtre qui fut un bon succès public, avait déjà confirmé une épuration stylistique où se recyclait toute une grammaire apprise dans la fréquentation des films noirs américains. Ici, le support va être trouvé dans un roman de Série noire, le premier roman de Pierre Lesou. Cet excellent roman, écrit avec des formules argotiques abondantes, est d’autant plus important dans la réalisation du film que Melville va en suivre le déroulé pas à pas. Lesou appartient à cette famille particulière de romanciers, Auguste Le Breton, Albert Simonin ou José Giovanni, qui ont fait de la peinture du milieu, le Pigalle d’après-guerre, un véhicule pour la tragédie. En ce sens, Lesou est le plus proche disciple de José Giovanni. Comme ce dernier, il ne passe pas son temps à glorifier le milieu, bien au contraire, il dépeint une communauté opportuniste où on passe son temps à se faire des coups dans le dos, et où on ne s’embarrasse pas d’une fausse morale fut-elle celle du milieu. Jean-Pierre Melville qui a emprunté son nom à Herman Melville, l’auteur de Pierre ou les ambigüités, a fait de l’ambiguïté, à partir du Doulos, justement le support de son œuvre. C’est ça qui l’intéresse chez Lesou. Dans cette sombre histoire de voyous fatigués, la trahison est le maître mot. Maurice Faugel assassine Gilbert Varnove qui pourtant l’a recueilli et aidé à sa sortie de prison, Silien balance Faugel au nom de son amitié avec Salignari, il rosse la femme de Faugel, et l’assassine froidement. Et pourtant Silien comme Maurice se posent des questions et agissent aussi dans la célébration d’une amitié virile. Evidemment dans un tel univers, le mensonge est monnaie courante, aussi bien chez les voyous que chez les policiers qui les traquent. 

    Le doulos, Jean-Pierre Melville, 1962 

    Maurice Faugel qui vient de sortir de prison a l’idée de braquer et d’assassiner le receleur Gilbert Varnove qui pourtant l’a recueilli et aidé à sa sortie de prison où il vient de passer quatre ans. Il vole, en sus de l’argent, les bijoux d’un casse commis sur l’avenue Mozart par Nuttheccio et sa bande. Il cache son butin au pied d’un réverbère et s’en retourne tranquillement chez lui. Il a rendez-vous avec Silien, celui-ci doit lui fournir du matériel pour percer un coffre dans une villa de banlieue. La femme de Faugel, Thérèse, a été faire les repérages et le renseigne. Mais pendant que Faugel et Rémy son complice s’en vont sur le casse, Silien revient chez Faugel, bat sa femme méchamment pour lui faire avouer le lieu du casse. Face à cette violence, elle parle. Silien va s’empresser de téléphoner à son ami l’inspecteur Salignari. Sur le casse, tandis que Rémy commence à percer le coffre, Faugel repère des policiers qui prennent position sur l’avenue. Les deux truands doivent abandonner le matériel sur place et s’enfuir. Mais la police est là. Salignari tire sur Rémy et l’abat. Faugel a son tour reçoit une balle, mais il parvient à tuer le policier et s’enfuit. Il s’évanouit au milieu de l’avenue. Une voiture cependant arrive pour le soustraire à la police. Blessé, il se réveille chez Anita. Un médecin le soigne, lui extrait une balle de l’épaule et lui recommande le repos. Mais Maurice comprend qu’il a été trahi et s’habille pour tenter de retrouver celui qui l’a balancé. Il soupçonne Silien. Pendant ce temps la police drague dans Paris. Le commissaire Clain ramasse Silien et lui demande des comptes. Silien refuse de parler, arguant qu’il ne sait rien de la fusillade, et que s’il renseignait Salignari, il n’y a aucune raison pour qu’il continue avec la police. Clain cependant le fait chanter, il lui demande en échange de localiser Faugel. C’est ce qu’il va faire. Maurice se fait donc embarquer et cuisiner par les flics. Mais il ne dit rien et file en prison. Tandis qu’il s’y morfond, Silien va monter une combine pour faire accuser Nuttheccio à la fois du meurtre de Varnove, et du casse de l’avenue Mozart. Pour atteindre Nuttheccio, il va renouer avec Fabienne avec qui il avait eu une liaison. Il la manipule, s’introduit chez Nuttheccio après avoir récupéré par le biais d’Anita le plan où sont planqués les bijoux et l’argent. Il va abattre Nuttheccio et Armand, mettant en scène un faux règlement de compte devant le coffre grand ouvert d’où il emportera le liquide qui s’y trouve. Tout cela va permettre à Faugel de sortir de prison. Mais entre-temps celui-ci a convaincu Kern, un camarade de cellule, d’abattre Silien contre une somme de deux millions – soit l’argent qu’il a volé à Varnove. Faugel retrouve Silien, et celui-ci donne des explications vaseuses à propos de Thérèse qui l’aurait vendu à la police, mais il explique que c’est lui qui a récupéré Faugel sur l’avenue et donc lui a sauvé la vie. Il déclare par ailleurs qu’il va se retirer dans sa propriété avec Fabienne et que la vie de truand, il en a un peu assez. Mais Faugel se rend compte une fois que Silien est parti qu’il a mis un contrat sur sa tête. Il emprunte la voiture de Jean. Mais Kern est sur place et quand Maurice arrive, le confondant avec Silien, il l’abat. Silien arrive sur ces entrefaites il va découvrir Maurice mourant, il abat Kern à son tour, mais ce dernier a le temps de le tuer. 

    Le doulos, Jean-Pierre Melville, 1962 

    Maurice se rend chez Gilbert, le fourgue 

    En exergue de son film Melville écrit « Il faut choisir… Mourir ou mentir ? », formule trouvée chez Céline qui avait choisi lui de vivre à n’importe quel prix. C’est une manière de philosopher, de donner quelque référence intellectuelle, qui va devenir une constante chez lui. En réalité nos truands mentent et meurent, et ils n’ont pas vraiment le choix. C’est donc un récit extrêmement pessimiste puisque si les deux principaux protagonistes passent leur temps à célébrer l’amitié virile, ils le passent aussi à la trahir. Il est extrêmement difficile de trouver quelque qualité morale à Faugel comme à Silien. Faugel tue et trahit Varnove, sans doute parce que celui-ci a été trop bon avec lui. Silien trahit Faugel, mais il s’en prend aussi à Nuttheccio dont il est manifestement jaloux à cause de Fabienne. De Nuttheccio on ne sait rien, mais en apparence, c’est tout de même lui le truand le plus propre de cette histoire. Marionnettes agitées par la passion de l’argent et l’envie de jouir de la vie sans travailler, ils plient devant les exigences de leur curieux métier. Kern lui aussi veut de la galette pour pouvoir se retirer et ouvrir un petit bistrot. Silien a des rêves de bourgeois, avoir une belle propriété, une belle femme, de beaux chevaux et une belle voiture. Mais le prix de cela est extrêmement élevé, non seulement parce qu’on y risque sa vie, mais aussi parce qu’on y perd nécessairement son honneur. Le thème général est donc cette impossibilité d’être fidèle à soi-même, cette distanciation entre ce qu’on donne à voir de ce qu’on voudrait être et ce qu’on est réellement. Maurice Faugel est un con, naïf et faible, il se laisse manipuler par le rusé Silien. Dans l’ouvrage Lesou l’appelle Silien-moelle-d’ours. C’est une très belle trouvaille que Melville ne pourra pas reprendre. Mais Silien, à force de ruses et de manipulations se retrouve tout seul, vide et creux, réduit au silence définitivement par la brute Kern qui applique juste le contrat. 

    Le doulos, Jean-Pierre Melville, 1962

    Silien torture Thérèse 

    La logique des policiers est plus compréhensible. En effet, ils usent de tout ce qu’ils peuvent, y compris le mensonge et le chantage pour arriver à leurs fins. Quel but poursuit Clain ? Celui de venger Salignari ? De coffrer les truands pour rétablir un peu d’ordre ?  Ou simplement de montrer que l’institution est plus forte que l’individualisme forcené des truands ? Melville va emprunter à Lesou cette misogynie qui ravale les femmes au rang d’objet sexuel. Les relations amoureuses et les trahisons véritables se passent entre hommes. Mais comme Lesou dans tous ses romans ou presque, Melville rêve d’une forme d’amitié qu’il sait ne pas pouvoir exister. Cet aspect est peut-être le plus intéressant. En effet, la quête d’une amitié virile et solide, à la vie à la mort, est une impossibilité. Mais pourtant cette quête impossible est aussi nécessaire pour justifier tout le reste, les casses, l’accumulation des richesses, et même les trahisons. Les truands ne trouvent leur raison d’être que dans la mort. Leur vie est sinon sans repos. C’est pour cela qu’ils ne peuvent pas dételer ou même se consacrer à la gestion de leurs bars et de leurs affaires. Nuttheccio est riche et puissant, mais il continue pourtant les braquages, pour se prouver à lui-même qu’il existe encore. A la différence de Silien et de Faugel, Nuttheccio navigue en bande, il est très entouré et sûr de lui. C’est le personnage le plus énigmatique du film. Même sans Fabienne, Silien aurait été jaloux de lui. 

    Le doulos, Jean-Pierre Melville, 1962 

    Clain veut que Silien l’aide à repérer Faugel 

    C’est avec ce film que Melville va trouver définitivement son style, ce style fait d’ellipses et fluidité dans la mise en scène. Evidemment comme il connait déjà parfaitement le film noir américain, il est capable de s’en réapproprier les codes principaux. La dramatisation de l’histoire est consolidée par une maitrise très grande de la longueur des plans. Déjà le plan d’ouverture sur lequel se déroule le générique raconte une histoire particulière, celle des hésitations de Faugel qui s’apprête à descendre Varnove. C’est un long travelling arrière et latéral qui enserre Serge Reggiani dans un décor urbain désolé fait de ponts et de voies ferrées, de structures en acier et en béton. Les diagonales que Melville en tire nous permettent de le situer sur une pente mauvaise et fatale. Des scènes remarquables il y en a beaucoup. Notamment celle de l’interrogatoire de Faugel par le commissaire Clain. Melville a raconté cette prouesse à Rui Nogueira[4], comment il a tourné autour de Serge Reggiani en un seul plan séquence d’un peu plus de neuf minutes trente-huit secondes. Et en effet on peut voir ce film uniquement aussi pour cette prouesse. Melville se joue aussi des ombres, et pas seulement celles qui sont suggérées par la nuit. La première fois qu’on voir Silien, c’est quand celui-ci vient livrer les outils pour ouvrir le coffre. Filmé à contrejour, Belmondo n’est alors qu’une silhouette floue, une image sans identité qui va s’animer. Mais le fait qu’il apparaisse dans l’ombre signifie déjà son ambigüité et le peu de confiance qu’on peut avoir en lui. Les transparences lorsque les voitures roulent dans la nuit, ou sous la pluie, si elles sont dans leur manière aussi empruntées au film noir, sont tout de même un peu moins réussies. Mais c’est le cas aussi chez Hitchcock après tout et à l’époque on s’en contentait. Les décors sont très bien choisis, de la maison délabrée de Varnove qui brasse des millions à ces coins désolés de banlieue, mais aussi dans la conception des décors des salles de police ou des bars à truands. Dans la confrontation entre Silien et Nuttheccio, il y a un changement d’angles de prises de vue qui permet de dépasser les formes traditionnelles du champ, contrechamp, tout en augmentant la tension entre les deux hommes. Nuttheccio hésite entre la peur qu’il ressent de faire tuer, et l’envie qu’il a de sauter à la gorge de Silien. 

    Le doulos, Jean-Pierre Melville, 1962

    L’interrogatoire de Faugel le conduit en prison 

    Dans la manière de filmer, par exemple en utilisant le traditionnel flash-back du film noir, Melville va jouer encore un peu plus sur l’ambigüité et donc sur la distance qu’il peut y avoir dans la présentation d’une vérité bien peu univoque[5]. D’abord parce que les flash-backs sont racontés par Faugel et par Silien. A cette occasion, on voit bien qu’ils mentent tous les deux. Faugel lorsqu’il raconte le meurtre de Varnove, et Silien lorsqu’il raconte la manière dont il a soi-disant sauvé Faugel, faisant mine d’apporter ainsi la preuve que Thérèse était bien une indicatrice. Ces mensonges répétés laissent planer le doute sur les véritables sentiments que Silien professe à l’endroit de Faugel dont il prétend être l’ami fidèle, comme Faugel prétendait être l’ami fidèle de Varnove. A tout prendre les femmes, Thérèse et Fabienne semblent beaucoup plus sincères, même si leur naïveté les pousse à croire les mensonges que leurs hommes professent, et qu’elles s’apprêtent à répéter sans précaution. Mais au-delà, il faut bien se poser la question du fait que la vérité est bien une chose tout à fait relative, dépendante de la position qu’occupe celui qui raconte. C’est donc bien une manière particulière d’utiliser le flash-back ici. Notez également d’autres tics du film noir qui sont recyclés ici. D’abord les miroirs, et il y a une surabondance de miroirs. C’est quand Faugel ou Silien mentent sans vergogne que leur image se reflète dans un miroir. Comme s’ils avaient du mal à se reconnaitre dans cette indignité. Dans le film noir classique le miroir est très souvent associé au mensonge, ou à la perte de la mémoire. Quand dans le dernier plan Silien qui va mourir se retrouve face à son portrait dans le miroir, c’est un peu comme s’il cherchait à s’oublier lui-même, tant son existence même l’a déçu. Faugel lui voit son image reflétée dans un miroir brisé, et c’est donc son reflet très incertain et cabossé qui se retrouve face à lui-même. Ajoutons que Melville utilise la nuit comme une couleur particulière dans un film en noir et blanc. Il connait par cœur la logique de ces ombres flottantes qui semblent se détacher de leurs propriétaires. Le génie de Melville est, outre sa précision dans la mise en scène, dans l’usage presque détourné des codes du film noir. Cela va être bien plus flagrant dans les films suivants. Il peut très bien solliciter des figures vues cent fois ailleurs, il reste toujours singulier et original. La longue séquence qui amène Silien à s’introduire chez Nuttheccio, à peine éclairée par la lampe électrique qu’il porte, est à ce titre remarquable, y compris dans les éclairages latéraux et le point lumineux en surplomb, il surgit alors un contraste édifiant avec ce qui se passe au dehors, sous le soleil, avec des gens qui vont, qui viennent, sans se douter des drames qui se nouent à proximité. Notez la référence à Asphalt Jungle, un des films préférés de Melville, avec les chevaux comme rêve d’un ailleurs qui n’existe peut-être pas. Il y a des tics du film noir que Melville utilise, par exemple, les stores vénitiens dans un bureau de la police française ! Ou encore cette manière de filmer les escaliers. Mais il y en a d’autres qu’il écarte. Dans aucun de ses films noirs on ne trouvera ce point lumineux flottant au-dessus de la tête des protagonistes. Je me suis demandé si c’était un fait exprès, sachant que Melville se revendiquait d’un athéisme radical, et que ce point lumineux au fond représente une conscience presque religieuse. 

     Le doulos, Jean-Pierre Melville, 1962

    Silien braque Nuttheccio 

    C’est un film avec un budget solide et une belle distribution. Jean-Paul Belmondo qui à l’époque est en train de devenir une très grosse vedette en France comme en Italie est Silien. C’était le deuxième film qu’il tournait avec Melville après le succès de Léon Morin prêtre. Le film est produit conjointement par Carlo Ponti qui avait déjà engagé Belmondo sur La Ciociara, et Georges de Beauregard qui était le producteur d’A bout de souffle. Il est très bon, quoi que parfois il se laisse aller à des facéties comme lorsqu’il interroge cruellement Thérèse, qui plombe un peu le personnage. Il est excellent dans ses affrontements avec Clain. Serge Reggiani c’est Faugel, le perdant né. Il manque un peu de carrure et son physique nous empêche de croire qu’il est un vrai dur. C’est selon moi le point faible de la distribution, mais Melville le voulait, et il voudra d’ailleurs l’employer dans Le deuxième souffle dans le rôle de Gu, dans le premier montage qu’il fit pour mettre en œuvre ce film. Ce ne sont pas ses qualités d’acteur qui sont en cause, mais son physique assez peu adéquat au personnage imaginé par Lesou. Et puis il y a l’excellent Jean Desailly dans un rôle assez inhabituel pour lui de flic pugnace et rusé. Il est Clain, froid et calculateur. Et c’est ce personnage qui plus tard inspirera celui du commissaire joué par François Perrier dans Le samouraï. Il retrouvera Melville pour Un flic en 1972. Michel Piccoli est aussi très bon dans le rôle de Nuttheccio qui n’en revient pas que la jalousie de Silien le pousse à le braquer, transgressant les règles les plus élémentaires du milieu. Mais bien que son rôle soit étroit, il est marquant. A côté de ce quatuor, il y a des figures qui reviennent un peu tout le temps dans les films de Melville, Karl Studer, Jacques Léonard, Jacques de Léon, etc. Les femmes sont réduites à la portion congrue. Il y a Fabienne Dali dans le rôle de Fabienne et puis Monique Hennessy qui dans la vie était la secrétaire de Melville, et peut-être plus, et qui ne tournera pratiquement pas. Elles sont volontairement choisies pour leurs qualités décoratives, tout en représentant les filles à truands de cette époque. N’oubliez pas non plus le très bon René Lefèvre. Célèbre avant-guerre, il est ici d’une grande présence dans le rôle de Varnove. 

    Le doulos, Jean-Pierre Melville, 1962 

    Jean se fait arrêter pour le meurtre de Thérèse 

    Le film est devenu, à juste titre, un classique du film noir. Ce fut à sa sortie un bon succès public en France et un peu de partout en Europe et la critique louera la sureté de la mise en scène, un peu comme si elle découvrait les vertus du film noir, alors qu’elle était passée à côté d’un grand nombre de films noirs français comme américains. Ce changement de pied était peut-être dû à un changement de génération.  C’est un film qu’on peut revoir et qui ne se démode pas bien qu’aujourd’hui il ait presque une soixantaine d’années. Ce film a beaucoup fait pour donner en France ses lettres de noblesse au film noir comme quintessence de la tragédie à l’époque moderne. Remarquez que Melville a très peu tourné, une douzaine de films sur l’ensemble de sa carrière, ce qui veut dire qu’il travaillait beaucoup en amont et qu’il avait des exigences qui parfois pouvait le rendre plus que pénible sur les tournages et à ses producteurs. La musique est jazzy, comme dans le reste de ses films noirs, et la photo également très bonne, quoique sans fioriture. Par la suite Melville travaillera une photo beaucoup plus élaborée. Les éditions Blu ray de ce film se sont multipliées, ce qui permet de mieux apprécier encore le jeu des lumières. 

    Le doulos, Jean-Pierre Melville, 1962 

    Silien abat Kern 

    Le doulos, Jean-Pierre Melville, 1962

    Melville dirigeant Serge Reggiani 

    Le doulos, Jean-Pierre Melville, 1962 

    Jean-Paul Belmondo et Jean-Pierre Melville sur le tournage du Doulos



    [4] Le cinéma selon Melville, Seghers, 1974. Ouvrage incontournable pour les amateurs du cinéma de Melville.

    [5] Voir sur ce point l’excellent ouvrage de Denitza Bantcheva, Jean-Pierre Melville, de l’œuvre à l’homme, Le revif, 2007

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