• Les hommes, Daniel Vigne, 1973

     Les hommes, Daniel Vigne, 1973 

    Oublions le titre un peu bête de ce film et considérons qu’il s’agit d’abord d’une illustration de la guerre des gangs qui a sévi dans les années cinquante après arraisonnement du Combinatie, un bateau chargé de cigarettes, qui mis le feu dans le milieu corso-marseillais et qui s’acheva comme l’indique d’ailleurs le film au tout début des années soixante-dix. Bien entendu les noms ont été changés. Le sujet est écrit par Léo Carier qui est né à Marseille, à la Belle de Mai, et a fréquenté quelques voyous un peu huppés. Cela va donner une touche d’authenticité, justement ce qu’il manquait à La french par exemple. C’est donc un film qui se veut réaliste, même si son axe est une histoire d’amitié entre deux truands corses, Fantoni et Vinciguerra qui s’épaulent dans tous les coups durs. On ne saura pas vraiment si à la base de ces règlements de compte en série, il s’agit de malentendus ou de trahison.

     Les hommes, Daniel Vigne, 1973 

    Les cigarettes sont débarquées comme prévu en Corse 

    Manifestement la structure du récit est influencée par la littérature de José Giovanni. On y retrouve même le personnage de la petite fleuriste qui est sensé éveiller des sentiments amoureux chez un gangster qui est par ailleurs cruel et déterminé. Il y a également cette distance un peu ironique avec les fameux codes de l’honneur qui sont mis en avant par les voyous, mais qui servent tout aussi bien à d’autres visées. Il y a encore des flics plutôt malins qui poursuivent le but de voir des truands plus que chevronnés entre-tuer. C’est une manière pour eux de régler les vieux comptes. Le commissaire Maestracci est d’ailleurs à mi-chemin du commissaire Blot et du commissaire Fardiano, les flics du Deuxième souffle.

     Les hommes, Daniel Vigne, 1973 

    Fantoni semble amoureux de Nunzia la sœur de son ami Francis

    On peut donc dire que dès le départ il y a une bonne base pour faire un film de qualité, même si manifestement le budget n’est pas très important. Il s’agissait alors du premier film de Daniel Vigne qui obtiendra une bonne notoriété avec Le retour de Martin Guerre. C’est cependant un réalisateur principalement de fictions télévisées, et manifestement il n’est pas Jean-Pierre Melville. Le film n’est pas mauvais, certainement bien meilleur que La french. Ne serait-ce que parce qu’il prend au moins la peine de filmer Marseille, et aussi un peu la Corse, sérieusement, ce qui va donner du corps au film. Le film date de 1973, il a été tourné principalement au Panier, avec une escapade vers les Goudes. Au début des années soixante-dix, le Panier n’avait pas encore trop changé, il n’y avait que peu de chose à faire pour lui donner le parfum des années cinquante. Les vieux Marseillais reconnaîtrons le bar des Colonies, la montée des Accoules, ou encore la place de Lenche et son marché. Cependant, un manque de fluidité dans la réalisation nuit au propos. Par exemple, les scènes d’action sont tournées sans grande rercherche, bien trop vite expédiées à mon sens, ce qui ne permet pas d’en faire ressortir tout l’aspect dramatique. Même l’attaque du train n’est pas assez travaillée, elle aurait pu être l’équivalent de l’attaque du convoi dans Le deuxième souffle.

     Les hommes, Daniel Vigne, 1973 

    Nunzia a été enlevée, Fantoni et Vinciguerra vont la délivrer 

    L’interprétation est plus satisfaisante. Michel Constantin interprète un bandit corse, et curieusement ça fonctionne bien. Marcel Bozzufi est son alter ego, il n’a pas à se forcer pour jouer les truands corses, c’est naturel chez lui. Ce sont des habitués de l’univers de Melville et de Giovanni. Ils sont tous les deux très bons. Henry Silva joue le donneur d’ordres américain. Il n’a pas un trop grand rôle, il lui suffit de promener sa silhouette bizarre. D’autres rôles sont très intéressants comme par exemple Marco Perrin dans le rôle du commissaire Maestracci, ou Angelo Infanti qui jouait un garde du corps du Parrain dans le film de Coppola et qui interprète ici d’une manière convaincante Ange Leoni. Vittorio Sanipoli est Grisoni, une sorte de vieux truand qui met de l’ordre dans le bordel du milieu. Nicole Calfan a peut être moins d’utilité, après tout le film s’appelle Les hommes non ? L’ensemble fait penser assez aux films italiens de cette époque les « poliziotteschi ». Notez que si les coupes de cheveux ne sont pas trop en phase avec l’époque, par contre les costumes sont plus conformes et n’ont pas l’air d’avoir été fabriqués seulement pour le film. C’était pour nous rappeler que dans le temps les voyous faisaient aussi assaut d’élégance.

     Les hommes, Daniel Vigne, 1973 

    Le gang des blouses noires attaque un train bourré d’argent 

    Sans être un chef-d’œuvre, c’est un bon film plutôt réaliste sur la vie des bandits dans ce milieu corso-marseillais de légende. Certes il ne s’agit pas non plus d’avoir un récit rigoureux de l’affaire du Combinatie, ce n’est pas le but, et il y manque sans doute une dimension tragique pour en faire un très grand film.

     Les hommes, Daniel Vigne, 1973 

    Le vieux Grisoni tente d’apaiser les tensions entre Ange et Vinciguerra

     Les hommes, Daniel Vigne, 1973 

    Fantoni qui se cache retrouve Vinciguerra

    « Une incroyable histoire, The windows, Ted Tetzlaff, 1949Toi le venin, Robert Hossein, 1959 »
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  • Commentaires

    1
    mahmoud sohid
    Jeudi 31 Mars 2016 à 12:20

    برابری می کند با تماشای 50 فیلم چون اوج مردانگی ونامردی وخیانت راکامل نشان داده است .مرسی .merciy.

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