• Les polarophiles tranquilles, n° 19, mars 2012

     

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    Les polarophiles tranquilles est le bulletin de l’association animée par Thierry Cazon. On peut d’ailleurs se procurer gratuitement ce bulletin en écrivant à Thierry Cazon, 86, avenue de Grasse, 06400. Cannes. Ce bulletin a souvent défrayé la chronique par ses prises de positions sur Frédéric Dard et ses pseudonymes ou par le rapprochement qui avait été fait entre James Hadley Chase et Greene. Thierry Cazon et Julien Dupré avaient ensuite tiré un petit livre Docteur Chase et Monsieur Greene, sous forme de pièce de théâtre. Il faut dire qu’ils ne sont pas les seuls à penser que J.-H. Chase n’est qu’une couverture de l’écrivain de Graham Greene. On trouvait déjà cette idée dans un des rares ouvrages en français publiés sur J.-H. Chase, A la poursuite de James Hadley Chase  de Robert Deleuse par ailleurs écrivain de nombreux romans policiers. Je ne suis pas assez bon spécialiste de Greene et de Chase pour trancher en la matière, mais les arguments avancés par Cazon et Dupré m’ont paru très convaincants.

    Le dernier numéro des Polarophiles tranquilles est constitué principalement d’un long article sur James Hadley Chase. Cette fois il ne s’intéresse pas à la question de savoir qui était J.-H. Chase, mais à l’œuvre que celui-ci a laissée.

    L’article est signé Julien Dupré et il tente de faire le point sur la production de Chase pour en montrer toute la diversité. En effet, cet auteur qui paraît souvent trop commercial, est perçu comme un écrivain qui répète toujours les mêmes motifs. Or il n’en est rien, non seulement l’œuvre est très diverse, elle va du noir profond (La chair de l’orchidée) au roman d’espionnage (La blonde de Pékin) en passant par le roman de détective ou le roman de truands (Pas d’orchidées pour miss Blandish), mais en outre le style et les formes utilisées évoluent.

    Chase garde encore de nombreux partisans, mais il est très controversé.  Jean-Patrick Manchette ne l’aimait pas, mais auparavant il fut la cible d’une attaque en règle de la part de Thomas Narcejac dans La fin d’un bluff. Par ailleurs Chase a été accusé de nombreuses fois de plagiat, Pas d’orchidées pour Miss Blandish est directement inspiré de Sanctuaire de William Faulkner, Tirez la chevillette est un remake du facteur sonne toujours deux fois, et L’abominable pardessus est démarqué de Raymond Chandler.

    Cependant l’influence de Chase a été profonde, notamment elle s’est faite sentir sur Frédéric Dard qui adapta plusieurs ouvrages de Chase au théâtre : La chair de l’orchidée, Pas d’orchidées pour miss Blandish ou encore Traquenard. Mais aussi la série des Kaput est inspirée de Chase, sans compter les romans que Dard dédiera à James Hadley Chase.

     

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    Frédéric Dard et James Hadley Chase  en 1956

     

    Bref, quoiqu’on pense de Chase, l’étude de Julien Dupré est très intéressante dans la mesure où elle donne une vision d’ensemble de l’œuvre de celui qui fut un des piliers de la Série noire, le considérant comme un des maîtres du roman policier.  

    « La femme au masque de chair, Donna Leon, 2012La France d’Alphonse Boudard, Pierre Gillieth, 2011 »
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