• Méfiez-vous fillettes, Yves Allégret, 1957

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    C’est une adaptation d’un roman de James Hadley Chase, mais sa transposition dans un décor parisien, sur fond de cabarets de Pigalle, le fait ressembler à un produit courant des années cinquante : le film noir ancré dans le milieu avec prostituée et, gangsters. Raven, personnage récurent de James Hadley Chase, qui est aussi d’ailleurs le nom du héros de Tueur à gages, adapté de Graham Greene, est un voyou qui, sortant de prison, a décidé de se tailler une place au soleil en se vengeant de Mendetta. Il élimine ce dernier, mais Dany Dumont a été témoin de ce meurtre. Pour cela elle est enlevée par une bande rivale de celle de Raven qui espère ainsi pouvoir le balancer aux flics pour s’en débarrasser. La suite est une répétition de scènes de violence, sans trop de liaisons entre elles. Le film hésite entre le portrait psychologique de Raven qui a gardé une âme d’enfant et la description d’un milieu.

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    Raven et sa bande rançonnent le peureux Marcel

     C’est un film noir à la française, il ne devrait guère retenir l’attention, si ce n’est qu’il est assez atypique pour l’époque par la violence qu’il dégage, se rapprochant par-là de la thématique de James Hadley Chase. Du reste de nombreuses scènes ont dû être coupées pour que le film puisse sortir. Il y a un côté assez glauque, sadique, qui évite du reste de dresser le portrait d’un héros positif. Peuplé de canailles et de pauvres filles perdues, Méfiez-vous fillettes est aussi caractérisé par un grand laxisme dans la construction du scénario. Yves Allégret est plus intéressé par les atmosphère et les figures typiques qui traversent son film. Le sujet en vaut sûrement un autre, mais la conduite de l’histoire fait rapidement sombrer le film dans l’ennui.

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    Tonio et Paul développent des plans alambiqués qui les dépassent

     On peut se poser la question de ce qu’il reste à sauver dans ce produit si caractéristique des années cinquante. Pas grand-chose à vrai dire, mais il y a une distribution qui va marquer les esprits et figer en quelque sorte les acteurs dans des rôles qu’ils auront du mal à oublier par la suite. C’est un des premiers grands rôles de Robert Hossein qui interprète Raven, tueur mélancolique à l’âme d’enfant, prompt à tomber amoureux d’une femme qu’il sauve pourtant, mais qui ne lui rend pas ses sentiments. Il déclinera longtemps cette figure romantique du tueur neurasthénique, aussi bien dans ses propres créations que dans les films d’autres réalisateurs. Si Antonella Lualdi joue le jeu de la coproduction franco-italienne, elle n’a qu’un rôle très passif, sans relief, elle se rattrapera plus tard chez Mauro Bolognini ou Mario Monicelli.

    Le reste du casting est fait de figures connues, Pierre Mondy, Gérard Oury encore acteur dans le rôle d’un lâche tortueux, ou encore Jean Gaven et Jean Lefebvre dans ceux des acolytes de Raven. On retrouve aussi Jean-Claude Brialy qui fait une petite apparition. Du côté des femmes, Michèle Corfoue, la propre femme de Yves Allégret joue une prostituée au grand cœur.

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     Raven va tomber amoureux de la belle Dany

    L’ensemble reste assez mou, révélateur du film noir à la française qui a bien existé, mais qui très souvent a donné lieu à des œuvres un rien parresseuses.

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    Spade est le seul à vouloir s’opposer sérieusement à Raven

    « Marcel Langer à sa femme, Toulouse, prison Saint-Michel (Haute-Garonne) 13 mars 1943Deux Hommes dans Manhattan, Jean-Pierre Melville, 1959 »
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