• Mystère à Mexico, Mistery in Mexico, Robert Wise, 1948

     Mystère à Mexico, Mistery in Mexico, Robert Wise, 1948

    C’est un film de série B qui est à peine commenté dans l’œuvre de Robert Wise. Pourtant ce dernier est un des piliers du film noir, genre dans lequel il a réalisé quelques chefs d’œuvre comme The set up, The house on telegraph hill ou Odds against tomorrow. On fait donc comme si Mistery in Mexico n’avait aucune importance. Il pourtant beaucoup d’intérêt. D’abord parce que c’est un film noir tourné au Mexique. Dans les années quarante-cinquante, les Américains tourneront de nombreux films dans ce pays, une partie d’Out of the past s’y déroule. Les raisons sont multiples. D’abord c’est une zone de tournage peu ônéreuse, ce qui est toujours bon pour un producteur, la RKO se fera une spécialité de cette délocalisation avant l’heure. Mais le Mexique dispose à l’époque d’un cinéma de qualité, avec de bons réalisateurs, mais aussi de bons techniciens. Mais en outre le Mexique est un pays qui fascine les Américains par sa vigueur, ses révolutions, son opposition au mode de vie consumériste. John Huston qui tournera plusieurs films dont Le trésor de la Sierre madre ou La nuit de l’iguane en tombera amoureux, comme Robert Mitchum d’ailleurs. Derrière la sauvagerie du pays, il y a un esprit de liberté. Si bien que le film noir situé au Mexique est presqu’un sous-genre en soi.

    Mystère à Mexico, Mistery in Mexico, Robert Wise, 1948  

    Glenn Ames fuit en emportant le collier 

    L’intrigue est assez mince : un détective, Steve Hastings, qui travaille pour une compagnie d’assurances doit retrouver un de ses collègues qui a disparu en emportant avec lui un collier qui vaut 200 000 $. Pour mener à bien cette affaire, il va suivre la sœur de Glenn Ames, Victoria, jusqu’à Mexico en espérant qu’elle servira d’appât et qu’elle permettra de récupérer Glenn et le collier. Evidemment, après les péripéties d’usage, tout se déroulera au mieux et Hastings se mariera avec Victoria sous l’œil approbateur de Glenn.

     Mystère à Mexico, Mistery in Mexico, Robert Wise, 1948 

    Steve Hastings est chargé d’aller à Mexico 

    Cette histoire assez badine et relâchée de détective ne permet guère d’atteindre le chef-d’œuvre, et la critique a été sévère avec ce film qui n’a pas disposé d’un budget conséquent. Financé par la firme avare RKO, celle-ci rogna encore un peu sur les frais en tournant au Mexique, avec des acteurs mexicains. Ce qui lui permettait aussi de recycler des fonds bloqués au Mexique en les réinvestissant. Néanmoins ce scénario sans surprise donne un film assez agréable à regarder. Et c’est justement là que se trouve tout le talent de Robert Wise. Il y a quelques scènes extrêmement raffinées, comme ces éclairages à la bougie lorsque Victoria et Steve visitent la maison qui a été habitée par Glenn. Non seulement les éclairages sont audacieux et très compliqués, mais les mouvements de la caméra ajoutent une pointe de mystère. Les scènes de cabaret sont plus convenues, et les extérieurs mexicains sont filmés pour laisser croire à une certaine prospérité du Mexique, sans doute pour ne pas heurter. La scène d’explication finale, entre le moment où Norcross tente de faire parler Glenn et celui où la police met tout le monde d’accord, est filmée le plus souvent en plans généraux avec une perspective plutôt curieuse qui raccourci l’espace et lui donne une dimension claustrophobique. Evidemment on ne retiendra pas le trop grand nombre de médiocres transparences qui alourdissent l’esthétique du film tout en allégeant le budget.

     Mystère à Mexico, Mistery in Mexico, Robert Wise, 1948 

    Hastings arrive incognito à Mexico 

    Malgré leur dynamisme les acteurs sont un peu transparents. Jacqueline White une habituée des films noirs de la RKO, s’en tire un peu mieux que William Lundigan qui restera abonné aux rôles de second ordre. Tony Barrett joue d’une manière trop appuyée le Mexicain fourbe qui trahit nos gentils Américains et les autres acteurs mexicains du film semblent ne pas trop s’intéresser à ce qu’ils font. Mais ils ont le mérite de donner un film un ton léger et décotnracté.

     Mystère à Mexico, Mistery in Mexico, Robert Wise, 1948 

    Victoria se fait embaucher au Versailles 

    Plutôt que d’un film noir, il s’agit d’un agréable film policier – il dure à peine un peu plus d’une heure – avec en prime cette esthétique particulière aux films noirs des années quarante. Pour tout cela il mérite le détour, Robert Wise restant toujours un cinéaste très sous-estimé. 

    Mystère à Mexico, Mistery in Mexico, Robert Wise, 1948

    Rapidement une romance se développe entre Hastings et Victoria

     Mystère à Mexico, Mistery in Mexico, Robert Wise, 1948 

    Hastings se fait estourbir

     Mystère à Mexico, Mistery in Mexico, Robert Wise, 1948  

    La bande à Norcross menace de tuer Glenn

    « L’ennemi public, Baby face nelson, Don Siegel, 1957Les professionnels, The professionals, Richard Brooks, 1966 »
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