•  Jusqu’au dernier, Pierre Billon, 1957

    Voilà un petit film noir très représentatif de ce qui pouvait se faire en France à cette époque. Le réalisateur est Pierre Billon, cinéaste injustement oublié qui avait fait ses classes du temps du muet, puis qui avait fait quelques beaux succès juste après la guerre comme Mademoiselle X ou L’homme au chapeau rond. Jusqu’au dernier sera son dernier film. Le scénario est dû à André Duquesne. C’est un auteur très prolifique qui donna des ouvrages à la Série noire, aux Presses de la Cité et surtout au Fleuve noir sous le nom de Peter Randa. Il joua sur de nombreux tableaux, passant de la Science-Fiction au polar, ou au roman noir, avec des incursions dans la veine horrifique et dans le roman érotique. Sous ses divers pseudonymes, il a dû écrire plus de 300 romans. Dans le genre noir, il a réussi assez souvent. Mais son meilleure est sans doute en Série noire, même si on trouve de très bons Peter Randa au Fleuve noir, très souvent d’une violence crue. Si cet auteur n’a pas la place qu’il devrait avoir c’est sans doute à cause de ses opinions politiques d’extrême-droite qui l'ont marginalisé. En vérité ses romans noirs le rapprocheraient plutôt d’André Héléna. Il a participé au scénario, et Michel Audiard a écrit les dialogues.  

    Jusqu’au dernier, Pierre Billon, 1957

    Fernand Bastia est un truand qui a trahi les siens en les balançant à la police pour un coup qu’ils avaient fait et qui avait été sanglant. Il les a trahis pour s’approprier le magot de 14 briques. Il va se planquer dans un cirque où travaille sa sœur qui tire les cartes. Il se fait embaucher comme présentateur. Il va loger chez Dario le trapéziste, mais le gitan le surprend en train de cacher de l’argent. La jeune Gina va tomber sous le charme de Fernand. La bande de Riccioni cependant s’active pour le retrouver, tandis que la police les recherche. Elle va leur mettre la main dessus, grâce aux indications de Fernand, mais Riccioni va s’en tirer à coups de pistolet alors que presque tous ses autres complices sont abattus. Tandis que Fernand et Gloria rentrent dans une relations amoureuse, Riccioni et Pépé viennent trouver leur ancien associé et lui intimer l’ordre de rendre le pognon du hold-up de Marseille. Fernand projette de s’enfuir avec Gina, mais le ticket de consigne a disparu ! Ne sachant trop comment retrouver le fameux ticket, Gina suggère d’aller attendre le voleur à la Gare du Nord. Suivi par Angèle, la poule de Riccioni, il va au guichet de la consigne, mais la valise est déjà partie. Le gitan va proposer à Cinquo d’épouser sa fille et en échange il va renflouer le cirque. Riccioni va enlever Fernand pour lui faire avouer où il a planqué le pognon. Gina va tenter de délivrer Fernand, mais elle se fait agrafer à son tour par Pépé.  Bientôt tout tourne mal, Pépé butte Marcella, puis Ricccioni se fait descendre par les gendarmes. Ceux investissent le cirque, le gitan se croyant menacé commence à brûler l’argent du hold-up, mais sa mère intervient. Finalement le magot va disparaître et Fernand sera tué. 

    Jusqu’au dernier, Pierre Billon, 1957 

    Fernand va partager la roulotte de Dario

    L’histoire est relativement simple et dépourvue de psychologie. La plupart des protagonistes de cette sombre histoire n’ont guère de conscience ni de morale. Gina ne fait pas confiance à Fernand, et c’est réciproque, Cinquo est prêt à vendre sa fille au gitan si cela peut lui rapporter de l’argent. Seul le couple représenté par Riccioni et Angèle semble avoir un petit peu de dignité. Le gitan et sa mère se détruisent pour de l’argent. Fernand est une balance – un donneur – comme on disait dans le temps. Il est lâche et c’est seulement le fric comme horizon qui lui fait retrouver un peu de courage. C’est très noir, André Duquesne a bien retenu la leçon des grands auteurs de la littérature noire, son histoire rappelle un peu Day Keene, qui se passe aussi dans une fête foraine. Mais l’intérêt n’est pas seulement là. Il réside d’abord dans le milieu qui est présenté, les forains, les gens du cirque. Comme c’était des loisirs très populaires, il y a de nombreux romans noirs et de films qui se passent dans ce milieu, son mystère semble très propice à des histoires criminelles. En dehors de Day Keene que j’ai cité plus haut, il y a Boileau-Narcejac qui s’en sont saisi, San-Antonio le fera aussi dans En peignant la girafe par exemple. 

    Jusqu’au dernier, Pierre Billon, 1957 

    Cinquo présente le cirque au public

    C’est cet aspect populaire qui est particulièrement réussi dans le film. Fernand doit fuir Paris, il se réfugie en province à Beauvais. Billon va utiliser très astucieusement les décors naturels. La ville ses cafés, ses avenues, mais aussi cette foule un peu naïve, prête à s’extasier sur n’importe quel spectacle. A travers ce décor, on suit aussi un peu le travail curieux et misérable des forains. Ce n’est pas un cirque très important, et les forains qui s’agrègent à lui sont aussi assez misérables. Ce côté provincial est renforcé par le fait que ce sont les gendarmes et non la police judiciaire qui vont faire le grand ménage final. Evidemment les truands avec leurs belles chemises apparaissent comme des pièces rapportées à cet univers. Et pourtant ils séduisent ! A commencer par la belle Gina qui repère tout de suite le voyou chez Fernand. On verra aussi la jeune Josiane accepter de se vendre au sinistre gitan pour peu qu’il lui montre qu’il a de l’argent. L’ensemble est filmé proprement, sans trop de génie certes, mais avec une belle saisie de l’espace, avec quelques plans bien cadrés qui magnifient le noir et blanc, comme la fuite de Riccioni dans les rues de la ville, ou la conversation au téléphone de Fernand avec Gina quand il est encore à l’hôtel. Le fil conducteur du film est un jeune garçon qui promène un chien, il est en quelque sorte la marque du destin, un constat, mais aussi le témoin.  

    Jusqu’au dernier, Pierre Billon, 1957

    La police débarque chez Riccioni 

    Les acteurs de cette fable sur la cupidité sont tous connus pour leur participation au film noir à la française des années cinquante. A commencer par Raymond Pellegrin qui est excellent dans ambiguïté de Fernand. Il est d’ailleurs souvent très bon dans ces rôles de voyous sans morale. Il y a aussi Jeanne Moreau qui jusqu’à ce qu’elle rencontre la Nouvelle Vague s’était fait une spécialité dans le film noir. Sa voix grave sans doute, son côté un peu garce. En tous les cas elle est très bien dans le rôle de Gina. Paul Meurisse est Riccioni, avec classe et avec talent, c’est un truand après tout qui a de l’autorité et de la réflexion. Mouloudji aussi a fait un nombre incalculable de films noirs dans les années cinquante, ici il incarne un gitan un peu misérable, fourbe et calculateur. C’est un rôle qu’il connait bien. On retrouvera Orane Demazis assez brièvement dans le rôle de sa mère. On est un peu gêné tout de même par le cabotinage de Jacques Dufilho dans le rôle de Pépé un truand sanguinaire. Mais dans l’ensemble ça tient la route. Une petite mention spéciale pour Mijanou Bardot, la sœur de BB qui a fait une petite carrière dans les films à petit budget, elle est l’écuyère, la fille de Cinquo.

     Jusqu’au dernier, Pierre Billon, 1957 

    Fernand a mis Gina dans le coup 

    Malgré l’étroitesse de son budget, le film a été un vrai succès commercial. On le redécouvre avec plaisir, avec la nostalgie qui se doit, c’est à la fois une histoire bien menée et aussi un témoignage sur ce qu’était la vie à cette époque quand la France n’était pas encore complètement gangrenée par la consommation. Jusqu’au dernier est bien la preuve que le film noir à la française a bel et bien existé, quoi qu’en ait dit en leur temps Borde et Chaumeton[1]. Mais la critique ne s’intéressait guère au cinéma populaire, surtout au film noir, s'il n'est pas américain. Elle préférait les drames bourgeois ou les fresques historiques. Sur ce film Pierre Billon fait la preuve d’une belle adresse. Mais il est oublié comme bien d‘autres, comme Maurice de Canonge ou Maurice Cloche qui pourtant ont réalisés des films très intéressants dans notre domaine.

     Jusqu’au dernier, Pierre Billon, 1957 

    Gina vient réclamer son compte à Cinquo

     Jusqu’au dernier, Pierre Billon, 1957 

    Fernand appelle Gina pour lui dire que la valise a disparu

     

     


    [1] Raymond Borde et Etienne Chaumeton, Panorama du film noir américain, Editions de Minuit, 1955. C’est dans ce livre qu’ils déploraient l’inexistence du film noir à la française. Il semble que leur connaissance en la matière avait un peu des lacunes. Leur ouvrage est toujours considéré aux Etats-Unis comme incontournable. 

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  • Deux hommes dans la ville, José Giovanni, 1973 

    C’est sans doute un des films les plus emblématiques de José Giovanni. Il s’agit d’une histoire originale, et non d’une adaptation d’un de ses romans, histoire qui le touche de près. Il y a mis beaucoup de lui-même, non seulement parce qu’il s’agit d’un homme condamné comme lui à la peine de mort, mais aussi parce qu’il y a un regard désabusé sur la vie et les institutions qui l’enferme dans des conventions. Le moins que l’on puisse dire est que ce film produit par Alain Delon va à l’encontre des idées reçues qui font de Delon et de José Giovanni des hommes d’extrême-droite. Il y a en effet une vision de la justice que certains qualifieraient facilement de gauchiste. Le condamné à mort est victime non seulement de la fatalité de rencontres fortuites, mais aussi d’un policier psychopathe et d’une justice aveugle et sans cœur. En même temps on pourrait penser que cette histoire sur une réhabilitation d’un homme vis-à-vis de la société concerne aussi José Giovanni puisqu’à cette époque, en 1973, presque personne ne connaissait son passé sulfureux. C’est un peu comme s’il anticipait que tôt ou tard il serait découvert, et que quoiqu’il ait fait par la suite de sa vie, on ne le lui pardonnerait pas. 

    Deux hommes dans la ville, José Giovanni, 1973 

    Gino a trouvé du travail dans une imprimerie 

    Cazeneuve est un ancien policier qui s’occupe de réinsertion pour le ministère de la justice. Il va défendre le dossier de Gino Strabliggi afin de lui obtenir une remise de peine, il se porte garant de ses capacités de réinsertion. A sa sortie de prison Gino va trouver du travail et retrouver sa femme qui l’a attendu. Une amitié s’est nouée entre les deux hommes. Ils déjeunent souvent ensemble, passent des vacances ensemble. Peu après Gino croise la route de Marcel et de ses acolytes, une bande dont jadis il a fait partie. Ils essaient de l’entraîner sur un nouveau coup, mais Gino décline fermement la proposition. Cazeneuve étant nommé à Montpellier, Gino va le suivre et trouve du travail dans une autre imprimerie. Alors qu’il revient de visiter Cazeneuve, Gino a un accident de voiture, sa femme est tuée. Il est assez désespéré. Mais il est solide et va se reprendre. Du reste il va retrouver l’envie de vivre lorsqu’il fait la connaissance de Lucy. C’est sans compter sur l’inspecteur Goitreau. Celui-ci a connu Gino dans le temps, il est persuadé qu’il n’est pas amendable. Il va se retrouver à le harceler. Sa conviction est renforcée quand il va voir que Gino rencontre par hasard une nouvelle fois Marcel. De fil en aiguille, Gino perd ses nerfs et lors d’une intrusion de Goitreau chez lui, ils se battent et Gino tue le policier. Dès lors la machine est en marche et rien ne l’arrêtera : Gino sera condamné et exécuté.

    Deux hommes dans la ville, José Giovanni, 1973  

    Marcel et sa bande ont retrouvé Gino 

    Si le thème principal est un plaidoyer contre la peine de mort, il y a bien plus que cela dans cette histoire tragique. Souvenons-nous que nous sommes en 1974, la peine de mort ne sera abolie qu’en 1982. En 1972 les exécutions de Buffet et Bontems ont bouleversé l’opinion, en 1976 ce sera celle de Christian Ranucci dont la culpabilité a été contestée qui prendra encore le relais. Evidemment José Giovanni en tant qu’ancien condamné à mort gracié quelques jours avant d’être exécuté sait de quoi il parle, et c’est sans doute cela qui fait que le film est autant chargé d’émotion. José Giovanni a la bonne idée de ne pas faire de Gino un innocent, il a bien tué un flic. Par-delà ce plaidoyer très efficace contre la peine de mort, il y a aussi les difficultés de la réinsertion, la trique, la nécessité de pointer, la méfiance des patrons à embaucher des anciens délinquants. Le message est donné par Cazeneuve : on ne naît pas criminel, ce sont les circonstances et la société qui s’en chargent. Ici les circonstances prendront l’allure du maniaque inspecteur Goitreau, mais aussi des rencontres inopportunes de Gino avec Marcel et sa clique. L’autre thème sous-jacent est celui de l’amitié. Ici elle se construit contre toute attente entre un malfrat et un représentant du ministère de la justice et donc de la loi qui regarde l’homme tel qu’il est et non à travers les apparences de son casier judiciaire. S’il plaide ainsi c’est que probablement José Giovanni voudrait qu’on le voie comme cela. Il ne nie pas avoir fauté, mais il voudrait qu’on croie à la sincérité de son repentir. On retrouve également cette idée chère à Giovanni selon laquelle une femme a vocation de sauver un homme ! 

    Deux hommes dans la ville, José Giovanni, 1973 

    Cazeneuve se méfie de l’inspecteur Goitreau 

    Mais le film est extrêmement pessimiste, et abolition de la peine de mort ou pas, il dessine un horizon sans issue. Quand j’avais vu ce film à sa sortie, je l’avais aimé bien sûr, mais j’avais trouvé certains aspects peut-être un peu caricaturaux. Aujourd’hui, je ne les voie plus ! Et plus encore j’y trouve de grandes qualités cinématographiques. Il y a une application dans la mise en scène qui n’a pas toujours été la marque de Giovanni, mais aussi une force de conviction qui va lui permettre de trouver des solutions visuelles originales. Globalement on pourrait dire que dans ce film il a retenu les leçons de Melville. On sait que Giovanni détestait cordialement Melville pour ses travers et cette capacité à tirer la couverture à lui en dénigrant le travail des autres. Mais Giovanni aimait tout de même le travail de Melville sur Le deuxième souffle. Il y a ces scènes de Gabin marchant le long des hauts murs de la prison, ou alors l’interrogatoire de Gino par Goitreau qui par ses longs plans-séquence est proche de l’interrogatoire de Faugel dans Le doulos. La stylisation de l’exécution est aussi très étonnante, que ce soit par son lent cérémonial ou par les angles choisis pour glacer le sang du spectateur. Les séquences qui montrent Gino au travail flatte le côté artisanal, l’homme et la machine sont filmés dans une complémentarité évidente. 

    Deux hommes dans la ville, José Giovanni, 1973 

    Goitreau essaie de démontrer que Gino est encore un gangster 

    L’interprétation est excellente. Delon dans un rôle de voyou – ce qui fut une longue habitude chez lui – bien sûr, quoiqu’ici il est dans une logique difficile de rédemption. La scène finale de l’exécution est extrêmement touchante et Delon y est formidable. Mais il y a aussi Jean Gabin dans le rôle de Cazeneuve, un fonctionnaire désabusé, impuissant à enrayer le cours de la fatalité. Ce fut là son dernier grand rôle. Il a une présence incroyable dans un personnage qui malgré tout veut croire encore et toujours dans l’homme, les scènes avec Delon sont très justes. Et puis il y a un excellent Michel Bouquet dans le rôle de ce maniaque d’inspecteur Goitreau complètement obsédé par ce qu’il croit être sa mission. Il est là entre une version moderne de l’inspecteur Javert et le flic sadique qu’il avait incarné chez Yves Boisset dans Un condé. Du reste quelques années plus tard, il incarnera l’inspecteur Javert dans la version des Misérables de Robert Hossein. Ici il a une présence dans la maniaquerie qui est renforcée justement par la sobriété et la raideur de son jeu. Les seconds rôles sont de qualité. D’abord Malka Ribowska dans le rôle de l’avocate qui a la lourde tâche de défendre Gino. Bien que très brève sa plaidoirie est chargée d’émotion. On retrouve aussi Christine Fabrega ; José Giovanni s’étant sans doute souvenu de sa prestation exceptionnelle dans Le deuxième souffle. Et puis Victor Lanoux dans le rôle de Marcel. Les moins bons sont finalement Bernard Giraudeau qui en fait un petit peu trop dans le rôle du fils Cazeneuve, et puis Gérard Depardieu qui fait une petite apparition. Certains petits personnages sont particulièrement soignés, comme le procureur joué par l’extraordinaire Jacques Monod, ou le directeur de la prison qui doit annoncer à Gino que sa demande de grâce a été refusée : c’est avec une tête d’employé des pompes funèbres qu’il annonce cette mauvaise nouvelle, il est interprété par Pierre Asso qui devait décéder juste un peu après la fin du tournage. Tous sont assez brillants, que ce soit Robert Castel ou Guido Alberti dans le rôle du patron de l’imprimerie qui tient tête au policier. Quelques acteurs récurrents de la filmographie de Giovanni de cette époque se retrouvent ici : Gabriel Briand dans le rôle d’un bandit, ou Dominique Zardi dans celui d’un détenu particulièrement excité. Les femmes sont un peu sacrifiées tout de même, ni Mimsy Farmer, ni Ilaria Occhini, n’atteignent à beaucoup d’intensité. Mais elles sont présentes. 

    Deux hommes dans la ville, José Giovanni, 1973 

    Le procès de Gino est perdu d’avance 

    Le film a été un très bon succès, en France mais aussi à l’étranger. C’est justifié, c’est sûrement un des meilleurs de José Giovanni réalisateur. C’était le troisième film que Delon et Gabin tournaient ensemble, après le très bon Mélodie en sous-sol et le médiocre Clan des Siciliens sur lequel José Giovanni avait remplacé Auguste Le Breton au pied levé pour retaper un scénario un peu bancal. Delon admirait Gabin, et ce dernier l’aimait bien aussi. Pour ma part je trouve que le film s’est bonifié avec le temps. Il existe un remake de ce film tourné par Rachid Bouchareb avec Forest Whitaker et Harvey Keitel sous le titre de La voie de l’ennemi. L’histoire est transposée au Nouveau Mexique, mais je ne suis pas sûr que ce remake ait été utile, le propos change complètement de signification. 

    Deux hommes dans la ville, José Giovanni, 1973 

    La grâce présidentielle a été refusée 

    Deux hommes dans la ville, José Giovanni, 1973

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  •  La Scoumoune, José Giovanni, 1972

    Jean-Paul Belmondo et José Giovanni décidèrent de faire un remake du film de Jean Becker, en revisitant L’excommunié. Il faut croire que l’histoire leur plaisait particulièrement. Entre 1961 et 1972 évidemment les deux hommes ont muris, Belmondo est devenu un grand acteur populaire, et José Giovanni est devenu un metteur en scène à succès. En tant que réalisateur, ce film vient après Un aller simple et Où est passé Tom, deux films tournés dans des conditions difficiles avec des budgets étiques, des films presque expérimentaux. Mais ce fut aussi deux échecs commerciaux cinglants, ces deux films méritent pourtant autre chose que l’oubli. Ils sont cependant invisibles[1]. José Giovanni avait donc besoin de revenir au succès. Cette fois tous les ingrédients sont réunis : le film est produit par Raymond Danon, le budget est conséquent, et le casting de première classe. 

    La Scoumoune, José Giovanni, 1972 

    Roberto est un tueur qu’accompagne un joueur d’orgue de Barbarie 

    C’est évidemment la même histoire que celle d’Un nommé La Rocca, donc la même thématique, avec au cœur de l’histoire l’amitié de Xavier et de Roberto. Mais José Giovanni qui en a réécrit le scénario l’a resituée avant la Seconde Guerre mondiale. On est donc plus près du livre. Quelques éléments importants ont été changés ou ajoutés. Par exemple le film s’ouvre sur une sorte d’exploit de Roberto qui tue un bonhomme payé par Villanova pour lui faire la peau dans une scène digne d’un western, cette scène est sensée se passer en Sicile ou dans le sud de l’Italie. Et donc on pense que Villanova a un compte à régler avec Roberto, avant même que celui-ci n’arrive à Marseille pour aider Xavier. Dès lors, le fait que Villanova ait voulu mouiller Xavier en mettant un cadavre dans le coffre de sa voiture, perd de son intérêt. Le personnage de Geneviève, rebaptisée Georgia, a été durci, ce n’est plus la petite marchande de fleurs comme dans le livre et dans la première adaptation. C’est une femme de truand qui s’occupe de gérer le claque sur lequel Roberto a mis la main. L’autre changement majeur, c’est que le film traversant la guerre, on va avoir droit à la présentation de racketteurs, qui, après la Libération, vont s’en prendre aux truands qui ont prospéré pendant l’Occupation. Et puis c’est Xavier qui va mourir dans le règlement de comptes final, et sa sœur Georgia restera en vie, mais Roberto dans une sorte d’autocritique de sa conduite violente va tout laisser et partir, car c’est lui qui s’est chargé de dépouiller les propriétaires d’un luxueux cabaret. 

    La Scoumoune, José Giovanni, 1972 

    Fanfan et l’Elégant se demande quelles sont les intentions de Roberto 

    Un des problèmes rencontrés par ce film, comme c’est souvent le cas, est celui de la reconstitution d’une époque disparue. Ça sent en effet un peu trop l’application. C’est trop propre. Les tissus sont lisses et très apprêtés, ce qui ne correspond pas à ce qui se faisait à cette époque. Même chose pour ce qui concerne les coupes de cheveux. Alors que dans Un nommé La Rocca, Jean Becker avait réussi à utiliser adroitement les décors réels de Marseille, ici on a des décors de studios pour filmer les coins de rue des quartiers chauds. Certes ces quartiers n’existent plus aujourd’hui, ils ont été détruits, soit lorsque les Allemands ont décidé de faire sauter le pont transbordeur, soir après la Libération quand on a détruit le quartier derrière la Bourse. Mais on aurait pu utiliser des quartiers intermédiaires comme on l’avait fait pour Borsalino par exemple. Cette réduction aux décors de studio empêche évidemment à la caméra de prendre du champ. Dès que Giovanni s’évade des huis clos c’est nettement mieux. Lorsque Roberto rôde autour de la prison avec l’espoir de faire évader Xavier, c’est filmé en un seul plan qui part de l’intérieur de la prison et qui passe par-dessus les murs pour aller retrouver Roberto. Les scènes de déminage sont toujours aussi spectaculaires et tendues. Mais l’ensemble reste marqué d’une certaine raideur. 

    La Scoumoune, José Giovanni, 1972 

    Roberto et Georgia assistent au procès de Xavier 

    L’interprétation c’est encore Belmondo. Il semble curieusement moins à l’aise que dans Un nommé La Rocca, peut-être est-il devenu trop vieux entre temps. Mais il n’est pas mal, quoiqu’on puisse contester ses costumes extravagants et le vieillissement artificiel de sa personne. Ensuite le rôle de Geneviève a été développé, coopération oblige, pour donner une place plus importante à Claudia Cardinale. C’était la troisième fois qu’elle tournait avec Belmondo, après La Viaccia et Cartouche. Dans ce film elle n’est cependant pas trop à son aise, hésitant entre un profil dur, elle sera mère-maquerelle, et un personnage plus romantique. Michel Constantin est Xavier. Il était déjà présent dans la première version où il jouait le rôle d’un déserteur américain. Entre temps il a pris du galon. Il est très bon, crédible dans la peau d’un dur à la tête brûlée. Michel Peyrelon dans le rôle de Charlot l’Elégant est aussi très bien. En général d’ailleurs les seconds rôles sont bien travaillés. On verra aussi Gérard Depardieu dans un tout petit rôle, comme il n’a pas grand-chose à faire, on peut dire qu’il le fait très bien. Une mention spéciale doit être donnée à Enrique Lucero dans le rôle du Mexicain joueur d’orgue de Barbarie. On a vu sa silhouette singulière dans La horde Sauvage, mais aussi dans Two mules for sister Sarah, ou plus avant dans Les sept mercenaires de John Sturges. Il s’était aussi illustré dans des adaptations de B. Traven, Macario et The bridge in the jungle. Il y a aussi Dominique Zardi qui était déjà de la première version et qui saute toujours aussi bien sur les mines ! 

    La Scoumoune, José Giovanni, 1972 

    Le règlement de comptes laisse plusieurs cadavres sur le carreau 

    Ce n’est pas le film le plus inspiré de José Giovanni. Cette adaptation un peu décevante a pourtant bien marché, en France comme à l’étranger, malgré une critique assez indifférente. En tous les cas elle relancera la carrière de José Giovanni comme réalisateur qui va à la suite tourner trois films avec Alain Delon, dont Deux hommes dans la ville. Le film a été en effet un succès convenable en France, un gros succès en Italie et en Espagne.

    La Scoumoune, José Giovanni, 1972 

    En prison Roberto retrouve Xavier et Fanfan 

    La Scoumoune, José Giovanni, 1972 

    Le déminage est une opération dangereuse 

    La Scoumoune, José Giovanni, 1972

    José Giovanni et Jean-Paul Belmondo sur le tournage de La Scoumoune

     

     

     


    [1] http://alexandreclement.eklablog.com/un-aller-simple-jose-giovanni-1970-a114844832

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  • Un nommé La Rocca, Jean Becker, 1961

    C’est tiré d’un des meilleurs ouvrages de José Giovanni, L’excommunié. Paru en 1958 chez Gallimard, c’est son cinquième roman. Ce roman sera par la suite retitré La scoumoune. José Giovanni part d’une légende milieu marseillais, Antoine la Rocca, un homme violent et assez craint dans le milieu, débarqué très jeune à Marseille depuis le sud de l’Italie. Il était un homme de main pour une des bandes qui proliféraient dans le quartier du Panier et qui s’affrontaient avec ceux de la Belle de mai. C’était aussi un souteneur. Mais après plusieurs meurtres il dû s’exiler en Amérique du Sud, où là encore il connut une vie turbulente. Ayant plusieurs tueurs à ses trousses, il choisit de revenir en France où il fut arrêté. Condamné à 15 ans de prison, il en sortit finalement en 1946. L’année suivante il était abattu à Paris. Il avait cinquante ans. Le personnage d’Antoine La Rocca dont le surnom était La Scoumoune, n’était pas un personnage très reluisant, mais José Giovanni va le transformer et le réinventer comme un héros solitaire dont la morale et l’amitié sont les moteurs. Il l’appellera Roberto La Rocca. Cet ouvrage très nostalgique, probablement écrit en prison, permet à José Giovanni de liquider quelque part ses années de jeunesse qu’il passa à Marseille pendant l’Occupation[1].  

    Un nommé La Rocca, Jean Becker, 1961

    Roberto La Rocca est appelé à Marseille pour soutenir son ami Xavier Adé. Celui-ci s’est en effet fait piéger par des rivaux qui ont mis un cadavre dans le coffre de sa voiture. Il est en prison. Roberto en arrivant à Marseille commence par prendre une des filles de Villanova qu’il soupçonne d’être à la source des ennuis judiciaires de Xavier. Mais Villanova veut chasser Roberto de la ville. Il s’ensuit que Roberto va abattre Villanova et prendre sa place à la tête d’un cercle de jeu. Dans la foulée, il élimine aussi Ficelle et s’accapare son bar de nuit. Ayant retrouvé la sœur d’Adé, Geneviève, il va imaginer faire évader Xavier. Il n’en aura pas l’occasion, en effet, étant lui-même confronté avec des racketteurs, il va être mêlé à une fusillade. Blessé, il sera condamné à la prison. Là il va retrouver Xavier. Celui-ci est maltraité par le prévôt, Roberto intervient de manière violente et remet les choses à leur place. Pour écourter leur peine, Xavier et Roberto s’engage dans le déminage. C’est un travail dangereux, et Xavier y perdra un bras. On les retrouve peu après à Paris. Xavier, Geneviève dont Roberto est amoureux cherchent à acquérir une propriété mais comme il leur manque encore de l’argent, Xavier ne trouve rien de mieux que de racketter un autre truand, Nevada. Celui-ci va envoyer ses tueurs qui prétendent kidnapper Geneviève en attendant que Xavier rende l’argent. Mais Geneviève est tuée. Cette fois Roberto ne pardonnera pas à Xavier et ce sera la fin de leur amitié. 

    Un nommé La Rocca, Jean Becker, 1961 

    Charlot l’élégant devient le complice de Roberto 

    Ce sont les thèmes habituels brassés par José Giovanni : l’amitié virile qui passe par-dessus les dangers, mais aussi les trahisons. C’est évidemment une tragédie, et cette tragédie parle aussi bien de l’amitié perdue que de l’amour impossible, non seulement Roberto et Xavier se sépareront, mais tous les deux perdront Geneviève. Le reste c’est la longue litanie de la violence et l’impossibilité d’en sortir. C’est cette violence qui empêche que des sentiments plus purs puissent s’exprimer. Roberto est un héros, il a une morale singulière qu’il a élevé au-dessus de tout, y compris celle de sa propre liberté. 

    Un nommé La Rocca, Jean Becker, 1961 

    Roberto et Geneviève sont à Aix pour le procès de Xavier 

    Le film de Jean Becker se passe en 1960. Ce qui rend l’histoire un peu incompréhensible. Par exemple Roberto, dans le roman rencontre le maire de Marseille qui n’est autre que Simon Sabiani, personnage politique qui passera de la gauche à la collaboration puis qui après la guerre s’exilera à Barcelone où il mourra en 1956. José Giovanni l’a connu et rencontré, et c’est ce qui explique l’étrange scène qu’il décrit et qui n’est pas reprise dans le film, le maire de Marseille jouant avec son œil de verre. Les mœurs ont complètement changé entre les années trente et les années soixante. Du reste le fait que Roberto soit racketté par des déserteurs de l’armée américaine ne peut avoir de sens qu’à la Libération, mais pas en 1960. Le ménage avait été fait à Marseille par les gangsters corses qui tenaient la ville. Il faut noter que c’est le premier film de Jean Becker, et José Giovanni présentait sa collaboration avec lui comme une sorte de dette qu’il payait au fils de Jacques Becker. C’est en effet ce dernier qui avait permis à José Giovanni de débuter comme scénariste sur l’adaptation de son roman Le trou. José Giovanni ayant travaillé sur le scénario et sur les dialogues, il est difficile d’avancer qu’il a été trahi. Du reste il ne l’a jamais prétendu. 

    Un nommé La Rocca, Jean Becker, 1961 

    Les racketteurs vont sortir les calibres 

    Un nommé La Rocca est un film à petit budget, et c’est sans doute pour cette raison que l’histoire est transposée au début des années soixante. Belmondo était au commencement de sa carrière, mais il avait déjà une certaine envergure. En outre, il avait tourné dans Classe tous risques¸ avec Lino Ventura, sous la direction de Claude Sautet, et il avait pu apprécié le travail de José Giovanni. Le manque de financement va infléchir le tournage. D’abord dans le fait que Becker va utiliser de nombreux décors naturels et particulièrement Marseille. On passe du Vieux Port à la rue Montgrand où se trouve situé le cercle de jeu, puis aux rues chaudes de Marseille, la rue Thubaneau, et enfin les rue d’Aix-en-Provence autour du Palais de justice. les séances de déminages ont été tournées à La Couronne, non loin de Martigues. Le fait que la photographie soit de Ghislain Cloquet qui avait déjà signé celle de Classe tous risques, contribue à donner une sorte de continuité entre les deux films. Evidemment Jean Becker n’a pas le talent de son père, et la mise en scène reste un peu poussive, l’ensemble manque de fluidité, mais quelques séquences sont excellentes. D’abord les difficultés du déminage qui sont très tendues, mais aussi la scène de l’enterrement si je puis dire de Villanova. Le règlement de compte dans le bar de nuit est un peu moins convaincant. 

    Un nommé La Rocca, Jean Becker, 1961 

    En prison Roberto va défendre Xavier 

    Le film est d’abord construit autour de Belmondo qui occupe l’écran du début jusqu’à la fin du film. Il est très naturel, comme il savait l’être dans les années soixante, avant d’être rattrapé par son désir de faire des comédies grand-public. Il est très bon, cependant un peu trop taciturne pour donner tout le sens tragique de cette histoire. Christine Kaufman qui deviendra la femme de Tony Curtis et s’emploiera par la suite à une carrière internationale est tout à fait Geneviève qui est décrite dans le roman de José Giovanni comme une sorte de rêve très pur, la bonne part de Roberto. Elle brille par sa discrétion, mais c’est le rôle qui veut ça. Plus problématique est Pierre Vaneck dans le rôle de Xavier. Il n’est guère crédible dans le rôle d’un dur à cuire violent et emporté. Béatrice Altariba est excellente dans le rôle de Maud, plus ou moins prostituée qui passe sans vergogne de Villanova à La Rocca. Il s’avère qu’elle n’a pas eu les rôles que son physique et son talent méritaient. Mais peut-être n’était-elle pas intéressée par une telle démarche. On retrouvera Michel Constantin dans le rôle d’un racketteur américain, un habitué de l’univers de José Giovanni, et puis Mario David dans celui de Charlot l’élégant. 

    Un nommé La Rocca, Jean Becker, 1961 

    Xavier et Roberto sont réunis 

    Contrairement à ce qu’on entend dire ici ou là, le film a assez bien marché, sans être un triomphe cependant. La critique n’a pas été mauvaise, même si elle en a souligné les défauts. Il reste que le film possède un certain charme, sans doute lié à la nostalgie qui y est attaché, et aussi cette capacité à raconter des histoires comme cela ne se fait plus beaucoup. 

    Un nommé La Rocca, Jean Becker, 1961 

    Geneviève a été touchée

     

     


    [1] Frank Lhomeau a détaillé ce passé sulfureux dans la revue Temps noir, n° 16, 2013.

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  • Film noir, Paul Duncan & Jürgen Müller eds., Taschen, 2017

    Il existe de très nombreux ouvrages sur le film noir, mais très peu d’intéressants en français, une petite poignée. Voilà donc un cadeau idéal pour la Noël pour ceux qui voudraient satisfaire des amateurs de films noirs. En règle générale je me méfie un peu des livres qui brassent trop large, mais celui-ci est très réussi. L’ouvrage ne s’adresse pas à des spécialistes du genre, plutôt à ceux qui ont envie de découvrir cet univers qu’ils ne connaissent pas encore très bien. Il les aidera à appréhender non seulement des films qu’ils ne connaissent pas, mais aussi des manières d’analyser ces films qui leur permettront d’accroître leur plaisir de cinéphile.

    Qu’un tel livre existe, aussi bien en anglais qu’en français, montre à quel point le film noir est resté un genre emblématique de la cinéphilie. Sans trop s’engager dans le labyrinthe des définitions pointilleuses ou des analyses techniques compliquées, il amène le lecteur directement dans les thématiques développées et ses rapports qu’elles entretiennent avec les nouvelles formes esthétiques que le cycle classique du film noir à produites. Il va y avoir une succession de chapitres qui regroupent des films où on parle de hold-up, d’amour fou, le détective privé, ou encore de cette approche particulière – du moins pour l’époque – d’utiliser massivement des décors naturels.  

    Film noir, Paul Duncan & Jürgen Müller eds., Taschen, 2017

    L’ouvrage solidement relié de 650 pages est abondamment illustré, ce qui à mon sens est essentiel si on veut faire ressentir la spécificité du film noir. A côté des images de films, on retrouvera le graphisme particulier des affiches. Il passe en revue aussi les réalisateurs les plus importants du genre sur lesquels il donne des détails pour montrer quelle place a tenu le film noir dans le développement de la carrière de réalisateurs comme Anthony Mann ou Richard Fleischer par exemple qui ont commencé par des exercices de style sur des films de série B.

    Les deux tiers de l’ouvrage sont une analyse détaillée des cinquante films noirs qui ont marqué l’histoire du genre. Comme tout choix et tout classement, il est évidemment discutable puisqu’en effet mettre Tirez sur le pianiste de Truffaut parmi ces cinquante films noirs peut paraître assez osé. Mais on ne saurait reprocher aux auteurs leur propre subjectivité. Dans cette partie ils ont voulu couvrir large, histoire de prouver que le film noir était une sorte de continent, mais aussi qu’il avait persisté comme genre dans le temps. Dans leur catalogue, ils terminent en 1981 avec Body heat, comme si le genre s’était conclu ainsi. Je crois avoir montré que si on intègre Body heat on peut tout autant rajouter Hot spot de Dennis Hopper qui date de 1990[1]. 

    Film noir, Paul Duncan & Jürgen Müller eds., Taschen, 2017 

    Les éditeurs de cet ouvrage sont deux spécialistes reconnus du film noir, mais ce ne sont pas des universitaires, ce qui peut expliquer pourquoi leurs analyses manquent parfois de précision. Il se termine avec une bibliographie seulement en anglais. A cette liste il faudrait rajouter deux excellents ouvrages en français, celui de Noël Simsolo que j’aime beaucoup[2] et puis celui de Jean-Pierre Esquenazi, Le film noir, histoire et signification d’un genre populaire subversif, CNRS éditions, 2012, plus fouillé, mais plus contestable dans son principe.

     

     


    [1] http://alexandreclement.eklablog.com/hot-spot-the-hot-spot-dennis-hopper-1990-a131098796

    [2] Le film noir, vrais et faux cauchemars, Les cahiers du cinéma, 2005. http://alexandreclement.eklablog.com/le-film-noir-vrais-et-faux-cauchemar-noel-simsolo-les-cahiers-du-cinem-a114844836

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