• Redoine Faïd suite

    Redoine Faïd est devenu le bandit le plus médiatique de France, sa cote va encore monter chez les voyous et les apprentis voyous. En effet il vient de réussir une évasion spectaculaire depuis la prison de Sequedin, évasion qui combine l’usage d’explosifs pour ouvrir les portes, et la prise d’otages pour se protéger de ses éventuels poursuivants. Il semble également qu’il avait réussi à se procurer des armes. La facilité apparente avec laquelle il s’est évadé pose évidemment des questions sur l’efficacité du système pénitentiaire. Les polémiques vont certainement aller bon train dans les jours à venir.

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    Condamné en 2001 par les Assises de l’Oise à vingt ans de prison

    Redoine Faïd était incarcéré suite au braquage d’un fourgon blindé qui avait entraîné la mort au cours d’une fusillade d’une jeune femme policière en 2010 à Villiers-sur-Marne. Il a toujours nié son implication dans cette affaire, et la justice aurait eu à faire la lumière sur cette attaque de fourgon qui a mal tournée si Redoine Faïd ne s’était pas évadé. Il serait bien hâtif de conclure dans un sens ou dans un autre de la culpabilité de Faïd dans cette affaire, à moins de connaître les détails du dossier.

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    La prison d’où s’est évadé Redoine Faïd

    En 2010 il avait publié à La manufacture de livres un ouvrage très intéressant d’entretiens avec Jérôme Pierrat, Braqueur, dans lequel il racontait sa carrière de brigand, et où il parlait en quelque sorte sa retraite du grand banditisme. On n’était pas obligé de le croire, et dans la mesure où il avait choisi une voie en marge des lois, il n’avait aucune raison d’annoncer la couleur. En tous les cas cet ouvrage dressait le portrait d’un homme à la fois intelligent et fasciné par l’action spectaculaire de grande classe.

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    Des policiers encagoulés gardent la porte par laquelle Redoine Faïd s’est enfui, illustrant le dicton populaire : quand l’âne est sorti on ferme la porte

    Son évasion appelle plusieurs remarques : d’abord une telle action demande non seulement beaucoup de préparation, mais également des complicités nombreuses et variées ; ensuite Redoine Faïd risquait trente ans de prison s’il avait été reconnu coupable dans l’affaire de Villiers-sur-Marne, comme il a tout juste la quarantaine, on conçoit qu’il n’ait pas voulu prendre le risque d’être condamné. Si le métier des policiers est de mettre à l’ombre les voyous, d’une manière symétrique, les voyous cherchent à retrouver ou à conserver leur liberté. C’est dans l’ordre des choses. Il ne sert à rien de récriminer contre cette logique, elle a toujours fait partie de la société et de son fonctionnement. La suite nous dira si cette évasion a été vraiment bien pensée, car il va être difficile pour lui d’échapper au mandat international sans bénéficier de complicités solides en France et à l’étranger. Antonio Ferrara qui lui aussi avait fait une belle carrière dans l’attaque de fourgons blindés et qui lui aussi s’était ouvert les portes de la liberté à coups d’explosifs ne resta pas dehors finalement très longtemps.

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    Des policiers enquêtant sur les traces de Redoine Faïd

    Dans son ouvrage d’entretiens, Faïd reconnaissait que des films comme Heat de Michael Mann avaient eu une grande influence sur sa carrière de braqueur. Sa vie est à la hauteur de ce film, et il est facile de voir quel scénario on pourrait en tirer pour un film à grand spectacle, pour peu qu’un producteur veuiille bien se mouiller. Mais cette tendance à identifier sa propre vie à un film hollywoodien, laisse entendre aussi que pour Faïd, la vie ne vaut le coup d’être vécue que pour les actions d’éclat qu’on entreprend. En effet, dans son ouvrage, il ne semblait pas particulièrement intéressé par l’argent, le luxe ostentatoire, ni les fêtes ruineuses. Il en résulte que la seule chose qui pouvait le motiver était l’action pour la beauté du geste.

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    La voiture qui aurait servi à Redoine Faïd pour prendre la fuite aurait été incendiée

    « Sur la trace du crime, Rogue cop, Roy Roland, 1954Le dernier passage, The secret ways, Phil Karlson, 1961 »
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