• Samuel Fuller, Le baron de l'Arizona, The baron of Arizona, 1950

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    C’est film plutôt étrange et d’autant plus étrange qu’il est fondé sur une histoire vraie. James Addison Reavis décide de devenir baron de l’Arizona. Projet ambitieux autant que démesuré, c’est un travail de longue haleine. D’abord il repère une fillette qu’il croie sans parentèle et qu’il baptise d’un nom qui lui permettra de revendiquer à travers elle l’ensemble du territoire de l’Arizona, Etat neuf qui vient juste d’être admis dans l’Union. Il falsifie les tombes les actes de naissance et de décès. Dans un deuxième temps, il va en Espagne de longues années, entrant dans un couvent pour apprendre l’écriture à l’ancienne et falsifier les registres où Philippe II avait inscrit les donations qu’il avait fait à ses sujets. Car curieusement le l’Etat fédéral reconnaît tous les titres de propriétés enregistrés en Espagne. Fort de ses titres falsifiés, il revient à Phœnix et revendique – toutefois après avoir épousé la jeune fille qu’il avait sortie de la misère – la baronnie de l’Arizona. On se doute que sa revendication ne passe pas inaperçue. Le simple fait de revendiquer ce titre lui procure déjà une fortune : par exemple une compagnie de chemins de fer qui vise à construire en Arizona lui offre une somme colossale car elle pense que s’il fait valider ses titres de propriété, elle sera obligée de verser bien plus encore. Mais les propriétaires terriens se révoltent, menacent de le pendre, et l’Etat fédéral, intéressé à garder l’Arizona, va aussi chercher à démontrer que les revendications du faux baron repose sur du vent. Dans l’affaire Reavis perdra tout et ira en prison. Mais il trouvera l’amour en abandonnant ses chimères

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    L’aspect inattendu du film vient aussi d’avoir donné le premier rôle à Vincent Price qu’on a plus souvent l’habitude de voir dans des rôles plus scabreux. Car si Reavis est malhonnête, il est aussi très touchant, très humain. Il porte entièrement le film sur ses larges épaules.

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    Bien évidemment on se doute que le scenario a enjolivé les choses pour porter cette aventure à l’écran. Mais l’ampleur du projet laisse stupéfait. Comme le dit un des protagonistes avec admiration, c’est peut-être un escroc, mais pas un « petit » escroc. Cela donne une histoire vraiment très originale aux confins du film noir, du fantastique et du western.

    Du point de vue cinématographique c’est un petit film sans grands moyens, tourné en noir et blanc, mais avec des idées de mise en scène assez nombreuses, notamment dans la scène du lynchage où Reavis manque d’être pendu. La façon dont il s’en tire laisse voir une opposition entre une sorte de fou assez grandiose et la masse des « petits hommes » engoncés dans leur médiocrité. Samuel Fuller réussi le tour de force de rendre Reavis sympathique, ce qui est d’autant plus un exploit qu’il est incarné par Vincent Price affublé d’une barbe qui lui donne une allure vraiment louche. La jeune femme qu’il épouse pour en faire une baronne est interprétée par Ellen Drew qui avait également joué dans L’imposteur de Duvivier au côté de Jean Gabin.

    Ce n’est pas le meilleur de Fuller, mais c’est un bon film et il montre assez combien celui-ci a été un auteur complet avec des centres d’intérêt extrêmement variés.

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