• San-Antonio, Ça tourne au vinaigre, Fleuve Noir, 1956

    San-Antonio, Ça tourne au vinaigre, Fleuve Noir, 1956 

    A cette époque Frédéric Dard écrit beaucoup, pour le Fleuve Noir, mais aussi pour le cinéma et pour le théâtre. En 1956, il publie au moins douze romans, soit un par mois : 4 San-Antonio, 4 Frédéric Dard, 2 Kaput, 1 Marcel G. Prêtre et un Frédéric Charles. Certes ce ne sont pas des gros romans, mais tout de même… Il trouve aussi le temps d’écrire le scénario d’Action immédiate, film d’espionnage d’après Paul Kenny.

    Il est donc devenu un forçat de la machine à écrire. Dans la collection « spécial police », Ça tourne au vinaigre porte le n° 101. Il s’intercale entre deux Frédéric Dard, Délivrez nous du mal qui porte le n° 100 et qui en quelque sorte inaugure ce style si particulier que Dominique Jeannerod appelle « les romans de la nuit »., et Les bras de la nuit qui porte le n° 102, c’est dire que Frédéric Dard est devenu un des piliers du Fleuve Noir, et plus encore de la collection « spécial police ».

    San-Antonio, Ça tourne au vinaigre, Fleuve Noir, 1956  

    Ça tourne au vinaigre est situé dans le milieu de la boxe. San-Antonio assiste avec Bérurier à un combat de boxe manifestement truqué. Mais celui qui doit s’allonger se rebelle et finit par mettre KO son adversaire. Quelques temps après le manager de celui qui a refusé de se coucher est trouvé mort. On pense qu’il s’agit d’un suicide. Mais rapidement San-Antonio qui se passionne pour ce mystère qui pourtant n’est pas de son ressort, va démontrer le contraire. Dès lors les pistes vont devenir nombreuses et entraîner San-Antonio et Pinaud vers une affaire de meurtre liée à un trafic de diamants avec l’Afrique du Sud.

    C’est un San-Antonio très sage où la qualité de l’intrigue est particulièrement soignée. On le classera plus facilement dans le « noir ». Bérurier est rapidement exclu de l’aventure et finit l’histoire à l’hôpital. C’est sans doute cela qui donne un ton finalement assez sérieux à l’ouvrage. On n’assistera à aucune frasque sexuelle du sémillant commissaire, ni de ses équipiers. C’est n’enquête qui prédomine. Certes il y a un ton assez décalé, les mots d’argot fleurissent et on a droit tout de même à quelques passages où San-Antonio étale ses diatribes contre le genre humain. Du reste il apparaît assez aigre le commissaire, emmerdant le brave Pinaud comme c’est pas possible, rabaissant avec pas mal de méchanceté Bérurier en se moquant des frasques de sa femme ou encore en le confondant avec une lignée de dégénérés. Ce qui ne l’empêche pas tout de même de pleurnicher lorsque le Gros se trouve à l’hôpital entre la vie et la mort.

    San-Antonio, Ça tourne au vinaigre, Fleuve Noir, 1956  

    Il y a une facilité à décrire sobrement l’ambiance des combats de boxe, même si c’est pour tourner ce spectacle en dérision. A cette époque la boxe était sport très populaire et Frédéric Dard fréquentait les bords du ring. Il se resservira de cette expérience dans un Frédéric Dard, On n’en meurt pas, publié l’année suivante et qui reprend le même point de départ, un boxeur vieillissant doit faire face à un combat truqué.

    On voit la façon dont Dard travaillait, comme il écrivait beaucoup, il recyclait ses propres idées. D’ailleurs il fera la même chose en recyclant la même année l’idée de l’infiltration et de la trahison d’une amitié qu’on trouve dans Les salauds vont en enfer dans un San-Antonio, Fais gaffe à tes os.

    Si ce n’est pas un San-Antonio des plus drôles, c’est un très bon opus, avec des scènes marquantes, comme l’enterrement de Mario Josephini, ou la première visite chez celui-ci. Il y a pas mal d’astuces, le cadavre caché dans la chambre de bonne dont on ne peut imaginer qu’elle soit complice, ou les coups de téléphone qui résonne dans un appartement vide. Il reste une forme de nostalgie pour ce côté très parisien qui meublait les premiers San-Antonio et qui a disparu avec la destruction programmée de Paris, destruction qui explique sans doute qu’au fil du temps les aventures du commissaire seront de plus en plus exotiques, comme si Frédéric Dard transportait sa « francitude » à l’étranger.

     

    Liste non exhaustive des romans écrits par Frédéric Dard en 1956

    Sous le nom de Frédéric Dard

    Les salauds vont en enfer, SP 87 

    Délivrez-nous du mal, SP 100

    Les Bras de la nuit, SP 102

    Le Bourreau pleure, SP 109

    Sous le nom de Kaput

    Pas tant de salades, SP 92 

    Mise à mort, SP 95

    Sous le nom de San-Antonio

    Fais gaffe à tes os, SP 90 

    À tue… et à toi, SP 93

    Ça tourne au vinaigre, SP 101

    Les Doigts dans le nez, SP 111

    Sous le nom de Frédéric Charles

    La personne en question, ESP, 161 

    Sous le nom de Marcel G. Prêtre  

    La revanche des médiocres, Edition de  l’Orangerie, 1956

    « Le tournoi, Elodie Namer, 2015L’affaire Al Capone, The St. Valentine’s day massacre, 1967 »
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