• San-Antonio, En long, en large et en travers, Fleuve Noir, 1958

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    Pour faire plaisir à une belle femme, San-Antonio accepte à titre officieux de partir à la recherche de son mari disparu. Celui-ci, Noël Réveillon, est un gros industriel qui fait dans la conserve de sardines. Il va donc envoyer d’abord Bérurier sur ses traces, puis comme celui-ci disparaît à son tour, il charge Pinaud de l’affaire. Mais Pinaud ne donnant pas non plus de ses nouvelles, San-Antonio est bien obligé de s’en charger lui-même. Il va donc enquêter sur ces disparitions multiples, accompagné de Madame Réveillon. Ça consiste à refaire le chemin de ses deux acolytes, entre Paris et Boulogne. Il retrouvera ses équipiers et résoudra le mystère.

    Typique de ces années-là, cet opus de la grande saga sanantonienne, c’est déjà le 31ème, et le 30ème publié au Fleuve Noir. Il met en scène un nombre de personnages très réduit dans un roman bref et peu dense. A cette époque Bérurier n’est encore qu’un pauvre flic cocu, aigri par ses déboires conjugaux, peu porté sur le sexe finalement. C’est San-Antonio qui tienne le rôle du mâle en rut. Il n’a pourtant que deux aventures, l’une avec madame Réveillon, l’autre avec Marthe la bonne de l’hôtel où il débarque, la bonne que tout le monde semble se taper. Ces amours ancillaires étaient à cette époque une figure de style récurrente chez San-Antonio.

    Comme on le voit le roman ne se distingue pas par sa noirceur comme certains San-Antonio, l’intrigue est mince, les caractères assez peu fouillés. Ce qui en fait son prix c’est plutôt son insertion dans une époque et bien sûr le ton léger et ironique. Cette manière de ne pas se prendre au sérieux survole une intrigue policière qui après tout en vaut une autre, mais dont on se souvient pourtant. Il y a aussi cette manière très personnelle qu’il avait dans les années 50/60 d’inscrire ses histoires dans une ambiance de province très française aussi. On sait à quel point Frédéric Dard voulait être considéré d’abord comme un auteur français.

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    On trouvera quelques références culturelles intéressantes, l’une qui va à Roger Vailland, écrivain très en vogue dans les années cinquante et soixante, et l’autre aux Editions le Carrousel, sous-marque du Fleuve Noir où Frédéric Dard édita probablement sous le nom d’Odette Ferry une novellisation fort intéressante du film de Billy Wilder Le gouffre aux chimères. Il dit comme ça en passant qu’il aimerait bien se faire éditer par les Editions du Carrousel !

    « Philippe Pujol, French Deconnection, Robert Laffont, 2014Quand vient la nuit, The drop, Michael Roskam, 2014 »
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