• Savages, Oliver Stone, 2012

     

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    La carrière d’Oliver Stone est faite de hauts et de bas, de succès éclatants et de bides noirs. J’avais bien aimé son World Trade Center. Disons le tout de suite Savages est très mauvais et même pire encore.

    C’est vrai qu’ici je commente rarement les films récents et pour tout dire la production récente m’attriste plutôt et m’ennuie. Savages dissuade les personnes les mieux intentionnées d’abord par sa longueur, le film dépasse les deux heures et on regarde assez souvent sa montre. Il n’y a à pas de longueur idéale pour un film, cela dépend de ce qu’on a à dire. Or ici Oliver Stone n’a rien à dire.

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    Le scénario tiré d’un roman de Don Winslow est le fait de ce dernier en collaboration avec Oliver Stone et Shane Salerno. Il a deux défauts rédhibitoires : d’une part les scénaristes ont confondu complexité et densité du récit, et d’autre part la trame est mince comme une feuille de papier de cigarette. Pour faire bon poids, disons que l’idéologie que le film trimbale est assez lénifiante. Jugeons-en.

    Deux jeunes surfers, bronzés et tatoués, taraudés par le « rêve américain » décident de faire fortune dans la production d’une drogue de qualité supérieure. Comme ils ont le sens de l’entreprise, ils gagnent assez vite beaucoup d’argent. Mais la connerie de ces deux idiots ne s’arrête pas là, ils ne trouvent rien de mieux que de partager la même gonzesse. Mais ce riidicule trio fait des jaloux, forcément. Un cartel de criminels mexicains, cruels et sauvages comme seuls savent l’être les mexicains, veut réaliser une OPA hostile sur leur petite boutique. Nos deux jeunes surfers rejettent l’offre des mexciains drivés d’une main de fer par une femme frustrée autant quer cruelle. Mal leur en prend car leur copine, dénommée O – suivez mon regard – se fait enlever. Elle ne sera rendue aux deux jeunes couillons que si en échangent ils versent une rançon énorme. La seconde partie du film est consacrée à la rebellion des deux jeunes cool qui n’aiment rien tant que fumer leur shit bien tranquilles tout en baisant leur copine un rien demeurée. Comme ils ne veulent pas laisser la proie de leurs désirs entre les mains de la cruelle cheftaine de gang mexicain, ils vont s’employer à la délivrer. Dans cette dernière partie qui ressemble à « la guerre des étoiles au pays du shit », on assite à un certain nombre de scènes cruelles qui montrent que les Américains, naturellement gentils et un peu naifs, peuvent s’ils le décident devenir presqu’aussi cruels que les Mexicains, qui eux le sont hélas à l’état de nature.

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    Pour corser l’addition du malheureux spectateur égaré dans ce labyrinthe, le film comprend deux fins, toutes les deux aussi stupides l’une que l’autre. Dans la première deux des membres de ce trio se suicident parce qu’ils n’acceptent pas la mort de leur copain, et dans la seconde, ils restent en vie tous les trois, mais vont aider les petits Africains à se développer.

    Comme on le voit l’idéologie du politiquement corrrect est à l’œuvre et se déploie dans un manichéisme qu’on ne retrouve plus guère aujourd’hui que dans le cinéma américain en déclin. Les bons producteurs de drogue sont opposés aux mauvais, les Américains au Mexicains. Tout ça déployé derrière des personages caricaturaux de très bons étudiants qui possèdent un sens presqu’inné – ils sont américains – de l’esprit d’entreprise.

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    La réalisation d’Oliver Stone, qui dit s’être beaucoup investi dans cette soupe, est assez solide, quoiqu’elle se laisse aller à des photos chichiteuses de surfeurs, de jolies vagues du Pacifique et autre connerie de mouettes dans un ciel bleu azur. Mais la direction d’acteurs laisse complètement à désirer, Blake Lively sourit bêtement, se mordille la lèvre inférieure à tout bout de champ, et joue les idiotes sans discontinuer.

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    Les deux jeunes couillons sont incarnés par Taylor Kitsch – quel nom – et Aaron Taylor-Johnson. Fades, mais musclès, ils n’expriment pas grand-chose. Ils se partagent les rôles, l’un qui a fait l’Afghanistan ne sourit jamais et fait la gueule, l’autre au contraire sourit tout le temps et veut s’en tenir à une philosophie non violente qu’il sera bien forcé de récuser : on est américain ou on ne l’est pas ! Benicio del Toro produit une caricature de lui-même en même temps qu’il ridiculise le Mexique. Seul Travolta semble trouver un intérêt à jouer dans cette lourde connerie et fait des efforts méritoires pour nous convaincre qu’il est un acteur.

    Bref camarades passez votre chemin !! C’est presqu’aussi nul que du Tarantino.

    « Né voyou, René Nivois et Jérôme Pierrat, La manufacture des livres, 2012Nightfall, Poursuites dans la nuit, Jacques Tourneur, 1956 »
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