• Spade & Archer, Joe Gores, Rivages, 2010

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    Cet ultime ouvrage de Joe Gores, décédé en 2011, raconte l’histoire de Sam Spade, le héros du Faucon maltais, avant 1929. Ce sont les aventures du célèbre détective entre 1921 et 1928. C’est encore d’une sorte de chasse au trésor dont il s’agit : un chef debande cambriole un navire avec de multiples complicités et détourne des stocks d’or australien. Spade arrive à limiter les dégâts, mais le criminel lui échappe. Quelques années plus tard, il va retrouver fortuitement celui-ci dans le cours d’une autre affaire liée au trésor de Sun Yant-sen qui aurait été enfoui quelque part près de San Francisco.

    Si l’intrigue n’a pas beaucoup d’intérêt, par contre la façon de mener la narration est intéressante. Gores qui avait déjà écrit Hammett, un récit mettant en scène Dashiell Hammett, a repris ici, avec l’autorisation des ayant-droits le personnage de Spade. Bon connaisseur de l’œuvre d’Hammett, il en reprend les tics et les formes même d’écriture. On dirait du Hammett, dans la tournure de la phrase, comme dans la conduite du récit.  Bien sûr ce n’en est pas. D’abord parce que l’écriture est moins spontanée que chez Hammett, et ensuite parce qu’Hammett ne se préoccupait pas autant que Gores de l’aspect « reconstitution » d’une époque disparue.

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    Mais ce n’est pas une critique que de marquer les différences entre Hammett et Gores. En vérité, Spade & Archer est un bon bouquin à plus d’un titre. D’abord parce que Gores a fait un travail de reconstitution de la fin des années vingt tout à fait remarquable et qu’il arrive à rendre l’ambiance particulière de San Francisco d’antan. Les scènes sur les quais sont parmi les meilleures de l’ouvrage, avec la description minutieuse de la complexité de la situation des dockers. De même la visite du quartier chinois est tout à fait saisissante.

    Gores a également bien saisi le caractère de Spade, à la fois cruel et fourbe, mais doté d’une certaine forme de morale et d’humour. Cela est traduit par des réflexions ou des colères soudaines. Certes on peut regretter une fin un rien lénifiante.

    L’ultime scène est un raccord avec l’ouvrage d’Hammett, Le faucon maltais, puisqu’Effie introduit Wonderly auprès de Spade.

     

    En lisant l’ouvrage de Gores, plus encore qu’en lisant Hammett lui-même, on comprend mieux où Léo Malet piocha pour créer son personnage de Nestor Burma. 

    « Le facteur sonne toujours deux fois, The postman always rings twice, Tay Garnett, 1946Bas les masques, Deadline USA, Richard Brooks, 1952 »
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