• The Racket, John Cromwell, 1951

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    John Cromwell est un réalisateur un peu sous-estimé, mais il a œuvré dans le film noir et y a réalisé un certin nombre de films qui ne manquent pas d’intérêt, à commencer par Caged, film de prison de femmes et en continuant par Dead reckoning avec Humphrey Bogart et Lizabeth Scott. On lui dsoit aussi un remaje de Pepe le moko, Algiers, avec Charles Boyer. Sa carrière fut cependant entravée par la chasse aux sorcières, et justement, après The racket, il fut contraint de ne plus tourner jusqu’en 1958, moment où cette chasse aux rouges commençait à se calmer un peu.

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    Nick Scalon n’aime pas les mauvaises nouvelles, le coiffeur l’y prépare

     The racket est une histoire assez traditionnelle, sur un scénario de W. W. Haines et de W.R. Burnett, elle raconte l’opposition d’un flic incorruptible et d’un truand un peu brutal et inquiet qui songe à mettre la ville en coupe réglée. Il est aidé en cela par un procureur corrompu qui se fait élire grâce à l’argent du gang. Incidemment c’est un remake d’un film tourné en 1928 sous la direction de Lewis Milestone pour Howard Hugues, adapté lui-même d’une pièce de théatre où Edward G. Robinson jouait le rôle du racketteur.

    Cette version bénéficie d’atouts importants, d’abord la distribution prestigieuse qui concentre toute une série d’acteurs habitués aux films noirs. Scanlon est interprété par Robert Ryan, un Robert Ryan très en forme qui joe un peu plus nuancé qu’à son ordinaire, passant de la colère à l’attitude rusée et manipulatrice de son personnage avec une grande décontraction. Il dominecomplètement le reste de la distribution. McQigg c’est Robert Mitchum, quijusque là était plutôt habitué à des rôles de mauvais garçons et moins à ceux de défenseur de l’ordre et de la morale. Lizabeth Scott est Irene Hayes, la chanteuse ambigue qui hésite entre le parti de l’ordre et de la société et celui de la soumission à la loi des racketteurs. Elle est ici un peu plus qu’une doublure de Lauren Bacall à qui elle a été constamment comparée. 

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    Nick demande des comptes à ses associés

     Mais les seconds rôles sont tenus aussi par des grands acteurs du film noir. Turk est interprété par William Conrad, le fameux tueur du film de Siodmak, The killers, il avait aussi joué entre autres dans le fameux Body and soul. On trouve encore l’excellent William Talman et son étrange physique pour incarner le policier incorruptible Johnson, ou Ray Collins dans celui du procureur corrompu.  

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    Le capitaine McQuigg aime que ses hommes soient dévoués

     Cependant ce qui fait l’intérêt de ce film est ailleurs. Au-delà de l’histoire proprement dite, qui semble se terminer avec une morale sommaire, le méchant est tué et le policier incorruptible triomphe, est bien plus ambigu que cela. En effet derrière cette parodie de justice c’est la nouvelle forme de gangstérisme qui triomphe : le vieux qu’on ne voit jamais en l’occurrence et qui est l’apôtre d’un gangstérisme soft, non violent, qui ne se fait pas remarquer. En effet Scanlon est tué par Turk. Mais cela arrange bien ce dernier qui est compromis jusqu’au cou dans les affaires de racket. L’ultime fin qui voit la justice s’attaquer enfin au procureur Welsh et à Turk son homme de main laisse entrevoir que ce ne sera pas si simple de remonter un peu plus haut dans l’organisation. 

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    La chanteuse Irene Hayes se méfie de la justice de son pays

     Notez que Scanlon, tout abominable qu’il soit, n’en est pas moins humain, et qu’à sa manière il sinquiète dus ort qui peut advenir à son frère qu’il essaie de protéger et de promouvoir dans la société. Il est finalement moins monolithique que McQigg complètement obsédé par sa lutte contre les gangs. De même son frère est prêt à tout lâcher pour l’amour de la chanteuse de cabaret qui elle au contraire ne semble guère avoir des sentiments à partager avec quiconque. La façon dont elle finit part s’acoquiner avec le reporter n’est pas particulièrement rompantique : elle fait une fin en quelque sorte.

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    McQigg et Scanlon s’affrontent autour des questions de droit

     Le film souffre tout de même un peu de ses origines théâtrales et peine à mettre en scène des situations d’extérieur. Le principal de l’action se passe au commissariat et dans la chambre d’hôtel de Scanlon. Il est assez curieux que les scènes de cabaret où on voit Lizabeth Scott chanter n’aient pas été un peu mieux exploitées. De même les poursuites en voiture ne sont pas très bien filmées, n’utilisant pas suffisamment à mon sens la géométrie de la ville. Cette ville qui n’est jamais nommée mais qui ressemble à New York. Malgré sa violence latente le film n’est pas un film d’action. Les affrontements sontplus verbaux que physiques.  

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    McQigg peut compter sur l’incorruptible Johnson, mais un peu moins sur le fourbe sergent Turk

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    Le reporter Dave tente de convaincre Irene de témoigner contre Scanlon 

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    Turk tente d’infléchir le cours de la justice

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    Scanlon se voyant perdu perd son sang froid

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