• Thierry Cazon & Julien Dupré, L’étrange cas du Docteur Greene et de Mister Chase, Editions du Lau, 2014

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    L’ouvrage était déjà paru en français en 2011. Il s’agit ici de l’édition bilingue français-anglais, visant à élargir son public au lectorat anglo-saxon. Thierry Cazon et Julien Dupré se lance dans une démonstration intéressante, consistant à identifier deux auteurs très connus, James Hadley Chase et Graham Greene, comme une seule et même plume. Je ne vais pas reprendre ici les éléments de la preuve, disons seulement qu’ils tiennent aussi bien des relations que les deux hommes ont pu entretenir que d’une analyse des proximités littéraires entre les deux œuvres. C’est une piste qui avait été ouverte par Robert Deleuse dans son ouvrage

    A priori les deux auteurs ne travaillent pas dans la même catégorie, l’un, Graham Greene, construit une œuvre qui pourrait lui amener le prix Nobel de littérature, et l’autre, James Hadley Chase, produit des romans écrits rapidement, cherchant le scabreux, mettant en scène une violence matérielle qui, à l’époque, était très novatrice. Pourtant à y regarder de près, les deux œuvres apparaissent imbriquées. Je ne suis pas un grand spécialiste de ces deux écrivains, mais j’avais effectivement remarqué que Le troisième homme de Greene était très démarqué de N’y mettez pas votre nez. Ce dernier roman était paru sous le nom de Raymond Marshall, pseudonyme de James Hadley Chase, qui en réalité s’appelait René Brabazon Raymond ! Les deux noms de plume fournirent aussi de nombreuses histoires pour le cinéma : Le troisième homme, de loin la contribution la plus importante de Graham Greene, mais aussi Tueur à gages, film qui révéla Alan Ladd.

    James Hadley Chase était plus discret, refusant presque systématiquement les interviews. Un grand nombre de ses ouvrage sont été adaptés aussi à l’écran, Pas d’orchidée pour Miss Blandish, La chair de l’orchidée, ou encore Par un beau matin d’été de Jacques Deray avec Jean-Paul Belmondo.

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    L’ouvrage est très bien construit et convaincant. Mais en outre, il est remarquablement bien écrit et drôle. Il s’agit d’une pièce de théâtre en trois actes et une conclusion, sous la forme d’un dialogue acidulé entre les deux maîtres. Certains ne seront peut-être pas convaincus par la démonstration, puisqu’en effet il n’y a pas de preuve directe que les deux hommes aient eu recours à la même plume, mais en tous les cas les lecteurs ne pourront qu’être séduits par l’exercice de style qui soutient l’édifice.

    Graham Greene, souvent en délicatesse avec le fisc, a vécu longtemps en Suisse – comme James Hadley Chase -  mais aussi à Nice où cil s’impliqua dans le combat politique contre le maire de Nice de l’époque, Jacques Médecin, qui finit par prendre la fuite devant les innombrables casseroles qu’il se trimbalait, faisant de sa ville une ville tout à fait à part en France, du point de vue de la justice.

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    Frédéric Dard et James Hadley Chase

     

    Quant à James Hadley Chase, il fut une source d’inspiration directe pour de nombreux écrivains de romans noirs, notamment Frédéric Dard qui le rencontra à plusieurs reprises. Ce dernier porta plusieurs de ses romans à la scène, Pas d’orchidées pour miss Blandish notamment, et sans doute Traquenard signé Frédéric Valmain.

     

    On trouve cet ouvrage dans toutes les bonnes librairies et aussi sur le site de vente Internet de la FNAC. 

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