• Winter’s bone, Debra Granyk, 2011

     

    winter-s-bone.jpg

    Adapté d’un roman noir de Daniel Woodrell, Winter’s Bone, raconte l’histoire d’une toute jeune fille, à peine seize, qui se retrouve en charge de sa famille, son petit frère et sa petite sœur, mais aussi sa mère qui reste prostrée, ne parle pas. Ree est d’abord une héroïne qui fait face à ses responsabilités et ne baisse jamais les bras. Elle vit pauvrement, cherchant à droite et à gauche de quoi donner à manger au siens, et de quoi faire un peu de feu. C’est une région, les Monts Ozarks dans le Missouri où tout le monde semble pauvre, à la périphérie de la richesse de l’Amérique, tout en conservant des traditions du temps des pionniers.

    winter's bone 1

    Ree est pourtant insérée dans une communauté où existent des formes de solidarité, malgré les inimitiés et les rancœurs. Ici tout le monde traficote, vit dans les marges de la loi. Mais les choses vont s’aggraver lorsqu’elle apprend que son père a payé sa caution pour sortir de prison en attendant son jugement, pour cela il a gagée la maison, plutôt une cabane sans confort, et les bois qui l’entourent. Ree comprend rapidement qu’elle doit retrouver son père pour tenter de sauver le peu qui leur reste et qui les fait exister. Cette quête plutôt bizarre va l’emmener à comprendre qu’il a été sans doute tué. Dès lors, si elle peut prouver que son père est mort, elle pourra sauver son toit et son foyer, éviter que les restes de sa famille soient dispersés.

    Au-delà de l’intrigue, qui n’a pas le caractère marqué du suspense, il y a la découverte d’un monde dont nous nous doutons bien qu’il existe, mais qu’ici nous pouvons toucher presque toucher du doigt. Le film noir américain s’intéresse avec une grande régularité à ce monde parallèle qui est rarement présenté. Rien que pour cela le film de Debra Granyk vaut le détour, car ces rejetés de la société moderne existent avec leurs codes et leur culture. Les scènes où ils chantent sont émouvantes, elles contrebalancent la photographie de ces corps délabrés sur le chemin de l’abîme, les maisons fracassées et sans confort.

    winter-s-bone-2.jpg

    Mais le film recèle aussi d’autres dimensions. Ree dans la quête du père fait l’apprentissage de la cruauté. Elle se trouve confrontée à une violence qu’elle affronte sans discuter, comprenant qu’elle fait partie de sa vie. Des femmes la passent à tabac, coupent des mains à la tronçonneuse sans beaucoup d’états d’âme.  Ree représente le courage, elle ne vit que pour sa famille, il n’y a pas l’ombre d’une ébauche de romance. Elle reste enfermée dans sa solitude.

     Bien filmé, mais sans recherche d’une photographie trop bien léchée, Winters bone nous plonge dans une nature aussi hostile qu’attachante. L’hiver est rude, gris, sale. Les animaux, les bois font tout simplement partie intégrante de la vie quotidienne. Ce n’est pas pour autant idyllique, car la civilisation et ses tares ne sont pas très loin, l’oncle, le seul appui de Ree dans sa quête, consomme de la cocaïne.

    winter-s-bone-3.jpg

    La direction des acteurs est aussi très juste et ce n’est pas sans raison que la prestation de Jennifer Lawrence, avant qu’elle ne se perde dans des conneries genre X-men a été saluée. Mais John Hawkes et Dale Dickey sont aussi remarquables.

    Le seul reproche qu’on pourrait faire à ce film est de manquer un peu d’humour et d’avoir une fin un peu trop facilement heureuse.

    « ODDS AGAINST TOMMOROW, Le coup de l’escalier, Robert Wise, 1959Qu’ils s’en aillent tous¸ Laurence Biberfeld, 2011 »
    Partager via Gmail

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :