• Xavier Canonne, Requiem pour un homme seul, Les marées de la nuit, 2011

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    Le samouraï est le film le plus emblématique de la carrière de Jean-Pierre Melville, celui qui l’a sans doute fait accéder au statut de réalisateur international. Le film eu un succès mondial, et tout particulièrement en Asie. S’il possède un côté très français, il en possède aussi dans son épure, un caractère universel. Le petit livre de Xavier Canonne essaie d’en déméler les ressorts.

    Un des aspects les plus intéressants de cet ouvrage est de mettre l’accent sur les emprunts que Melville fait au cinéma américain de la grande époque. Ils sont tellement nombreux qu’il en oublie quelques uns. Mais l’important n’est pas d’être exhaustif en la matière. L’abondance de ces emprunts apparaît comme procédant de la technique du détournement. Et c’est ça qui fait que Melville est bien un auteur à part entière et non pas un simple plagiaire.

    Le livre recèle d’autres intérêts. D’abord celui de mettre en lumière le rôle des femmes dans la cinématographie melvillienne, il n’est pas aussi rtestreint qu’on ne le croit. Dans Le samouraï, Jeff Costello est pris entre deux femmes, la pianiste du cabaret au rôle très ambigu, mais en même temps fascinée par le tueur et Jane, la call-girl au grand cœur qui sera toujours là pour lui. Melville disait à la sortie du film qu’il était très heureux d’avoir engagé Nathalie Delon dans le rôle de Jane parce qu’elle ressemblait justement à Alain Delon, ce qui en faisait à la fois une sorte de mère été une sœur.

    Les films de Melville sont toujours des films sur les moyens de locomotion. Canonne insiste ici sur l’importance de la DS, la voiture de luxe de l’époque que Jeff Costello vole avec aisance. Ailleurs ce sera les grosses voitures américaines, allant jusqu’à l’absurde à faire conduire une voiture américaine par Delon, dans Un flic, comme s’il s’agissait d’une voiture de la police française.

     

    Il aurait pu aussi parler de cette fascination pour les gares et les trains qu’on retrouve dans pratiquement tous les films de Melville et qui sont une image de la solitude et du désespoir.

    « Midi Gare centrale, Union station, Rudolph Maté, 1950Le facteur sonne toujours deux fois, The postman always rings twice, Tay Garnett, 1946 »
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