27 Février 2015
Lendemain de cuite – rue Rigaud, Marseille, 7ème arrondissement
M. Lacroix travaillait à la recette des postes. Il est dépressif ; il ne s’est jamais remis des années passées dans les camps de prisonniers et n’a pas repris son travail depuis 1945. Sa femme, Louise, noie son chagrin dans l’alcool et finit parfois au poste après des esclandres dans les bars du quartier. C’est le cas le 11 juin 1949 quand la police attend qu’elle décuve pour la laisser rentrer. La nuit ne lui porte pas conseil puisqu’elle est à nouveau prise d’une crise d’éthylisme, se dispute avec son mari, à leur domicile du 21, lui assène un coup de fer à repasser, avant de lui trancher la gorge avec un couteau. Elle prend alors la direction du Vallon-des-Auffes pour se jeter du pont.
La chute de dix mètres n’est pas fatale et elle est transportée à la Conception où on l’ampute des jambes. Mais l’alcool ne conservant pas tout, elle finit par succomber à ses blessures quelques jours plus tard.
Extrait de Angélique Schaller et Marc leras, Guide du Marseille des faits divers de l’antiquité à nos jours, Le cherche midi, 2006.