27 Février 2015
Petit polar sans prétention, c’est l’histoire d’un trafic d’armes. Ludo, inspecteur de police, se fait passer pour un truand et approche Pedro qui est un grand fournisseur d’armes. Il tombe sous le charme de la belle Lola qui est aussi la femme de Pedro. A ce dernier il propose un deal au nom d’Albatrasse, un autre trafiquant que les policiers retiennent en garde à vue sans trop de raison, seulement pour que Ludo soit crédible auprès de Pedro. Le but est de découvrir où Pedro cache son stock. La livraison doit s’effectuer dans le port de Sète. En attendant, Ludo est devenu ami avec Pedro. Tout se passe plutôt bien, les policiers sont arrivés à piéger Albatrasse et lui faire dire ce qu’il voulait. Mais celui-ci s’évade et va compromettre une arrestation en douceur. La police donnera pourtant l’assaut final, mais si le réseau sera démantelé, Ludo y laissera la vie.
Ludo propose un marché à Pedro
L’histoire ne casse pas trois pattes à un canard, le scénario de Jacques Robert est un rien paresseux, mais le film recèle bien d‘autres atouts. D’abord l’ensemble est remarquablement bien filmé, avec une utilisation de l’écran large très efficace. Quelques scènes ressortent du lot, l’attente en gare de Sète par exemple, ou la fuite d’Albatrasse dans la nuit à travers des escaliers et son ombre qui grandit puis s’éloigne. L’interrogatoire d’Albatrasse est plein d’astuces, non seulement il s’agit pour les policiers de fabriquer un enregistrement bidon des propos du vieux trafiquant, mais aussi de le filmer d’une façon dynamique en multipliant les angles de prise de vue.
La belle Lola qui a du béguin pour Ludo ne se rasait pas sous les bras
L’autre bonne surprise de ce film est la distribution. Certes ce sont tous des habitués du film noir, mais ici ils sont plutôt très bons. Les personnages principaux sont interprétés par Raymond Pellegrin, Ludo, et Peter Van Eyck, Pedro, qui au-delà de leurs rôles respectifs de flic et de truand, s’affronte aussi à propos de la belle Lola, jouée par Françoise Fabian dont c’était encore les débuts. Charles Vanel est Albatrasse, et à ce titre n’a qu’un rôle secondaire, mais efficace. Lino Ventura est curieusement assez effacé, mais ce sont ses débuts, il porte le curieux nom de Legentil !
Les policiers retiennent Albatrasse pour mieux piéger le réseau
Plus remarquables sont deux autres seconds rôles : d’abord Jeff interprété par Dario Moreno dont on oublie souvent qu’il fut un très bon acteur, préférant ne retenir que son aspect chanteur pour noces et banquets. Et puis bien sûr il y a Albert Simonin. Celui-ci a aussi écrit les dialogues du film, mais il interprète monsieur Albert, un faux truand, petit et rondouillard, et pour les amateurs de « noir », c’est bien sûr un plaisir que de le retrouver.
Monsieur Albert est un inspecteur qui se fait passer pour un intermédiaire
En regardant ce film, on se prend à avoir des regrets pour ce qu’aurait pu être la carrière d’Henri Decoin. Il avait manifestement toutes les qualités pour être un grand metteur en scène. Il dirigeait très bien ses acteurs, savait utiliser la profondeur de champ, rendre les couleurs de la nuit, mener des scènes d’action. Mais il devait sans doute être très paresseux car ses scénarios étaient souvent bâclés, manquant de profondeur.
Jeff qui à l’occasion pousse la chansonnette ne doute de rien et pense qu’il va empocher des millions
A Sète ils prennent un déjeuner roboratif
Albatrasse s’est échappé
Malgré son attirance pour Ludo, Lola ne le sauvera pas
Henri Decoin et son équipe sur le tournage