27 Février 2015
On ne lit plus guère les revues de critique cinématographique. Il est vrai que celle-ci a dégénéré dans une sorte de vocabulaire plutôt abscons, accessible seulement pour des universitaires spécialisés. Et très souvent quand on lit une critique, on ne sait pas si le film a plu, a intéressé, ou si il est à bailler d’ennui. C’est une des raisons qui font que ces revues qui se veulent savantes sont maintenant subventionnées par le CNL et trouvent difficilement leur public.
Il se trouve que je lis Positif depuis plusieurs décennies, depuis une époque où elle s’opposait au rigorisme pseudo-intellectuel des Cahiers du cinéma. Aujourd’hui elle est dirigée par le très confus Michel Ciment, mais ce n’est pas pour autant que je cesse de la lire. J’ai aussi mes mauvaises manies, un genre de fidélité un peu bête.
Si très souvent les numéros de Positif sont décevants et de peu d’intérêt, par contre, celui de juillet-aout 2013 est très intéressant. Evidemment pas pour la recension des malheureux films qui viennent de sortir, mais pour le dossier sur le néoréalisme. La couverture est fort belle évidemment. Mais le contenu l’est tout autant : il y a des interviews de personnages majeurs comme Cesare Zavattini ou encore le très rare Guisepe De Santis. A côté de l’article un peu convenu sur Luchino Visconti, on y trouve aussi des analyses sur l’influence du néoréalisme italien sur les autres cinématographies et notamment sur ce qui nous tient à cœur ici sur le film noir.
Cerise sur le gâteau, un petit article très bienvenu sur le grand Jerry Lewis qui fut en son temps défendu par Positif par l’intermédiaire de Robert Benayoun.