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    Ce thriller de Peter Yates présente plusieurs intérêts. Le premier étant qu’il a été écrit par Walter Bernstein, scénariste blacklisté qui fut entre autre l’auteur du scénario de Kiss the blood of my hands, de The wonderful country, de The magnificent seven, Paris Blues, The money trap, le très beau et méconnu The Molly Maguires et plus récemment The front  de Martin Ritt. C’est un homme de gauche, un vieux baroudeur rompu à la technique d’écriture cinématographique qui sait allier une réflexion sociale à une histoire simple, capable de tenir en haleine le spectateur. Le second intérêt est que ce film prend pour toile de fond la période de la chasse aux sorcières. Sans s’attarder, il va décrire la pression absurde que « les témoins inamicaux » durent subir lorsqu’ils refusaient de donner des noms, interrogatoires, perquisitions, filatures, tout y passait pour faire craquer le témoin et l’amener à lâcher des noms. La publicité du film nous le présente comme une sorte de suspense hitchcockien, c’est faux, d’une part parce qu’il n’y a pas de vrai suspense, et d’autre part et surtout peut-être, il eut été impossible qu’Hitchcock s’intéresse à un sujet aussi sensible que celui de la chasse aux sorcières. On ne trouve guère d’implication sociale et politique dans les films d’Hitchcock qui se font remarquer par une forme de neutralité très droitière.

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    Emily interrogée par l’HUAC

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    Les deux sous-fifres du FBI sont omniprésents

     

    C’est l’histoire d’Emily Crane, jeune fille un peu naïve, qui se retrouve devant la Commission des activités anti-américaines (HUAC) pour avoir fait signer des pétitions en faveur de la paix, pour avoir participer à des associations de gauche. Harcelée par Salwen, elle refuse de donner des noms, elle va perdre son boulot au magazine Life où elle avait la responsabilité de trier les photos d’illustration. Pour continuer à gagner sa vie, elle s’engage comme lectrice auprès d’une vieille femme un peu excentrique. C’est pourtant la maison d’en face qui va l’intéresser quand elle va surprendre une conversation un peu violente entre des étrangers et justement Salwen, l’homme de la Commission des activités anti-américaines. Piqué par la curiosité, elle va découvrir peu à peu que Salwen, un anticommuniste fanatique, couvre le rapatriement de criminels de guerre nazis sur le territoire américain. Pour protéger ce secret, les hommes Salwen, dont certains appartiennent au FBI, n’hésitent pas à tuer. En même temps elle doit subir la pression de deux enquêteurs du FBI plutôt bon enfant, dont Cochran qui va tomber amoureux d’Emily. Ils vont faire capoter la combine de Salwen et ils feront arrêter les criminels de guerre nazis après de nombreuses péripéties.

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    Emily s’engage comme lectrice auprès de Miss Venable

     L’ensemble fourmille d’idées, de rebondissements, bien que le dénouement soit écrit dès le début du film. C’est une production soignée où la mise en scène trouve des moments de grâce, notamment dans la visite au cimetière, ou encore la très belle scène de poursuite à l’intérieur de la gare de Grand Central. Les premières scènes présentent la mécanique absurde et cruelle des interrogatoire de l’HUAC. L’idée également de faire passer des criminels de guerre nazis pour des réfugiés juifs est excellente. Montrer cette collusion entre l’extrême droite et l’HUAC, c’est une bonne chose qui renvoie hélas à une réalité. Tourné en 1988, c’est une reconstitution des années cinquante assez crédible, bien qu’un peu trop proprette, mais c’est souvent le cas avec les films qui s’appuient sur un passé pas trop lointain.

    Le film est signé Peter Yates, un réalisateur britannique qui a réalisé dans le domaine du polar quelques films remarqués comme Bullit, ou The friends of Eddie Coyle.

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    Crane et Emily vont passer de la méfiance à une relation intime 

    La mise en scène est nerveuse et précise, les décors très soignés. Cependant il manque quelque chose à ce film, probablement est-ce dû à l’absence de charisme de Jeff Daniels qu’on a du mal à voir dans le rôle d’un héros positif et charmant. Il a un physique un peu difficile qui le fait mieux réussir dans les rôles de fourbes ou de criminels. Mais s’il ne démérite pas, le rôle le plus fort est celui d’Emily interprété par Kelly McGillis. Elle est très bien, sachant donner à la fois du punch et de la volonté, tout en ménageant aussi des aspects plus féminin de son caractère. Elle a un abattage tout à fait étonnant. La distribution est complétée par l’étrange Mandy Patinkin qui joue le rôle d’une sorte d’illuminé d’extrême-droite.

    Si le film n’a pas laissé un grand souvenir en France, il a été un succès au box-office américain où il terminera à la seconde place pour les réalisations de 1988.

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    Les deux héros s’invitent à une cérémonie de mariage

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    C’est à Grand Central que les criminels de guerre nazis vont prendre le train pour Chicago

     

     

     

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    Un flic est le dernier film de Melville. Il mourra quelque temps après sa sortie d’une crise cardiaque, apparemment très affecté par l’échec commercial et critique qu’il a reçu. Mal accueilli à sa sortie, certains critiques ont avancé qu’une révision s’imposait et que finalement les intentions de Melville avaient été mal comprises, que ce qui était important ce n’était pas tant l’histoire que la manipulation des codes du film noir.

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     Le film s’ouvre sur l’attaque d’une banque

     Le scénario se veut volontairement banal, comme si les enjeux étaient ailleurs. Un commissaire Coleman, interprété par Alain Delon qui retrouve Melville pour la troisième fois, traque un gang à la tête duquel se trouve son meilleur ami Simon, incarné par Richard Crenna, qui est également amoureux de la même femme interprétée bien platement par Catherine Deneuve. Ils se croisent dans la boîte de nuit de Simon. Ce gang fait de bric et de broc, attaque des banques, ou des trains, c’est selon. Force restera à la loi. Après bien des péripéties, le commissaire Coleman abattra Simon et gardera Cathy pour lui.

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    Simon est le chef du gang

     

     Le scénario est très mauvais, et certaines scènes, notamment celles où on voit un hélicoptère suivre un train, plutôt ridicules, on peut s’apercevoir, sans être attentif plus que ça qu’il s’agit d’une maquette. Il est probable que Melville faisait un peu trop confiance à sa technique et qu’il pensait pouvoir se passer d’un scénario solide. D'ailleurs les meilleurs films de Melville sont des adaptations de romans, et lorsqu'il se veut auteur complet, c'est nettement moins bon. Mais aussi le rythme est mou, Et puis cette volonté de faire un film presque sans dialogue ressort plus du principe que de la nécessité et finit par tourner à vide.

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    Un des gangsters est blessé 

    Des scènes comme le suicide de Paul Weber sont censées donner un ton contemporain au film : un cadre supérieur au chômage participe à l’attaque d’une banque, mais ne supportera pas l’arrivée de la police. Ça donne un côté décousu au film parce qu’on n’a pas le temps de s’intéresser à son histoire. Les scènes de cabaret, la relation entre Coleman et le travesti, on a l’impression d’avoir vu cela cent fois. Et puis les ambiguïtés du trio Simon, Coleman, Cathy n’intéressent pas.  Les rôles principaux sont assez mal défendus. Si Delon est toujours égal à lui-même, Richard Crenna est trop vieux pour nous laisser croire à son caractère d’aventurier. Quant à Deneuve, qui n’a jamais été une grande actrice, elle est ici complètement transparente. Paul Crauchet est bien aussi comme d’habitude.

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    Coleman et ses hommes savent que l’attaque aura lieu dans le train

          Il n’y a pas grand-chose à sauver de ce naufrage artistique, seulement la scène d’ouverture tournée dans une lumière bleutée et le duel final entre Coleman et Simon au petit matin derrière la place de l’Etoile. Ces deux scènes sont magnifiquement filmées, et peut-être faudrait-il voir ce film au moins pour cela, elles montrent ce qu’aurait pu être Un flic avec un scénario un peu moins paresseux. Dans ces moments on retrouve la patte de Melville dans ses capacités assez personnelles de jouer sur la palette des couleurs : le travail sur les couleurs est remarquable, c’est un film bleu, ni noir et blanc, ni en couleurs ! Mais cela ne suffit pas pour éviter l’ennui. Sur le plan esthétique, c’est peut-être un des moins intéressants des films de Melville.

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    Homme de devoir Coleman tuera Simon

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    Enseignant en Sciences politiques, Philippe Corcuff est un chercheur engagé, très à gauche. Il a beaucoup écrit, sur la gauche, sur Marx. Il s’est fait remarquer pour avoir essayé un peu toutes les organisations de gauche et d’extrême-gauche, aucune ne trouvant finalement grâce à ses yeux. Il s’est aussi rapproché de Jean-Claude Michéa pour ensuite s’en démarquer. Cet engagement va se retrouver dans sa manière de parler du polar et plus précisément du « noir ». Sa démarche se veut à la fois politique, philosophique et sociologique. Additionnant plutôt que retranchant les différences de point de vue. Sa thématique s’inscrit dans les pas de Manchette qui est finalement sa principale référence, même s’il s’en démarque à propos de la question du « béhaviorisme » que Manchette revendiquait comme la marque de fabrique du noir contestataire.

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    Le livre présente deux parties distinctes, de taille à peu près égales. La première est une compilation d’articles publiés ailleurs et qui semble donner une vision analytique à cette forme littéraire particulière. La seconde est également une compilation de petites notes sur les lectures de Corcuff, souvent accompagnées de citations qui visent à démontrer le rapport d’identité qu’il peut y avoir entre le roman noir et une vision critique de notre réalité quotidienne.

    L’ouvrage met en avant l’idée que la fiction quand elle prend la forme du noir a un sens pratique finalement évident : non seulement elle donne des arguments tangibles à la critique sociale en montrant la proximité entre le capitalisme et le crime, mais également en offrant une porte de sortie morale : le noir est aussi une leçon d’éthique.

    L’ensemble fait un peu de bric et de broc, pour cette raison il ne convaincra que les convaincus, s’appuie sur la lecture d’une quinzaine d’auteurs, anciens et contemporains. Parmi les grands anciens, si Dashiell Hammett est salué comme le père fondateur, Corcuff, il s’attarde plus sur David Goodis qui est un peu oublié de nos jours. Parmi les contemporains, il retient Lehane, Sallis et Crumley. A mon humble avis il surestime leur importance.

    L’effort de démonstration dans le première partie est parfois obscur, s’appuyant sur le jargon de Boltanski qui lui-même n’a pas l’air de très bien connaître le roman noir et en est resté à une conception assez étroite du polar, notamment dans l’introduction. De même on pourra lui reprocher de reprendre à son compte les simplifications abusives de Manchette dont le principal mérite aura été de poser la question du roman noir comme forme alternative à une littérature engoncée dans ses certitudes académiques.

    Parfois l’ouvrage est émaillé d’approximations notamment en ce qui concerne les adaptations des ouvrages de Goodis. Courcuff connait Le casse de Verneuil, mais il ne connait pas The bruglar qui est bien plus intéressant et adapté du même titre. On peut répéter la même critique par rapport aux adaptations de Jim Thompson.

    Ainsi le principe de cet ouvrage nous plait assez, mais tout cela manque de profondeur. Une des questions importantes n’est pas soulevée : le roman noir se développe presque toujours dans les périodes de recul de la lutte sociale, à la fois comme l’expression de la défaite – c’est bien le cas du néo-polar qui émergence dans la retombée des luttes sociales après Mai 68 – comme un refuge aussi en attendant des jours meilleurs.

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    Ce film intervient juste après la réussite de Bob le flambeur. Melville en écrit le scénario, et le tourne en grande partie à New York dans des décors naturels. C’est un tout petit budget, un film artisanal, presqu’expérimental qui rappelle de nombreux films tournés à la même époque, par exemple Shadows, la première réalisation de John Cassavetes. Presqu’entièrement nocturne, c’est une déambulation, une errance, dans une ville tentaculaire. Il est probable que c’est cet aspect qui a retenu l’attention de Godard qui lui rend hommage de plusieurs façons dans A bout de souffle.

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    Moreau débute son enquête d’une manière routinière

    Le scénario est des plus simple. Le délégué français auprès de l’ONU a disparu. Un journaliste de l’AFP est chargé d’enquêter sur cette disparition. Il va s’adjoindre un photographe, buveur, jouisseur et cynique, Delmas, avec qui il va faire équipe. En explorant la vie de Fevre-Berthier, ils vont croiser des personnages, des femmes principales, qui leur font découvrir la vie un rien dissolu de ce héros de la Résistance. Ils vont finalement le retrouver mort d’une crise cardiaque, mais pour des raisons de prestige, ils devront étouffer le scandale.

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    Moreau va ré veiller Delmas pour l’embarquer dans sa recherche

     Tous les ingrédients du film noir sont déjà-là. La nuit l’alcool, la quête de la vérité, une voiture qui suit les deux journalistes, le jazz aussi. Il y a de longs plans qui filment les voitures se déplaçant dans la nuit. De même il y a quelques plans de l’ONU qui visent à recopier cette sorte de vérisme qu’on trouve dans certains films noirs américains où on mêlent quelques plans filmés au plus près de la réalité pour les incorporer à la fiction. Mais ce n’est pas un film noir. Le pari de Melville c’est donc de filmer une sorte de dérive dans une ville où les lumières dissimulent la réalité. Le rythme sera lent, un rien monotone – il ne se passe rien avant les deux tiers du film, et de mystère il n’y en a pas vraiment. Ce sera l’occasion de dessiner des portraits, particulièrement des portraits de femmes. Elles fascinent Melville tout autant que les lumières de la ville, et il les films avec beaucoup de tendresse, presque dans la nudité de leurs âmes. C’est peut-être dans l’utilisation du noir et blanc qu’on reconnaît la patte de Melville. Et puis la musique est bonne.

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    Ils vont naviguer avec la voiture de Delmas

    Cependant les intentions ne font pas les films, et l’ensemble est assez raté. Ça manque de grâce. Une grosse partie du ratage tient à l’interprétation de Melville qui s’est attribué le rôle de Moreau en portant une moumoute. S’il fut un bon directeur d’acteurs, ici il est raide comme un passe-lacet. Il n’a pas la bonne diction, et ses gestes, notamment quand il fait sauter les clés dans sa main, sont empruntés. Pierre Grasset est un peu mieux, il a plus de métier, son manque de charisme nous empêche de croire à son cynisme affirmé.

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    Les lumières de ville fascine Melville

     L’autre défaut important du film est qu’il est très bavard et que cela ralentit l’action. Melville corrigera tout cela et ira ensuite plutôt – mis à part Léon Morin prêtre – vers des films presque muets. Je passe vite sur la manière peu crédible qui est celle de Moreau corrigeant Delmas, ou la façon dont Bill Kearnes qu’on retrouvera tout de suite après dans Plein soleil  éjecte un ivrogne de son bar.

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    Delmas et Moreau vont prendre une petite collation dans un estanco qui ressemble à celui de The Killers de Siodmak

     Il va de soi que pour ceux qui considèrent que Melville est un grand réalisateur, il faut voir ce film, même s’il est un peu ennuyeux. Il nous éclaire finalement assez bien sur les intentions et l’amour du cinéma du réalisateur. Cependant, alors que ce film est souvent considéré avec bienveillance, je le trouve finalement moins intéressant que Quand tu liras cette lettre que Melville a pourtant complètement renié.

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    Les références cinématographiques de ce film sont tellement nombreuses qu’on ne peut les compter. Ici un cinéma passe Raw wind in eden, film avec Jeff Chandler. Godard reprendra le procédé dans A bout de souffle en montrant une affiche de Tout près de Satan de Robert Aldrich

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    Le film est saturé de musique de jazz. Ici Moreau et Delmas rende visite à une chanteuse de jazz

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    Delmas veut gagner de l’argent avec les photos du mort

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    La fille de Fevre-Berthier a suivi les deux journalistes toute la nuit

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    On retrouvera Delmas dans un club de jazz en train de se saouler

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    Et Delmas se débarrassera finalement des photos volées

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    C’est une adaptation d’un roman de James Hadley Chase, mais sa transposition dans un décor parisien, sur fond de cabarets de Pigalle, le fait ressembler à un produit courant des années cinquante : le film noir ancré dans le milieu avec prostituée et, gangsters. Raven, personnage récurent de James Hadley Chase, qui est aussi d’ailleurs le nom du héros de Tueur à gages, adapté de Graham Greene, est un voyou qui, sortant de prison, a décidé de se tailler une place au soleil en se vengeant de Mendetta. Il élimine ce dernier, mais Dany Dumont a été témoin de ce meurtre. Pour cela elle est enlevée par une bande rivale de celle de Raven qui espère ainsi pouvoir le balancer aux flics pour s’en débarrasser. La suite est une répétition de scènes de violence, sans trop de liaisons entre elles. Le film hésite entre le portrait psychologique de Raven qui a gardé une âme d’enfant et la description d’un milieu.

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    Raven et sa bande rançonnent le peureux Marcel

     C’est un film noir à la française, il ne devrait guère retenir l’attention, si ce n’est qu’il est assez atypique pour l’époque par la violence qu’il dégage, se rapprochant par-là de la thématique de James Hadley Chase. Du reste de nombreuses scènes ont dû être coupées pour que le film puisse sortir. Il y a un côté assez glauque, sadique, qui évite du reste de dresser le portrait d’un héros positif. Peuplé de canailles et de pauvres filles perdues, Méfiez-vous fillettes est aussi caractérisé par un grand laxisme dans la construction du scénario. Yves Allégret est plus intéressé par les atmosphère et les figures typiques qui traversent son film. Le sujet en vaut sûrement un autre, mais la conduite de l’histoire fait rapidement sombrer le film dans l’ennui.

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    Tonio et Paul développent des plans alambiqués qui les dépassent

     On peut se poser la question de ce qu’il reste à sauver dans ce produit si caractéristique des années cinquante. Pas grand-chose à vrai dire, mais il y a une distribution qui va marquer les esprits et figer en quelque sorte les acteurs dans des rôles qu’ils auront du mal à oublier par la suite. C’est un des premiers grands rôles de Robert Hossein qui interprète Raven, tueur mélancolique à l’âme d’enfant, prompt à tomber amoureux d’une femme qu’il sauve pourtant, mais qui ne lui rend pas ses sentiments. Il déclinera longtemps cette figure romantique du tueur neurasthénique, aussi bien dans ses propres créations que dans les films d’autres réalisateurs. Si Antonella Lualdi joue le jeu de la coproduction franco-italienne, elle n’a qu’un rôle très passif, sans relief, elle se rattrapera plus tard chez Mauro Bolognini ou Mario Monicelli.

    Le reste du casting est fait de figures connues, Pierre Mondy, Gérard Oury encore acteur dans le rôle d’un lâche tortueux, ou encore Jean Gaven et Jean Lefebvre dans ceux des acolytes de Raven. On retrouve aussi Jean-Claude Brialy qui fait une petite apparition. Du côté des femmes, Michèle Corfoue, la propre femme de Yves Allégret joue une prostituée au grand cœur.

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     Raven va tomber amoureux de la belle Dany

    L’ensemble reste assez mou, révélateur du film noir à la française qui a bien existé, mais qui très souvent a donné lieu à des œuvres un rien parresseuses.

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    Spade est le seul à vouloir s’opposer sérieusement à Raven

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